i Saint Augustin estimait que « l’abstinence totale est plus facile que la parfaite modération », le philosophe ne comprendrait sans doute pas bien la teneur du défi d’un mois de privation de boissons alcoolisées qu’est devenu le Dry January (depuis 2013 au Royaume-Uni) ou Défi de Janvier (depuis 2020 en France). Sa maxime se retrouve dans l’initiative portée ce mois de janvier 2026 par la filière vin, via son association Vin & Société, qui lance "le French January" pour défendre « une vision ouverte et responsable de l'art de vivre à la française, sans diktat ni jugement » comme le résume son manifeste.
Concrètement, « avec le French January on ne renonce à rien, et surtout pas au bien vivre ensemble, un juste milieu entre le trop et le zéro » indique Vin & Société, laissant de côté les extrêmes excessifs pour mettre en avant le juste équilibre d’une culture responsable du plaisir : « le French January, c'est ce mois où l'on préfère savourer plutôt que s'interdire. C'est le choix de la mesure et de la convivialité, une façon très française d'être bien ensemble. » Repris sur les réseaux sociaux, le lancement de cette campagne répond à la logique anglosaxonne abus/abstinence par « un modèle français fondé sur la liberté de choix, la responsabilité et le respect des repères de consommation ».
Ne cessant de crisper une part importante de la filière vin, le mois de janvier sans alcool prend de plus en plus dans la population française. « En ce premier janvier 2026, des millions de Français s’apprêtent à relever le Défi de janvier, devenu en quelques années un rendez-vous incontournable de santé publique » indiquent les 9 associations* portant l’évènement défini comme « une pause avec l’alcool en janvier est devenue une référence collective, fondée sur une approche positive, volontaire et non stigmatisante ». S’appuyant sur un sondage auprès de 1 201 personnes du 10 au 12décembre 2025 par Toluna Harris Interactive, les associations soulignent que 55 % des Français ont déjà entendu parler du Défi de Janvier. Plus précisément, sur les « 82 % de Français qui consomment de l’alcool, 50 % déclare envisager de participer au Défi de janvier en 2026 ». Une proportion qui passe à 72 % chez les moins de 35 ans, alors qu’elle chute à 39 % chez les plus de 50 ans. « Un écart générationnel qui illustre une évolution sociétale du rapport à l’alcool, notamment chez les nouvelles générations, plus enclines à questionner leurs habitudes de consommation » soulignent les associations du Défi de Janvier.
Face à ce besoin de remise en perspective de la place des alcools dans la société, la filière vin propose un chemin d’éducation à la modération. « En janvier… et bien au-delà » glisse Vin & Société.
* : Soit Addict’AIDE, Association Addictions France, Camerup, Fédération Française d’Addictologie, France Assos Santé, France Patients Experts Addictions, Ligue contre le cancer, RESPADD et Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie.




