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Des sénateurs veulent élargir les aides "coupures de combustible" aux vignes jouant les pares-feux
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"Ligne Maginot"
Des sénateurs veulent élargir les aides "coupures de combustible" aux vignes jouant les pares-feux

Pour prévenir les incendies, un rapport parlementaire propose de renforcer le cloisonnement des massifs forestiers par le soutien aux vignobles.
Par Alexandre Abellan Le 04 août 2022
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Des sénateurs veulent élargir les aides
Les incendies entourant le vignoble deviennent de plus en plus fréquents. Ici un paysage de désolation en juillet 2021, dans les vignes de Moux et Fontcouverte. - crédit photo : Château la Baronne
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uverte précocement et étendue géographiquement, la saison 2022 des incendies forestiers en France permet de lancer de nouvelles propositions d’action. Dans le rapport sénatorial « Prévention et lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie » remis ce 3 août, les parlementaires notent dans leur synthèse que « les activités pastorales et agricoles, créant des discontinuités de végétation, jouent le rôle de pare- feu protégeant la forêt. Cette "ligne Maginot" de la gestion doit pouvoir bénéficier des fonds européens et être exemptée d’indemnité de défrichement. »

Parmi leurs 70 recommandations, les sénateurs proposent de « favoriser la mobilisation des activités agricoles comme coupures pare feu naturelles en finançant les agriculteurs pour les services environnementaux ainsi rendus ». Ce qui passe « par une pérennisation des contrats d’entretien de "coupures de combustible"*, finançant des exploitations pastorales depuis plus de trente ans en région Sud et Occitanie [et] en étendant ces contrats à d’autres productions agricoles (par exemple la viticulture), pour autant que ces productions soient peu conductrices de l’incendie. »

Pare-feu réduit

« Les pompiers remontent qu’avec les nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement (avec l'arrêt des désherbages pour passer au travail du sol), les herbes laissées dans les vignes sèchent et réduisent le rôle de pare-feu. Ça peut être un élément facilitateur de combustion » indique à Vitisphere la sénatrice Anne-Catherine Loisier (Côte d’Or, Union Centriste), qui a participé à la rédaction du rapport. Ce dernier indique que « les rapporteurs ont pu constater de leurs propres yeux, à Gonfaron, des parcelles viticoles mal désherbées n’ayant pu jouer leur rôle de pare feu et ayant de ce fait malheureusement brûlé ». « Notre idée est de faire des coupures de combustibles à chaque fois que c’est possible : par le pastoralisme, la viticulture, l’arboriculture… Mais avec une conduite des parcelles prévenant les incendies. Laisser de l’herbe conduit le feu » pointe le sénateur Jean Bacci (Var, Les Républicains), soulignant que « si un viticulteur doit défricher pour avoir un pare-feu, il doit être exonéré au moins partiellement ».

Anne-Catherine Loisier souligne que ces propositions sont des pistes de nouvelles réglementations et de concertations locales pour « privilégier des actions gagnants-gagnants et réduire la vulnérabilité des forêts aux incendies ». Dans leur rapport, les sénateurs en effet préviennent qu’il y a urgence à agir, car « la France doit se préparer à une évolution défavorable du risque, structurellement causée par le réchauffement climatique et l’augmentation de la biomasse forestière » avec notamment une « extension temporelle : la période à risque fort sera trois fois plus longue, les feux hivernaux devraient se multiplier ».

 

* : Comme l’indique la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de l'Hérault,

 

« une coupure de combustible est un ouvrage visant le cloisonnement des massifs forestiers. Dotée d'équipements et d'infrastructures adéquates et normalisés (voirie, points d'eau, ...), elle pourra servir à la lutte contre les incendies de forêts. Son objectif est de réduire la probabilité d’extension des incendies en rompant l’uniformité des formations végétales propices au développement des grands feux ; constituer à la fois un obstacle pour le feu et un terrain de lutte sécurisé ; provoquer, à défaut d’arrêter, un fractionnement du front de feu, une baisse sensible de la puissance de l’incendie et un ralentissement de sa vitesse de propagation dans l’optique de la mise en place rapide des moyens de lutte. »

 

 

 

 

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