’ils se réunissent le dimanche 8 février 2025 au musée des arts décoratifs (rue de Rivoli, Paris I), les 54 grands crus classés en 1855 du Médoc et de Sauternes s’y réunissant pour la première fois ne viennent pas faire de la figuration à la veille du salon Wine Paris (lundi 9-mercredi 11 février à la porte de Versailles). Réservé aux professionnels de la filière vin (acheteurs, prescripteurs et journalistes, sur invitation de 13 à 18h), cette première édition affirme l’ambition d’être « l’événement d’ouverture de Wine Paris 2026 » avec l’objectif « de devenir un nouveau rendez-vous annuel, fédérateur et influent » pour sensibiliser les professionnels aux crus bordelais et ainsi soutenir la mobilisation des multiples négociants mettant en marché les grands crus sur Wine Paris. Où se tient déjà la grande dégustation de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (UGCB, une centaine de propriétés le lundi 9 et mardi 10 février dans le hall 7.1 du parc des expositions).
Une place à l’innovation
À la différence de cette dernière qui ne propose que des millésimes 2019 et 2022 des seules propriétés membres de l’UGCB, la dégustation de 1855 est ouverte à d’autres vins que ceux de la propriété classée. Qu’il s’agisse d’un classique second vin du Médoc, dun blanc sec venu de Sauternes... « Chaque propriété présentera trois vins : son grand vin dans le millésime 2020, un autre millésime au choix et une cuvée complémentaire » indique le communiqué, pointant que « cette sélection permettra aux visiteurs d’appréhender une lecture élargie des terroirs, des millésimes et des approches œnologiques qui façonnent aujourd’hui les grands crus classés », notamment dans une logique de « continuité du classement historique et [de] nouvelle énergie insufflée par les directions techniques et viticoles des propriétés », que ce soit « en intégrant les enjeux environnementaux, climatiques et œnologiques de son temps, tout en préservant l’identité de chaque cru ».
« Il faut multiplier les contacts. C’était une demande de nos membres de faire des dégustations de livrables supplémentaires, en ouvrant à des millésimes plus prêts à boire et à des seconds/autres vins » résume à Vitisphere Sylvain Boivert, le directeur du conseil des grands crus classés, rapportant un intérêt affirmé des professionnels pour un évènement se tenant avant la frénésie du salon dans un lieu culturel central. Et non dans un salon d’hôtel comme d’autres salons offs. « Être dans un lieu historique convient bien aux grands crus » glisse Sylvain Boivert, qui souligne que cet évènement off ne concurrence pas l'UGCB et a le soutien et l’aval de l’organisateur de Wine Paris, Vinexposium, qui assure l’envoi des invitations internationales pour ce rendez-vous enrichissant l’environnement du salon sans le cannibaliser. Mais en ajoutant des moments de contact pour relancer les ventes de la place de Bordeaux.
Car nécessité faisant loi, même les grands crus classés doivent innover et se mobiliser pour soutenir leurs commercialisations affectées par la déconsommation générale de vin (frappant les vins rouges du Médoc et les liquoreux de Sauternes), les incertitudes économiques mondiales toujours plus pesantes (des taux de change aux tensions géopolitiques) et les dernières campagnes de sorties en primeur qui n’ont pas rencontré le succès escompté (malgré les efforts tarifaires et les profils qualitatifs).




