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En arrachant plus que d'autres, "il ne faudrait pas que le vignoble d’Occitanie soit le cocu de l’histoire"
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Mise en garde
En arrachant plus que d'autres, "il ne faudrait pas que le vignoble d’Occitanie soit le cocu de l’histoire"

Mettant les pieds dans le plat, le vice-président à la viticulture de la région Occitanie craint que son bassin viticole "soit le bon élève de l'arrachage, que les autres nous regardent arracher pour en tirer les bénéfices quand ça repartira".
Par Olivier Bazalge Le 10 décembre 2025
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En arrachant plus que d'autres,
« Si on arrache encore 15 000 ha cette année, il faudrait le faire avec une certaine vision et ne pas arracher les vignes productives qui sont équipées d’irrigation » estime Jean-Louis Cazaubon. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives Sitevi 2023)
V

ice-président de la région pour la viticulture, Jean-Louis Cazaubon a des craintes sur le prochain plan d’arrachage annoncé par la ministre de l’agriculture Annie Genevard, lors de sa venue au Sitevi à Montpellier ce mardi 25 novembre. « On va arracher, c’est très bien, mais en parallèle on constate qu’à l'échelle planétaire, la production a baissé partout en Espagne, en Italie… Certes la consommation a baissé, elle aussi, mais moins que la production. Or ce que disent certains experts, c'est que dans les deux ans ça risque de repartir et on risque de manquer de vin. Alors il ne faudrait pas qu'on soit les cocus de l'histoire, que l’Occitanie soit le bon élève de l'arrachage, que les autres nous regardent arracher pour en tirer les bénéfices quand ça repartira » indique-t-il à la presse ce vendredi 5 décembre, en parallèle de l’annonce du classement de l’Occitanie en territoire expérimental face à l’évolution des concditions climatiques.

Soulignant que le vignoble de la région « a déjà donné l’année dernière » en terme d’arrachage, le vice-président de la région Occitanie souligne que « si on arrache encore 15 000 ha cette année, il faudrait le faire avec une certaine vision et ne pas arracher les vignes productives qui sont équipées d’irrigation* ». Des lignes directrices justement fixées par la ministre lors de ses annonces à Montpellier. Alors que le paquet vin réintégrant les primes à l'arrachage dans la réglementation communautaire est en cours de validation, dans la filière vin « il faut préparer les critères de priorité souhaitées par la ministre de l’Agriculture. L’objectif restant d’aboutir avant le salon de l’Agriculture sur des dossiers formels pour la mise en œuvre de l’arrachage le plus vite possible » expliquait récemment à Vitisphere Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, qui refuse tout critère de sélection (âge des vignes, irrigation, cépages rouges ou blancs...) pour les vignerons souhaitant quitter définitivement la viticulture (en arrachant l'inégralité de leurs vignes).

La viticulture a un avenir, mais il faut le préparer

Dans tous les cas, « la viticulture a un avenir, mais il faut le préparer » souligne Jean-Louis Cazaubon. Qui appuie sur l’évolution de la consommation et la nécessité d’accompagner « les initiatives qui sont prises dans le vin à bas alcool, ou l’exemple de la tireuse à vin, comme on connaît pour la bière, pour des bulles, des vins peu alcoolisés qui correspondent à des moments de convivialité ». il rappelle donc que « 45 % des agriculteurs ou des viticulteurs vont quitter le métier dans les 10 ans, comment on les remplace ? ». La région Occitanie a donc mis en place une société foncière de portage « qui détient actuellement 600 ha, alors on ne va porter tout le foncier d’Occitanie, mais ça vient en supplétif pour accueillir des jeunes qui arrivent de l'extérieur filles aux garçons, qui veulent s’installer mais n’ont pas les moyens d’acheter ».

 

* : Ajoutant que la région est au premier plan de la recherche et de l’investissement en faveur de l’avenir de la viticulture, Jean-Louis Cazaubon liste « les moyens mis par la région dans les stations expérimentales, l’IFV, l’Inrae Pech Rouge, le travail sur les variétés adaptées à la sécheresse… ».

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Tous les commentaires (5)
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Dominique Le 11 décembre 2025 à 10:03:00
"ce que disent certains experts, c'est que dans les deux ans ça risque de repartir et on risque de manquer de vin" : voilà le nouveau mode d'expression du déni de réalité. On a une tendance sociétale de long terme à la baisse de consommation de vin, on a un effondrement du pouvoir d'achat, on a une montée des conflits internationaux, une insécurité physique des transports internationaux (Mer Rouge par exemple ) et enfin une récession mondiale qui va s'approfondir avec l'éclatement de la bulle de la Tech. Rien que ça ! Et ce monsieur a entendu au café du commerce du coin que ça pourrait repartir dans deux ans, le tout expliqué par des experts qui ne s'engagent pas sur les résultats ! J'espère qu'aucun collègue ne base l'avenir de sa production sur des prévisions aussi pifométriques. Avec tout ce que la viticulture compte d'organismes coûteux, je pense qu'on a les moyens de réfléchir sur d'autres bases, plus objectives.
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Olivier Metzinger Le 10 décembre 2025 à 23:18:26
A la lecture des prévisionnistes de salon, je comprends pourquoi nous en sommes la. A priori ils ne comprennent pas grand chose à la comptabilité analytique. Régulièrement sur les exploitations une partie de la production était vendue à perte, mais vendue. Or quand les critères économiques se tendent, les compensations ne tiennent plus et l'ensemble coule. Alors oui, arracher ce qui perd de l'argent depuis 10 ou 20 ans est une mesure de bonne gestion. Faire le dos rond quand tu es à sec de Tréso et sans débouché pour tes produits c'est facile à dire moins facile à faire, surtout quand personnellement tu n'y mets pas un kopeck.
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Geoffrey BASTIDE Le 10 décembre 2025 à 21:12:07
Ce raisonnement n'est pas correct. Seules les exploitations qui seront saines tiendront et repartiront (en supposant que ça reparte vite). Conserver des vignes qui ne font pas de marge, ce n'est pas sain, et raisonner en faisant des plans sur la comete fonction du comportement supposé des voisins ça l'est encore moins. L'arrachage n'est qu'une petite correction qui va permettre de rééquilibrer certains marchés et globalement mieux vendre, penser faire la culbute parce qu'on laisse les autres arracher c'est idiot, surtout si ça repars dans 5 ans ou si ça ne repart pas du tout. Même s'il est vrai que les arrachages devraient se réfléchir par bassin, mais la c'est vraiment trop compliqué de demander ça à l'armée mexicaine de syndicalistes qui sont accrochés chacuns a leur chapelle.
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Arnaud Immélé Le 10 décembre 2025 à 18:19:12
le réflexion de Jean-Louis Cabauzon doit s'appliquer à l'échelle européenne et mondiale : la France arrache le plus de vignes, et quand le marché repartira, c'est les autres vignobles qui en profiteront...
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bill et boule Le 10 décembre 2025 à 14:06:39
quand on se pose ce type de question ,à la ville comme à la scène, c est qu il est probablement déjà trop tard .Lisons le rapport sénatorial de fin octobre 2025 écrit de plus par des vitis voisins : les arrachages fussent ils subventionnés ne sont pas, faut il le répéter, la panacée. La crise est pluri factorielle et les solutions forcément multiples et complémentaires.
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