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PneuTrac séduit les tractoristes

Les quelques viticulteurs ayant pu tester le PneuTrac de Trelleborg l’ont adopté. Cet hybride entre un pneu classique et une chenille leur permet d’augmenter leurs débits de chantier tout en tassant moins le sol.
Par Marion Bazireau Le 24 mars 2022
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 PneuTrac séduit les tractoristes
Grâce aux PneuTrac qui équipent les roues avant de trois enjambeurs Bobard, les tractoristes 'se sentent plus en sécurité car il y a une meilleure adhérence dans les pentes ou en dévers', témoigne Julien David, responsable des travaux mécanisés chez Moët et Chandon - crédit photo : DR
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près quatre saisons et 2 250 heures, Laurent Pons est toujours aussi satisfait des PneuTrac montés sur son Massey Ferguson 3640 S. « Je participe à leur développement et fais régulièrement des retours à Trelleborg. À ce jour, je n’ai remarqué aucune usure ni perte d’adhérence », assure le chef de culture des 65 ha du Château Ferry Lacombe, à Trets (Bouches-du-Rhône).

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Laurent Pons

Laurent Pons ne se pose plus de question. Il se sert de ce tracteur chaussé de ces pneus à l’empreinte de chenilles aussi bien pour prétailler, avec un poids important à l’avant, que pour pulvériser, en rejoignant par plusieurs kilomètres de route bitumée des blocs de parcelles éloignés de la propriété. Il tond également l’enherbement et traîne sans problème ses charrues vigneronnes.

 

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Depuis 2018, il a renouvelé plusieurs tracteurs. « J’aurais aimé les faire monter de PneuTrac mais, entre-temps, Trelleborg a donné l’exclusivité à New Holland », explique-t-il. Une exclusivité qui appartient au passé affirme le manufacturier suédois. Depuis l’an dernier, la monte de ces pneumatiques hybrides entre pneus conventionnels et chenilles peut se faire dans d’autres concessions, notamment chez Massey Ferguson. Mais Trelleborg voulant à tout prix garder le contrôle sur la diffusion de son innovation, les viticulteurs ayant pu en profiter sont rares.

Je sens moins les secousses

Sylvain Coste en fait partie. Voilà quatre mois qu’il réalise de la prestation de services dans le Gard avec un interligne New Holland T4.90 N de démonstration équipé de PneuTrac acheté par son grand-père.

« Il a désormais 600 heures au compteur et je vois vraiment la différence avec les Kleber que j’utilise sur mon John Deere 5100GN et sur mon New Holland T4.85N, explique-t-il. Je tourne à 0,8 bar – la pression recommandée par Trelleborg –, et je sens beaucoup moins les secousses sur la route comme sur les chemins. De plus, je manœuvre très facilement. J’ai tenté 0,5 bar, mais je n’en ai pas vu l’intérêt. »

 

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Sylvain Coste

Outre le confort et la maniabilité, Sylvain Coste apprécie l’adhérence de ses nouveaux pneumatiques : « Au début, j’avais un peu peur de m’en servir pour travailler le sol mais je vois qu’ils ne s’usent pas et qu’ils tirent super bien le matériel, que ce soit le cultivateur, mes disques Agromet ou mes interceps ID-David montés à l’avant sur un relevage. »

Des sols moins tassés

Après le passage du tracteur chaussé de ses pneus à basse pression, les sols de ses clients sont moins tassés. « Je l’observe très bien entre le tracteur et l’outil, et aux ornières qu’on ne voit presque pas. »

« Et quand les parcelles sont humides, je patine beaucoup moins avec les PneuTrac, seuls les crampons s’enfoncent », complète Laurent Pons.

Trelleborg annonce en effet de 12 à 24 % de traction supplémentaire. Grâce à leur forme en oméga et à leurs flancs creusés, les PneuTrac génèrent une empreinte très large qui minimise le tassement du sol tout en supportant des charges élevées.

Les débits de chantier s’en trouvent optimisés. Sans pouvoir le chiffrer, Laurent Pons et Sylvain Coste pensent consommer moins de GNR avec cette monte.

Un inconvénient : la largeur des pneus

Sylvain Coste soulève néanmoins un inconvénient : la largeur des pneus. « Je ne peux pas passer dans les rangs espacés de moins de 2,25 m. » Dans les Bouches-du-Rhône, Laurent Pons n’est pas gêné par les 155 cm hors tout de son Massey Ferguson. « Je rentre dans toutes mes vignes, même lorsque l’écartement n’est que de 2,20 m, mais je veille à ce que la vigne soit bien palissée et relevée. »

À cause de cet encombrement, dans les vignes de Moët et Chandon, en Champagne, seules les roues avant de trois enjambeurs Bobard sont équipées des pneus chenilles. « Cela va faire deux ans », relate Julien David, responsable des travaux mécanisés.

À Chouilly, ses tractoristes ont broyé, rogné et pulvérisé durant près de 300 heures dans les coteaux du Château de Saran. « Tous se sont sentis plus en sécurité, avec une meilleure adhérence dans les pentes ou en dévers », témoigne Julien David. Ils ont pu traiter plus facilement dans les sols mouillés et y ont laissé moins de traces. Désormais, il attend des modèles plus étroits pour monter ces pneus sur quatre roues.

Malgré l’efficacité des PneuTrac, Sylvain Coste n’équipera pas d’autres machines tant que leur prix n’aura pas baissé : « Je ne suis pas prêt à payer 1 500 € de plus que pour des Kleber. »

Un critère de choix pour le renouvellement des tracteurs

Laurent Pons est, lui, déjà prêt. Quand le PneuTrac sera commercialisé à plus grande échelle, il constituera un critère de choix dans le renouvellement tous les deux ans d’un des cinq tracteurs de Ferry Lacombe. « Il ne faut pas comparer le prix des pneus conventionnels à celui des PneuTrac. Ce n’est pas du tout le même produit, affirme-t-il. Chez nous, l’acquisition de pneus hybrides rentre dans une démarche de réduction de la compaction des sols et de respect de la faune microbienne. »

Le chef de culture équipait déjà sa machine à vendanger et ses remorques de pneus à basse pression quand son concessionnaire partenaire de Trelleborg lui a proposé d’essayer les PneuTrac. 

 

À mi-chemin entre pneu et chenille

Grâce à la forme en oméga de leurs flancs et de leur gonflage à basse pression, les PneuTrac ont une bande de roulement beaucoup plus longue que les pneus classiques et laissent une empreinte au sol semblable à celle d’une chenille. Par rapport à un pneu standard de même dimension, le tassement est réduit de 30 % à 10 centimètres de profondeur et la traction augmentée de 15 %, d’après Trelleborg. « PneuTrac affiche de très bonnes performances en termes de stabilité sur les pentes escarpées ou les terrains boueux, réduisant à zéro les situations d’immobilisation », ajoute Stève Bouledin, responsable des ventes chez Trelleborg. Pour l’instant, le fabricant ne propose que quatre dimensions, VF 280/70R18 116A (116B) ou VF 280/70R20 118A8 pour l’avant, et VF 420/70R28 145A8 ou VF 480/65R28 136A8 (136B) pour l’arrière. « Mais notre objectif est de pouvoir équiper tous les tracteurs interlignes et enjambeurs pour vignes larges ou étroites », promet Stève Bouledin, précisant que la gamme des PneuTrac ira jusqu’aux 28 et 24 pouces.

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