e choc du suicide du viticulteur médocain Guillaume Petregne à 44 ans ce mercredi 31 décembre ne s’estompe pas et secoue toujours aussi violemment la filière des vins de Bordeaux. « En ces jours d’après, il s’agit de protéger, soutenir sa famille et ses enfants pour qui l’incompréhension doit être extrême » réagit dans un communiqué la FNSEA de Gironde, pour qui « notre compassion ne doit pas masquer la réalité désastreuse de l’Agriculture ! La situation perdure et s’aggrave, aux plans économique, social et moral. Nous la dénonçons toutes et tous. Nous la vivons au quotidien ! » Porte-parole du collectif Viti 33, Didier Cousiney partage cette révolte : avec Guillaume Petregne, « un viticulteur s'est suicidé. Encore un. Et cette mort ne tombe pas du ciel. Elle est la conséquence directe de décisions politiques assumées, d'un abandon organisé et d'une stratégie du pourrissement menée depuis des années contre la viticulture et autres filières. »
Rappelant des alertes répétées depuis des années sur les difficultés économiques et psychologiques du vignoble, alors que de précédents suicides ont déjà bouleversé la filière, Didier Cousiney oppose les demandes portées localement pour des « arrachages massifs, indemnisations dignes, décisions rapides et assumées » aux mesures obtenues nationalement : « du bricolage, du saupoudrage, des millions d'euros annoncés à grand renfort de communication, mais découpés, étalés, conditionnés, incapables de sauver qui que ce soit. Des aides pensées non pas pour sauver une profession, mais pour gagner du temps et éviter la colère. »
Concrètement, « chaque suicide est un échec politique majeur. Chaque mort est une responsabilité collective, mais surtout institutionnelle. La vie d'un paysan ne doit pas être une variable d'ajustement budgétaire » martèle le porte-parole. « Nous n'avons jamais demandé l'aumône. Nous demandons le droit élémentaire de vivre de notre métier, métier qui a rapporté des milliards d'euros à l'État, à l'export, à l'image de la France » poursuit Didier Cousiney que souligne que « les viticulteurs (comme les autres) ne se suicident pas parce qu'ils sont fragiles. Ils se suicident parce qu'ils sont étranglés, humiliés, abandonnés après avoir travaillé toute une vie sur des exploitations transmises de génération en génération. » Au final, « qu'on dise clairement. Soit vous sauvez les paysans. Soit vous assumez publiquement leur disparition. Mais cessez de mentir, cessez de promettre, cessez de faire semblant pendant que des paysans meurent. »
Même impatience pour la FNSEA 33 : « nous espérons, nous exigeons que des décisions d’État rapides viennent mettre un terme à ce marasme et que l’on en finisse avec les seules déclarations d’intentions ». Et que l’on en finisse avec les suicides dans le vignoble.




