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"Je suis agréablement surpris"
Bond des engagements bio dans le vignoble de Champagne en 2021

Entretien avec Pascal Doquet, le président de l’association des champagnes biologiques, qui se réjouit du dynamisme des engagements en viticulture bio malgré les difficultés climatiques de l’année 2021.
Par Aude Lutun Le 10 mars 2022
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Bond des engagements bio dans le vignoble de Champagne en 2021
Avec 138 domaines nouvellement engagés en 2021, la Champagne recenserait 283 exploitations bio. - crédit photo : Pascal Doquet
L
es attaques de mildiou de l’année 2021 auraient pu détourner des vignerons de la viticulture bio. Mais vous progressez (voir encadré)...

Pascal Doquet : J’ai été agréablement surpris par cette croissance ! Je ne m’attendais pas à cette dynamique. Je pense que la problématique des Zones de Non Traitement (ZNT) a favorisé les engagements en viticulture bio. Le travail que nous menons avec des unions de coopératives, comme l’Union Auboise ou Terroirs et Vignerons de Champagne, permet également à des coopérateurs de travailler en bio.

La protection que nous apporte la réserve individuelle explique certainement en partie pourquoi, malgré une année terrible, les surfaces engagées en bio en Champagne ont encore progressé. Il y a toutefois eu quelques renoncements. Une grande maison qui avait beaucoup communiqué sur son engagement fin 2020 s’est rétractée. Le manque de préparation et d’appréciation des moyens humains et techniques nécessaires pour passer en bio en ont certainement été les causes principales.

 

Quel est le profil des nouveaux engagés ?

Il y a bien sûr des jeunes, mais il y a aussi des vignerons qui sont certifiés Viticulture Durable en Champagne et qui se disent qu’ils ne sont plus loin d’être bio. Et ils franchissent le cap. C’est l’aboutissement d’un cheminement de plusieurs années. La participation aux Journées Portes Ouvertes que nous organisons dans des exploitations bio sont également un élément déclencheur.

 

Quels enseignements retirez-vous de l’année 2021 ?

L’année 2021 nous a confirmé qu’il faut être bien préparé pour s’engager dans la viticulture biologique.  Au-delà de quatre heures pour réaliser un traitement sur tout le parcellaire, le risque de perte de récolte croît progressivement de façon de plus en plus importante. 2021 a également encore montré la nécessité de disposer d’un « plan B » quand l’accès aux vignes n’est plus possible en tracteur. Après plusieurs années au climat plutôt clément, certains nouveaux convertis n’ont peut-être pas assez pris conscience de ces nécessités. Mais même pour certains viticulteurs bio expérimentés, il n’a pas toujours été possible de préserver la récolte dans les vignobles les plus exposés.

Cela vient nous rappeler que le bio n’est pas un outil marketing que l’on pourrait aisément ajouter à une panoplie déjà disponible. La bio est un engagement, qui nécessite une implication constante !

 

Avec cet hiver très doux, vos adhérents redoutent-ils un gel de printemps ?

Oui, comme tous les vignerons de Champagne. Les choix agronomiques ont une influence sur le gel. Nos vignes sont souvent enherbées, ce qui crée une ambiance plus propice au gel. C’est une crainte importante.

 

 

 

La filière bio champenoise en quelques chiffres :

- 143 domaines nouvellement engagés en 2021 : 11 dans l’Aisne, 103 dans la Marne et 24 dans l’Aube.

- 567 exploitations bio en 2021 (dont celles qui sont en conversion)

- Le bio représente 150 ha dans l’Aisne, 2 100 ha dans la Marne et 480 ha dans l’Aube, soit 7  à 8 % des surfaces du vignoble champenois.

 

Source : Bio en Grand Est, les chiffres ne sont pas encore consolidés.

 

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