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"Il faut embrasser la complexité pour concevoir un vignoble réellement durable"
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Changement climatique
"Il faut embrasser la complexité pour concevoir un vignoble réellement durable"

Mettre au point une viticulture adaptée au changement climatique et peu impactante sur l’environnement demande d’avoir une vision de tout l’écosystème viticole estime-t-on au centre de recherche des champagnes LVMH.
Par Alexandre Abellan Le 15 septembre 2022
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Avec son équipement, le centre de recherche « peut tout faire ici » résume Marc Brévot. - crédit photo : MHCS (bioréacteur)
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e défi de l’adaptation du vignoble aux défis du changement climatique est de taille. Comme en témoignent les fortes chaleurs et sécheresses enregistrées ce millésime 2022. Mais « ça va se faire. Je suis optimiste, on a la capacité de recherche et le monde agricole est de plus en plus impliqué » estime Marc Brévot, le directeur du centre de recherche Robert-Jean de Vogüé à Oiry (Marne), le pôle de R&D des champagnes de Moët Hennessy (groupe LVMH). Installé depuis un an dans ses nouveaux locaux, le pôle de recherche mène actuellement une trentaine de projets de recherche (voir encadré). « Nous n’avons pas vocation à faire de la recherche à la place de la recherche, mais à combler les trous et à la soutenir » indique Marc Brévot, pour qui « ce centre a vocation à être un hub de partage de connaissances ».

Car le directeur du centre de recherche en est persuadé : « construire un vignoble réellement durable doit se faire par une approche systémique : il faut embrasser la complexité » du vignoble (sol, plante, climat, microorganismes…) et de son environnement (de la parcelle aux paysages…). Cette approche nécessite des moyens conséquents, techniques et informatiques, « mais ce qui manque c’est de tout mettre ensemble pour comprendre tout un écosystème » pointe Marc Brévot. Pour qui seule la conception fine et le suivi précis des variables constitutives d’un écosystème viticole pourrait permettre de mettre au point des solutions, certes localisées sur un terroir donné, mais améliorant la culture de la vigne (de l’impact sur l’environnement à la qualité des raisins).

Rupture vertueuse

« Il y a une forme de rupture vertueuse à gérer, mais avec précaution » ajoute Marc Brévot, pour qui il est important de ne pas confondre vitesse et précipitation. « Toute la difficulté du changement climatique est de toucher un produit qui s’inscrit dans le temps long (vigne pérenne, vins de garde…). Le temps de la recherche doit s’adapter : c’est une course contre la montre pour trouver des solutions » détaille le directeur du centre de recherche, qui distingue les enjeux d’amélioration continue du système en place (vie des sols, couverts végétaux…) et la conception d’un nouveau système intégré (prenant en compte ensemble écosystème pour être réellement durable). Ce dernier modèle étant « sans pesticides, sans intrants… Nous n’y sommes pas encore arrivés » conclut Marc Brévot, restant confiant.

 

Quelques projets

Durant 5 à 10 ans, les recherches de MHCS balaient un large panels de sujets. Marc Brévot croit beaucoup dans la microbiologie : il souhaite notamment mieux connaître le microbiote des vignes et du sol, développer des matériaux transformés par ces microorganismes…

Parmi les thèses en cours, l’une d’elles se penche sur les arômes de champignon frais sur le volet biochimique (une autre thèse se penche sur la question microbiologique) un défaut apparaissant sur les vins de base champenois depuis 2007.

Parmi les dossiers en cours, la captation et la valorisation du CO2 fermentaire n’aboutit pas pour l’instant (malgré des essais concluants sur la culture de microalgues), l’enjeu étant de trouver une voie de valorisation faisant sens pour l’environnement et les finances. « On n’a pas trouvé la recette magique » résume Mac Brévot.

 Parmi les chantiers en cours, une chambre climatique va être construite pour faire pousser des vignes (et céréales, pour le whisky) dans des conditions climatiques fixées : ce qui permettra de reproduire des climats futurs ou connus actuellement par d’autres maisons (le centre travaillant pour l’ensemble du groupe).

 

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