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L’amélioration génétique de la vigne se concrétise… Hors d’Europe
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Edition génomique
L’amélioration génétique de la vigne se concrétise… Hors d’Europe

Des chercheurs chiliens viennent d’obtenir une vigne résistante à l’oïdium par la nouvelle technologie de génie génétique CRISPR-CAS dont le développement est entravé en Europe. Le chercheur Marcel Kuntz s’alarme du retard que prend le vignoble européen dans ce domaine face au reste du monde.
Par Bertrand Collard Le 27 juillet 2022
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L’amélioration génétique de la vigne se concrétise… Hors d’Europe
Marcel Kuntz, généticien, directeur de recherches au CNRS, lors du congrès des VinIGP le 7 juillet 2022 - crédit photo : B. Collard
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e n’est pas parce que l’Europe a tourné le dos aux organismes génétiquement modifiés que le reste du monde l’a suivie. Loin s’en faut. Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS, l’a souligné lors du congrès des VinsIGP où il était invité à s’exprimer sur les nouvelles techniques de sélection des plantes, les NBT ou new breeding technologies.

La Chine et les Etats-Unis foncent

« Nous assistons à un suicide européen sur les NBT », a-t-il soutenu. Pour appuyer ses dires, il a présenté l’étude qu’il a réalisée avec deux autres chercheurs sur les brevets déposés jusqu’en décembre 2017 à travers le monde sur l’une de ces nouvelles technologies, la CRISPR-CAS également dénommée édition génomique. Les chiffres sont édifiants : un peu moins de 900 brevets aux Etats-Unis et en Chine et moins de 200 en Europe. Concernant les applications agricoles, la Chine mène le bal : 259 brevets déposés contre 61 aux Etats-Unis et 18 en Europe.

Au contraire de la transgénèse, vieille d’une trentaine d’années maintenant avec les OGM, la technologie CRISPR-CAS n’introduit pas de nouveau gène dans un organisme, mais elle en élimine. Aussi surprenant que cela paraisse c’est une autre manière d’améliorer les plantes. Récemment, une équipe chilienne a fait perdre leur sensibilité à l’oïdium à des plants de sultanine (Thompson seedless) par cette méthode.

Plus d’oïdium, en supprimant un gène

« Il existe des gènes de susceptibilité chez les plantes qui font que les pathogènes peuvent pénétrer dans leurs cellules, explique Marcel Kuntz. Cette équipe a supprimé l’un de ces gènes par édition génomique. Depuis, l’oïdium ne peut plus l’infecter. »

Y a-t-il là de quoi remplacer cette transgénèse classique que le grand public rejette ? Marcel Kuntz ne le pense pas. Pour lui, les deux méthodes sont complémentaires. « Il faut accumuler plusieurs mécanismes de défense au sein d’une plante. Pour être sûr d’avoir une résistance durable que les champignons ne puissent pas contourner, il faut deux ou trois niveaux de résistances », assure-t-il. D’où la complémentarité du transfert de gène et de l’édition génomique.

Une sultanine résistante à la sécheresse

D’ailleurs, les recherches se poursuivent avec la première de ces méthodes. Fin 2020, une équipe chinoise a nettement amélioré la résistance à la sécheresse de plants de sultanine par introduction de plusieurs copies d’un gène impliqué dans la synthèse de lignine. Auparavant d’autres équipes ont obtenu des plants résistants, les uns à l’oïdium et les autres au mildiou par transfert de gène du riz dans le premier cas ou d’autres Vitis dans le second.

Tous ces procédés sont non seulement rejetés par le grand public, leur développement en Europe est aussi bloqué par les multiples et très coûteuses études réclamées par l’Union Européenne pour s’assurer de l’innocuité des plantes transformées. Marcel Kuntz avance le chiffre de 100 millions d’euros.

La patate douce, un OGM naturel

Actuellement la question est de savoir si les études exigées pour les OGM classiques le seront aussi pour les plantes issues de NBT. Un arrêt datant de 2018 de la Cour Européenne de Justice les classe dans la même catégorie. Mais des tractations sont en cours définir alléger les contraintes pesant sur les NBT que Marcel Kuntz juge injustifiées sur le plan scientifique. Ce chercheur rappelle que des transformations génétiques se produisent régulièrement dans la nature. La patate douce en est un exemple. En 2015, des chercheurs ont prouvé que cette plante cultivée résulte de l’intégration dans un ancêtre sauvage de gènes de la bactérie Agrobacterium thumefasciens. Un OGM naturel dont l’humanité tire profit tous les jours.

 

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Tous les commentaires (5)
Rimah Le 23 octobre 2022 à 23:52:03
Salut je fais mon mémoire de fin d'études cette année et j'ai toujours été intéressé par la vigne et je souhaite que ce soit mon sujet de mémoire mais je ne sais pas vraiment sur quel aspect étudier ni sur quoi baser ma recherche j'ai besoin d'aide et excusez mon français cassé
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La redaction Le 04 août 2022 à 15:21:36
Bonjour Gaëtan, l'étude se nomme "CRISPR/Cas9 Targeted Editing of Genes Associated With Fungal Susceptibility in Vitis vinifera L. cv. Thompson Seedless Using Geminivirus-Derived Replicons" dont les auteurs sont Felipe Olivares, Rodrigo Loyola, Blanca Olmedo, María de los Ángeles Miccono, Carlos Aguirre, Ricardo Vergara, Danae Riquelme, Gabriela Madrid, Philippe Plantat, Roxana Mora, Daniel Espinoza et Humberto Prieto.
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gaetandu72 Le 04 août 2022 à 12:59:10
Bonjour, Je serais tres reconnaissant de connaitre les noms des chercheurs chiliens nommé dans l'article: L'amélioration génétique de la vigne se concrétice-Hors D'Europe, publié sur Vitisphère. Bien à vous
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Benji Le 31 juillet 2022 à 15:36:29
L?Europe est en perte de vitesse sur la recherche et En France on préfère écouter les lobbys écolos et autres ong qui contribuent à la destruction de nos savoir faire!
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Kressmann Le 30 juillet 2022 à 16:59:46
L'adaptation des cépages au réchauffement climatique qui devient urgent ne peut pas se passer des NBT. Et si les Français ne s'attellent pas à cette tâche, ils pourront dire adieu à leurs vignobles les plus prestigieux.
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