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Bordeaux
La diversification agricole comme sortie de crise viticole

De la Chambre d’Agriculture au Conseil Départemental, les institutions entourant le vignoble de Bordeaux appellent les opérateurs en difficulté économique à se diversifier dans les kiwis, les oliviers…
Par Alexandre Abellan Le 16 janvier 2023
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La diversification agricole comme sortie de crise viticole
Si la viticulture a pu tourner à la monoculture, elle tend désormais à se diversifier. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2022)
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résentant ses vœux pour 2023, le président de la Chambre d'Agriculture de la Gironde ne pouvait que souhaiter au vignoble de Bordeaux une sortie de crise, en esquissant des pistes de solution. « Nous croyons beaucoup à la diversification de l’agriculture girondine. Un véritable plan de diversification est proposé par la Chambre » rapporte Jean-Louis Dubourg ce 13 janvier, citant un accompagnement disponible pour aider les viticulteurs à s’essayer à « l’arboriculture (kiwis, oliviers…), l’élevage, les grandes cultures, les champs… »

Validant le besoin de diversification, Stéphane Le Bot Stéphane, vice-président pour l’agriculture du conseil départemental de Gironde, pointe qu’« il y a un modèle agricole qui aujourd’hui commence a être du passé. Il faut se lancer sur autre chose. Nos anciens disaient qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est aujourd’hui pleinement d’actualité, on le voit aujourd’hui avec la crise viticole. » Et d’ajoute que l’agrivoltaïsme peut devenir une source de revenus complémentaires, sachant que « les projets agricoles doivent être la priorité, le photovoltaïsme doit être un plus » (ce que la future loi énergétique intègre actuellement). « La production énergétique répond aussi aux besoins de diversification » confirme Jean-Louis Dubourg.

Vraies mesures de solidarité

La piste de la diversification ne pouvant répondre à toutes les situations bordelaises (notamment les vignerons souhaitant partir à la retraite), « nous serons mobilisés sur la situation viticole, complexe et multifactorielle, dans le cadre de la cellule de crise qui a été mise en place par la préfète avec l’ensemble des pouvoirs publics et des organisations agricole » indique Jean-Louis Dubourg, ajoutant que « la Chambre a été chargée d’identifier, de qualifier et de quantifier les viticulteurs en difficulté financière. » La phase de collecte des informations étant finalisée, un bilan doit être réalisé pour établie les portraits-robots des entreprises en difficultés du vignoble. « Nous espérons que sur la base de ce travail l’État mobilisera rapidement de vraies mesures de solidarité nationale pour accompagner les viticulteurs les plus fragilisés » avance Jean-Louis Dubourg.

« Les outils ne sont pas là, on va essayer d’en créer ou de se donner les moyens pour que les outils se mettent en place » réagit Pascal Lavergne, député de Gironde (Renaissance), notant ainsi que pour la diversification agricole soutenue par les Fonds Européens Agricoles pour le Développement Rural (FEADER) il faudrait désormais un arbitrage ministériel. Les représentants de la filière vin doivent justement rencontrer ce 26 janvier le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau.

 

 

