evenant à la charge pour assurer la rémunération des vignerons, la députée Mathilde Feld (Gironde, La France Insoumise) a profité d’un débat parlementaire sur l’assurance récolte agricole ce 7 janvier à l’Assemblée nationale pour interpeler la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sur l’absence d’avancées concrètes : « nous sommes toujours en attente de la loi Egalim 4 ainsi que du décret sur la création d’une Organisation de Producteurs (OP), largement soutenue par la profession » après des missives répétées et transpartisanes. « Comme vous le savez sans doute, la filière viticole est divisée sur ce point » lui répond Annie Genevard, précisant que « la demande est soutenue par les coopératives*, mais les vignerons indépendants y sont très opposés ».
« Nous demandons à la filière de travailler pour arriver à un accord » indique la ministre, ajoutant que « nous attendons et continuons à travailler avec la profession ». Une vision encore récemment partagée dans un interview à Vitisphere : « s’agissant des Organisations de Producteurs, je suis ouverte à la préparation d’un décret pour autant que la profession en approuve collectivement les termes ». Sachant que pour Egalim 4, « les demandes du secteur viticole sont bien entendu intégrées aux réflexions sur l’évolution d’Egalim. Le calendrier des travaux n’est pas encore fixé à l’agenda gouvernemental. »
Impatiences bordelaises
Pourtant, « la garantie d’un prix plancher est essentielle » plaide Mathilde Feld. Annie Genevard lui répondant qu’« il faut veiller à ce que le prix plancher ne devienne pas le prix plafond, et c’est un débat de fond ». Des discussions qui doivent ressembler à des tergiversations pour Bernard Farges, le président du Comité National des Interprofessions des Vins AOP et IGP (CNIV), qui regrettait récemment en tant que président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) : que « cette demande qui, rappelons-le ne coûte rien au budget de l'État » n’aboutisse pas : « nous n'avons toujours pas la signature de ce décret qui est demandé par 95 % de la viticulture ».
Les Vignerons Indépendants de France craignant que les OP puissent devenir à l’avenir les bénéficiaires uniques ou privilégiés des aides européennes. « Ce qui les inquiète, à juste raison, n’est pas un sujet » répondait Bernard Farges, pour qui l’idée que « les OP soient les seules structures qui pourraient bénéficier des aides européennes n’est pas du tout l'objet, n'est absolument pas le besoin et ce serait contre-productif. C'est facilement réglable. À condition qu'on veuille bien y travailler et à condition que la ministre veuille bien nous inviter à ajuster ce dernier point pour aboutir à ce décret. »
* : Et ce depuis de nombreuses années.



