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Recensement agricole
Quelle est la baisse du nombre d'exploitations viticoles dans votre département ?

Le recensement général agricole montre une diminution importante du nombre d'exploitations dans la majorité des départements. Un peu partout, celles qui restent s'agrandissent.
Par Aude Lutun Le 13 mai 2022
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 Quelle est la baisse du nombre d'exploitations viticoles dans votre département ?
Avec la succession d’accidents climatiques, la flambée du prix des intrants et la hausse du coût de la main-d’œuvre, des terres changeront de mains. - crédit photo : Cédric Faimali
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Infographie GFA - Source des chiffres : RGA

 

Premier département viticole par sa superficie (115 000 ha), la Gironde compte 1 700 exploitations de moins qu’il y a dix ans, soit une chute de 24 %, alors que la superficie du vignoble est restée quasiment stable. « Cette baisse s’explique en partie par la pyramide des âges, mais surtout par le besoin de faire des économies d’échelle, explique Stéphane Gabard, président du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Il y a des exploitations qui vont bien ! Elles font souvent de la vente directe et de l’export. Mais quand on est “vraqueur”, il faut avoir une belle surface pour être rentable. Il y a dix ou quinze ans, il était rare de voir des exploitations à plus de 150 ha. Maintenant, on en trouve une bonne centaine. »

Ce responsable professionnel estime que la baisse du nombre d’exploitations devrait se poursuivre, probablement de façon plus modérée. Avec la succession d’accidents climatiques, la flambée du prix des intrants et la hausse du coût de la main-d’œuvre, des terres changeront de mains.

Moins 16 % des exploitations

À quelques exceptions près – la Haute-Corse, les Bouches-du-Rhône et la Drôme –, tous les départements ont vu disparaître des exploitations spécialisées en viticulture au cours de la dernière décennie, nous apprend le dernier recensement général agricole. Selon cette vaste enquête, la France a perdu 16 % de ses exploitations viticoles entre 2010 et 2020. Plus mal lotis que la Gironde, la Dordogne, la Loire-Atlantique et l’Indre-et-Loire ont perdu 37 % de leurs vignerons.

« En Dordogne, c’est sûrement l’échec d’un modèle agricole qui n’a pas su d’adapter, commente Éric Chadourne, président de la Fédération des vins de Bergerac et de Duras. Nos exploitations ont souvent plusieurs ateliers agricoles. Et, mis à part la production de noix, aucun secteur n’est en croissance. » Ici, la surface viticole a reculé de 10 % en dix ans et la chute du nombre d’exploitations s’accélère depuis trois à quatre ans, en raison des difficultés économiques. « Certains domaines sont très performants, souligne néanmoins Éric Chadourne. Et nous avons des atouts, avec le tourisme et nos certifications (30 % en bio et 30 % en HVE). »

Tendance à la concentration

En Loire-Atlantique, malgré les mauvais chiffres, François Robin, délégué communication de la Fédération des vins de Nantes, se veut confiant. « Nous avons divisé par deux nos surfaces en vingt ans, rapporte-t-il. Nous nous sommes recentrés sur nos meilleurs terroirs. Nous avons atteint un point d’équilibre. Les surfaces ne devraient plus baisser avec le travail de valorisation qui est en cours. »

En Indre-et-Loire, en revanche, la surface des vignes n’a presque pas bougé durant la dernière décennie. La viticulture s’est recentrée sur un peu moins de 600 exploitations spécialisées, qui se sont considérablement agrandies.

Sur l’ensemble de la Touraine, « les surfaces sont restées stables, analyse Guillaume Bénard, chargé de mission à la chambre régionale d’agriculture Centre Val-de-Loire. Sur la région, le nombre des exploitations a baissé de 28 % en dix ans. Les parcelles des vignerons partant à la retraite sans repreneur ont été achetées par des voisins. Désormais, on compte quelques dizaines d’exploitations de plus de 60 ha, ce qui n’était pas le cas avant. Ce profil est en hausse. Et cela continuera, car un nombre important de vignerons sera à la retraite d’ici à cinq ans. »

 

Le département des Bouches-du-Rhône est une exception

« Le nombre d’exploitations progresse dans les Bouches-du-Rhône (de 11 % entre 2010 et 2020 pour atteindre 686, Ndlr) car notre vignoble est porté par la bonne santé des rosés. En dix ans, le prix du Coteaux d’Aix-en-Provence rosé est passé de 110 €/hl à 300 €/hl, notamment grâce aux exportations. Avec un rendement moyen à 60 hl/ha, la viticulture est attractive. Notre département a la chance d’avoir une agriculture variée avec de la vigne, des vergers et des semences de céréales. Les plantations de vigne se poursuivent, mais de façon maîtrisée. Lors de la dernière décennie, de nombreux vignerons ont rénové et modernisé leur point de vente. L’œnotourisme se développe vraiment bien, avec une clientèle française et étrangère très intéressée. L’attractivité d’Aix-en-Provence est un atout supplémentaire », explique Nathalie Escoffier, viticultrice au Château L’Evesque et élue en charge de l’œnotourisme à la chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône

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Tous les commentaires (1)
winaddict33 Le 14 mai 2022 à 14:45:18
Mystère des traitements statistiques ! entre -9.9% et +3.9% pas de présence sur la carte, même s'il y a des exploitations dans le département. Nièvre, Allier, Loire, Puy de Dôme, Aveyron, Landes, Haute Garonne et sans doute d'autres.
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