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Tester en AOC les cépages de demain ? C'est possible, mais difficile : "ce n'est pas vraiment une réussite"
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Cahier des charges
Tester en AOC les cépages de demain ? C'est possible, mais difficile : "ce n'est pas vraiment une réussite"

Si l'INAO met en avant les possibilités d'intégration des expérimentations dans les cahiers des charges d'appellations viticoles, la mise en œuvre sur le terrain présente néanmoins des contraintes, tant dans l'engagement des vignerons que dans le soutien financier pour les déployer.
Par Olivier Bazalge Le 06 janvier 2026
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Tester en AOC les cépages de demain ? C'est possible, mais difficile :
La directrice de l'Inao en Occitanie Catherine Richer aux côtés de son homologue du syndicat d'appellation Languedoc Stéphanie Delorme - crédit photo : O.Bazalge
A

l’occasion d’une journée technique dédiée à l’hydrologie régénérative dans les Corbières, la directrice régionale de l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) en Occitanie, Catherine Richer, a tenu à rappeler les dispositifs pour faire évoluer les cahier des charges d‘appellations, en particulier sous la pression de l’évolution du climat. « Il y a énormément de demandes de modifications de cahier des charges à l’échelle nationale », pose-t-elle pour souligner que les syndicats d’appellation sont très actifs sur ce sujet.

En parallèle, elle rappelle « le dispositif d’adaptation temporaire du cahier des charges, une procédure hyper accélérée, ne demandant que quelques semaines pour être obtenues, et malheureusement utilisée autant que nécessaire à chaque fois qu'il y a un sinistre climatique, un aléa qui font que les règles de production du cahier des charges ne vont pas pouvoir être collectivement remplies », ajoute-t-elle. Le sinistre incendie de l'été 2025 est un triste exemple de ce dispositif « qui a entraîné cette adaptation temporaire pour les appellations Corbières, Languedoc ou Fitou ».

10 cépages peuvent être testés simultanément par couleur et par AOC

Mais c’est la voie des dispositifs d’évaluation de l’innovation (DEI), instaurée par l’Inao depuis 2019, que tient à rappeler Catherine Richer aux nombreux vignerons présents dans l’auditoire. « Cette voie concerne des innovations qui ont déjà fait l’objet d’expérimentations, à conclusions positives, mais avec encore des points d’interrogation, nécessitant des résultats à l’échelle du terrain », rappelle-t-elle, soulignant surtout l’intérêt de ce dispositif de maintenir le statut d’appellation pour les innovations testées, en particulier les cépages. « 10 cépages peuvent être testés simultanément par couleur et par AOC, avec une limitation des quantités à 10 % d’assemblage et 5 % des surfaces », pose Catherine Richer.

A ses côtés, la directrice du syndicat d’appellation Languedoc Stéphanie Delorme pointe néanmoins les limites de ces DEI, pas assez accompagnés financièrement pour que les vignerons se l’accaparent pleinement. Dès 2019, l’AOP Languedoc a ainsi lancé des essais de cépages dans le cadre Vifa (Variétés d’Intérêt à Fin d’Adaptation), « sur des cépages patrimoniaux, marselan, carignan blanc ou gris, terret, ou étrangers, agiorgitiko, assyrtiko, montepulciano », déroule Stéphanie Delorme. « Il y a une première grande difficulté pour démarcher et convaincre les vignerons, même s’il y a toujours des leaders-précurseurs déjà convaincus. Mais ces DEI ne sont pas intégrés au plan de restructuration collectif, donc c’est sur leurs propres deniers que les vignerons s’engagent là-dessus », pointe-t-elle.

Pas assez d'engouement

Résultat, « seulement 23 conventions signées pour 12 ha sur l'ensemble de l’appellation depuis 2019, ce n'est pas vraiment une réussite. Pourtant, sur ce peu de parcelles pilotes, nous avons déjà des observations probantes après cinq ans, qui ont permis aux vignerons de surgreffer quand les caractéristiques végétatives ne correspondaient pas aux contraintes de la zone géographique choisie ». La directrice de l’AOP Languedoc énonce la même difficulté à trouver des vignerons « sur des projets d’innovation pour l’appellation touchant à la densité, la taille, ou la diversité des cépages avec de nouveaux Vifa, car nous avons un taux de réponse entre 5 et 8 % ». Or ces expérimentations innovantes sont un enjeu de premier plan pour les collectifs vignerons de chaque appellation, Stéphanie Delorme en appelle donc autant à la mobilisation de ceux-ci qu’à un accompagnement financier des DEI pour encourager leur utilisation.

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Albert Le 07 janvier 2026 à 09:06:28
Au rythme actuel des demandes d'adaptation et/ou d'évolution des CDC AOC (édulcoration, cépages, etc .. ), je veux bien qu'on m'explique ce qu'il en restera bientôt de l'observance des principes fondateurs du concept originel de l'AOC ! ... Qu'en restera-il voire qu'en reste-t-il du savoir-faire collectif ? .. Quant au terroir, tout à chacun peut observer qu'au moins deux des paramètres definissant le "terroir" manquent désormais cruellement de stabilité (climat et T°, ressource en eau et pluviométrie). Ah oui ! .. reste le levier de la (re)délimitation parcellaire, dont on a pu encore récemment relever qu'il est encore et toujours manoeuvrable (cf très récent article à propos de possibles révisions de l'aire de certaines AOC bourguignonnes). Perso, je reste convaincu que le caractère d'un vin tient au talent de son.sa créateur.rice. Quant au prix du foncier viti : le peuple viticole concerné peut dire merci à l'INAO. Quant à la défense (juridique) des appellations, qui sont peu ou prou des marques collectives, j'avoue avoir beaucoup de mal à accepter que des intérêts privés soient parfois défendus sur fonds publiques. Bref, bon vent au souffle VDF en ce début 2026 !
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