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Le groupe Perret avance vers l’hydroseeding sur le cavaillon
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Sous le rang
Le groupe Perret avance vers l’hydroseeding sur le cavaillon

Le semis sous le rang est une des pistes creusées par le groupe Perret pour limiter la mécanisation et les herbicides. Prometteuse, la technique de l'hydroseeding se révèle encore inadaptée aux besoins d'une exploitation viticole et nécessite des améliorations.
Par Olivier Bazalge Le 19 avril 2022
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Le groupe Perret avance vers l’hydroseeding sur le cavaillon
Le semis d'un mélange de trèfles sous le rang pourrait être un outil efficace pour éviter les passages interceps et les herbicides - crédit photo : O. Bazalge pour Vitisphere
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l’occasion d’une journée organisée sur sa plateforme de démonstration du château Beauchêne, à Piolenc, dans le Vaucluse, le groupe Perret a présenté les expérimentations qu’il développe dans le domaine des enherbements et couverts végétaux.

Avec la volonté affirmée de « mieux gérer les adventices sans avoir recours aux herbicides, lutter contre l’érosion et le ruissellement, améliorer la qualité, la vie, la structure et la portance des sols », le semis sous le rang fait partie des orientations envisagées par les techniciens du groupe Perret.

« La difficulté essentielle d’un semis sous le rang repose sur l’impossibilité d’opérer à un rappui pour optimiser l’implantation des semences », décrit Nicolas Laugier, coordinateur grandes cultures du groupe Perret. Si des expérimentations ont déjà été réalisées dans la région bordelaise, le technicien a préféré faire a appel à la société Urbavert, spécialiste de l’hydroseeding (semis de végétalisation par projection hydraulique) pour les espaces verts et zones difficiles d’accès.

Qualité du support de germination

« C’est une technique de pulvérisation hydraulique pour semer sur sols non préparés, tels les talus de route, les pistes de ski. Nous arrivons même à implanter des couverts sur les allées gravillonnées de cimetière », pose Fabrice Chiavaro, gérant d’Urbavert, « mais toute la réussite du procédé est basée sur la qualité du support de germination, un mulch en granulés fixateur et rétenteur d’eau, utilisé pour accompagner le semis ». Un essai sous le rang a donc été conduit sur la plateforme de démonstration de Piolenc avec un mélange trèfle souterrain, trèfle nain et microtrèfle blanc nain, choisi car il ne ne produit pas de graines, avec un développement en rhizomes.

Résultat de la pulvérisation - OB

« C’est un mélange que nous testons depuis cinq ans, complètement asynchrone avec le cycle de la vigne pour éviter toute concurrence », valide Nicolas Laugier. En se développant, ce couvert prend la forme d’un tapis végétal sur le cavaillon, qui ne monte pas et ne résiste pas aux chaleurs. « Dès qu’il fait chaud, les trèfles jaunissent et forment un paillis estival qui redémarre ensuite avec les pluies d’automne, pour une durée de 3 à 4 ans selon la météo », poursuit Nicolas Laugier.

Matériel inadapté

Selon le technicien, la bonne implantation de ce semis (15-20 kg/ha) permet de supprimer les passages d’intercep ou l’application d’herbicide sur le cavaillon. Les premières conclusions montrent qu’une bonne préparation du sol sous le rang favorise encore l’implantation du couvert.

La technique semble donc prometteuse mais reste pour l’heure inadaptée aux besoins des vignerons, tant dans la mise en œuvre que dans le coût de l’opération. « Le mulch utilisé est trop cher pour une approche viticole », souligne Fabrice Chiavaro, « et ce matériel adapté aux espaces verts n’est pas en phase avec les besoins des vignerons, nécessitant une application manuelle du jet, avec une cuve trop petite pour couvrir les surfaces viticoles ». C’est donc à présent l’enjeu de la collaboration engagée entre le groupe Perret et Urbavert : mettre au point un matériel et un mulch ajustés aux contraintes d’une exploitation viticole, pour faire de cette technique prometteuse une alternative viable pour les exploitants.

La pulvérisation manuelle n'est pas adaptée aux grandes surfaces viticoles - OB

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