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Tous les commentaires (9)
DARIUS Le 20 janvier 2023 à 14:30:41
Agriculture et industrie même combat: nos gouvernants successifs ne se sont pas préoccupés des coûts de production choisissant de faire de l'industrie sans usines et de l'agriculture sans agriculteurs. Du coup nous produisons trop cher alors que nous sommes dans un marché ouvert soumis à toutes les concurrences, chaque année nous perdons des usines et des agriculteurs. Coincés dans l'euro sans possibilité comme autrefois de dévaluer pour retrouver de la compétitivité nous sommes "cuits".
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Benji Le 20 janvier 2023 à 14:27:06
Rassurez vous mon cher Dominique aucunement besoin d?invectives qui sont l?apanage de la conf et de vos associations ! En quoi un désherbage chimique raisonné et moins écologique qu?un désherbage mécaniques tout comme les traitements avec des pesticides bio (bien plus nombreux)comparé au conventionnels ! Le modèle que vous encensé est energivore en GNR(cmr),en pièces , en main d??uvre ,loin d?être convaincant en qualité et quantité mais surtout catastrophique en bilan carbone! Malheureusement aucun journaliste sérieux ne s?intéresse au producteurs non bios(normal y soutiennent tous la cause bobo écolos déphasées des réalités)! Quand à comparer avec des productions étrangères indignes de nos normes sanitaire et rse française vous me faites bien rire! Vous êtes l?exemple même du militant qui détruit nos savoirs faire français sans vous interroger des importations vous confirmez ainsi l?agribashing français dont vous êtes coupable
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Dominique Le 20 janvier 2023 à 10:32:11
Mon cher Benji, je suis heureux qu?on puisse enfin échanger des arguments et non des invectives. Donc, si je résume, les vilains comme moi serait les responsables de la déconfiture du monde du vin et de celui de Bordeaux en particulier. Nous détruirions « les productions et les savoir faire français ». Ok mais lesquels ? Le désherbage chimique, l?utilisation de produits CMR, la thermovinification, l?utilisation de copeaux ? Ces savoir faire ne sont pas très spécialement français. Ils sont parfaitement reproductibles ( et reproduits ) partout dans le monde et à plus bas coûts. Ce type de viticulture et de vin ne peut donc pas se revendiquer d?une quelconque « tradition » française. C?est juste un mode de production mis en place par l?industrie de l?agrochimie. Et le constat est que ça ne contribue pas à rehausser l?image du vin dans les jeunes générations. Au lieu de renouveler les publics et le mode de consommation, cela accélère le détournement des jeunes vers d?autres horizons. Donc, soit on évolue en prenant ces choses en compte, soit on disparaîtra avec les générations nées au milieu du siècle dernier. La viticulture est en train de se réinventer, elle n?a pas à reprendre les modes de production de nos parents, qui étaient agronomiquement mauvais. De toute façon, l?énorme récession économique en cours ( qu?on ne peut appeler une décroissance choisie ) ne nous laissera pas le choix.
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Benji Le 19 janvier 2023 à 21:38:32
Désolé cher Dominique mais ce qui a conduit bordeaux à la crise actuelle est bien du au lobby et agribashing de la conf envers les vins de Bordeaux ne vous en déplaise! Donc la solution est de revenir un siècle en arrière afin de travailler avec des chevaux,traire les vaches et laver son linge au lavoir ! Vous oublier que votre syndicat associer aux altermondialistes et anarchistes ne veut plus de l?exploitation animale ,plus d?alcool (mais milite pour le canabis)qu?à un moment il faut vivre de son métier avec des productions comestibles ce qui n?est pas le cas pour le modèle agricole défendu par la conf! La deconsommation est bien réelle et également le letmotiv de la conf (syndicat pro-décroissance) on en verra les conséquences ,l?impact sur l?économie,l?emploi et les entreprises d?ici peu de temps!
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Dominique Le 19 janvier 2023 à 13:44:47
Dans un monde bouleversé, où tout évolue à toute vitesse, voilà au moins, avec Benji, un point de stabilité rassurant. Le même discours invariable dès que la viticulture majoritaire, telle qu?elle se pratique depuis 40 ans, est remise en cause. En investissant dans un générateur de discours de faible puissance, il serait possible de faire aussi bien en perdant moins de temps. Cher Benji, ce que vous proposez consiste à ne rien bouger d?un poil. C?est exactement ce qui a conduit Bordeaux dans le désastre actuel, en s?imaginant que Bordeaux ferait toujours rêver. Restez y si ça vous convient, mais cessez de traiter mal ceux qui veulent en sortir.
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Benji Le 18 janvier 2023 à 23:28:55
Les arguments de la confédération paysanne sont fantastiques après avoir dénigrer l?agriculture française qui n?est pas bio,prônée les znt,attaquée le HVE,détruit des réserves d?eau ,volé des raisins ,etc? avec le soutien des ong et associations altermondialistes ! Comment ce pseudo syndicat agricole peut-il encore siéger dans des instances agricoles en faisant croire que seul le modèle paysan d?il y a 100 ans doit exister! Lamentable mais toujours aucun journaliste n?enquête sur les dérives sectaire de ce syndicat destructeur de nos productions et nos savoir faire français!
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VignerondeRions Le 17 janvier 2023 à 21:14:12
Quand on lit cet article on se demande si les gens de la chambre et autres intervenants lisent le journal, ou sortent de leurs bureaux... Il y a des hectares de kiwi en friche entre Agen et Marmande, si on les plantes entre la Réole et Bordeaux ça va sûrement aller beaucoup mieux... Le reste est à vau-l'eau, l'élevage c'est des métiers à part entière (poulet, canard...) les Landais vont vous expliquer comment ça marche super bien, boeuf, lait, cochons ça va aussi super bien. Faites un tour dans le Tarn et Garonne pour le raisin de table, et les arbres fruitiers, bref un ramassis de conneries, ce qui me dérange c'est que c'est financé par les impôts fonciers (dont les miens). Toute l'agriculture est dans la merde et s'il reste quelques filières qui fonctionnent, c'est sûrement une super idée d'y diriger ceux qui vont mal histoire de les saturer rapidement, et de les effondrer. De la gouvernance de stratèges de bac à sable et encore. Nous n'avons pas besoin d'une occupation nous sommes déjà à 60 h ou + par semaine, nous avons besoin de revenu. Sans un raz de marrée sur le prix des produits agricoles, on va dans le mur. Il y avait 3 sacerdoces dans nos campagnes, le curé, le médecin et le paysans... Il reste qui??? Avant qu'il ne soit trop tard, réfléchissez un peu.
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Corto Le 17 janvier 2023 à 11:54:42
L?aveuglement est peut être la conséquence d?un corps constitué qui a force de se regarder le nombril est devenu myope?..
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Confédération paysanne de Gironde Le 17 janvier 2023 à 09:49:04
Bonne année à tous ceux qui découvrent la nécessité de la diversification agricole. Juste pour rappeler que c'était le thème de campagne de la Conf pour les élections Chambre de janvier 2019, prenant acte de la chute de la commercialisation des vins, et ceux de Bordeaux en particulier. Nous n'avons alors essuyé que du mépris condescendant. L'effondrement de la commercialisation des Bordeaux avait pourtant commencé dès mars 2018. On avait largement le temps de mettre en place des "outils" pour faire évoluer l'agriculture girondine. Peut-on penser que ceux qui ont fait preuve d'aveuglement sont les plus à même de mettre en place des solutions ?
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