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Ce qui coince dans la réforme du label HVE pour le vignoble : IFT, CMR, fertilisation…
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Proposition
Ce qui coince dans la réforme du label HVE pour le vignoble : IFT, CMR, fertilisation…

Une proposition de refonte de la certification Haute Valeur Environnementale vient d’arriver sur le bureau du ministre de l’Agriculture, sans faire consensus dans le vignoble.
Par Alexandre Abellan Le 02 juillet 2022
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Ce qui coince dans la réforme du label HVE pour le vignoble : IFT, CMR, fertilisation…
L'association HVE regrette de trop rapides montées en exigence, qui pourraient rompre la dynamique de certification dans le vignoble. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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uppression de la voie B "comptable"*, modification dans la voie A "agroécologique" des Indices de Fréquence de Traitement (IFT), interdiction de produits phytosanitaires classés Cancérigènes Mutagènes et Reprotoxiques (CMR)… Adopté ce 30 juin, l’avis consultatif de la Commission Nationale de la Certification Environnementale (CNCE) propose de réformer le label gouvernemental Haute Valeur Environnementale (HVE). Une première depuis la création de la certification en 2011 par le ministère de l’Agriculture, qui s’est particulièrement développée dans le vignoble (18 000 domaines viticoles labélisés début 2022, soit 74 % des certifiés). « Une évolution était bien légitime dans le temps, mais pas aussi brutalement » réagit Jean-Jacques Jarjanette, le président de l'association pour le développement de la HVE. Le vigneron rapporte qu’au moment du vote de ces propositions, « l'ensemble du monde de la production, à l'exception de la coopération agricole qui seule à voter pour, a refusé cette nouvelle donne. En tant que pionnier de la démarche et président de l'association nationale pour le développement de la HVE je la regrette aussi. »

Pour la filière viticole, les points qui semblent poser un problème sont essentiellement la baisse de la fertilisation (avec une révision des seuils), la refonte des IFT (calculé sur les bassins et plus la région en viticulture) et l’interdiction de certains CMR. Pour ce dernier item, « une telle mesure aurait pour but d’introduire dans le référentiel une disposition permettant de prendre en compte le niveau de toxicité des molécules utilisées » indique la conclusion de la CNCE, distinguant les CMR 1 dont l’utilisation est interdite (A effets avérés et B effets présumés pour 4 produits en voie de retrait, ne concernant pas la vigne) et les CMR 2 dont l’absence d’usage en herbicide et hors-herbicide permet de gagner 2 points d’item (effets suspectés, avec 54 substances actives approuvées au niveau européen pour 281 produits phytopharmaceutiques).

Guerres picrocholines

« La nouvelle version est très ambitieuse et je crains que la marche ne devienne trop haute pour jouer son rôle de certification de l'agriculture conventionnelle. C’est-à-dire 90 % de notre agriculture... » regrette Jean-Jacques Jarjanette. Craignant « l'élitisme » de cette réforme, le président de la HVE estime que cette nouvelle mouture « va sans doute conduire au même résultats que la bio... Une action marginale qui, faute de consommateurs, va laisser la porte grande ouverte aux importations massives consommées, elles, de plus en plus par les Français soucieux de leur pouvoir d'achat. Les postures politiques, les polémiques et les guerres picrocholines franco-françaises risque de favoriser encore la délocalisation en court de notre alimentation. »

Cet avis de la CNCE est consultatif, ce qui laisse de la place à de potentielles négociations. Il doit désormais être analysé par le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, dont la décision est attendue pour cet été. La réforme de la HVE doit être actée pour le premier janvier 2023, afin d’intégrer la certification dans les éco-régimes de la Politique Agricole Commune (PAC 20223-2027). On notera que la CNCE propose de ne plus certifier de nouvelles exploitations sous un label HVE dépendant de l'ancien cahier des charges à partir du premier octobre 2022.

 

* : Reposant sur le rapport entre achats de phytos et chiffre d'affaires (ne pouvant dépasser 30 %), cette voie B est supprimée dans le projet de la CNCE.

 

 

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Tous les commentaires (2)
JUROPHIE Le 12 juillet 2022 à 14:11:00
Il me semble que cette réforme va dans le bon sens , si nous voulons que ce label soit reconnu il faut s'en donner les moyens , le label VHV devrait interdire les désherbants l'inverse est un non sens .
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JFK Le 05 juillet 2022 à 13:38:00
Je suppose que les gros 4x4 et les gros pickup de nombreuses exploitations HVE font partie des actions d'amélioration de l'environnement !
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