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2021 dans le rétroviseur
Réflexions champenoises sur la réduction des émissions de CO2 du vignoble

[Article paru le 18 mai 2021] Lorsque les vignerons travaillent leurs sols, ils passent en moyenne 28 fois par an dans les vignes. 20 ans après l'implantation de couverts végétaux, de haies et d'arbres, leur vignoble serait presque autonome.
Par Aude Lutun Le 28 décembre 2021
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Réflexions champenoises sur la réduction des émissions de CO2 du vignoble
Sur 85 ares, Florent Grados a planté des dizaines d’érables champêtres, une espèce historiquement liée à la vigne. - crédit photo : Florent Grados
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a stratégie nationale adoptée par le gouvernement en 2015 vise à diviser par cinq les émissions et à augmenter par deux les puits de carbone, des forêts et terres agricoles qui en séquestrent sous forme de matière organique stable, d’ici 2050.

« On arriverait alors à un équilibre entre les deux et à une neutralité carbone » a rappelé Damien Garros, fondateur de CarbonAct, lors d’un webinaire organisé par Arbre&Paysage en Champagne ce 17 mai.

En viticulture, la réduction des émissions de gaz à effet de serre passe par une diminution des intrants, une économie d’énergie en cave, une réduction du nombre de passages des engins agricoles, et un meilleur choix d’emballage.

Augmenter la séquestration du CO2

« L’augmentation de la séquestration du carbone est quant à elle facilité par la mise en place d’arbres, de haies, et de couverts végétaux au vignoble, en ayant en plus des bénéfices sur la biodiversité et l’adaptation au changement climatique » a-t-il poursuivi.

La vitiforesterie permet en effet d’augmenter la réserve en eau du sol, et fait office de tampon thermique, quand les couverts abaissent la température du sol lors des coups de chaud. « Cela nous conforte un peu plus dans nos choix » a enchaîné Florent Grados, viticulteur sur 5 hectares sur le terroir des Riceys.

Son domaine est en fin de conversion bio et il y teste déjà la biodynamie. « Nous sommes en train de gravir une marche supplémentaire. Sur 85 ares, nous avons planté 3 rangées d’arbres, avec une majorité d’érables champêtres, une espèce historiquement liée à la vigne et qui ne devrait donc pas lui faire de concurrence ». Il en a aussi éparpillé de manière aléatoire, en veillant tout de même à ne pas gêner le passage du pulvérisateur.

En bas de sa parcelle, il a implanté 10 tilleuls et 33 saules des vanniers, ces derniers ayant pour l’heure plus de mal à pousser, dans une zone dominée par les ronces. Le viticulteur va passer le moins souvent possible avec son tracteur pour laisser la vie du sol se développer, notamment les champignons mycorhiziens qui apporteront les éléments nutritifs et l’eau nécessaire à la vigne.

Les arbres éparpillés seront conduits en mini trogne, taillées lors du rognage sur le reste du vignoble. « Nous les laisserons davantage buissonner sur les 3 rangées, et pensons aussi en laisser monter » reprend Florent Grados, qui a recruté une stagiaire en agroforesterie pour l’aider à gérer ces nouveautés.

Les experts estiment que les vignerons passent en moyenne 28 fois avec des enjambeurs dans leurs parcelles, tandis que la vitiforesterie permettrait à une échéance de 20 ans de descendre à 5 ou 6 passages.

De 975 kg/ha/an à moins de 50

Pendant la phase de transition, il va falloir semer et détruire des couverts végétaux, avant de mettre en place un couvert permanent. A termes, l’enherbement naturel n’a même plus besoin d’être tondu.

Entre le travail du sol et l’autonomie du vignoble, les émissions de CO2 passeraient ainsi de 975 kg/ha/an à moins de 50, également grâce à l’augmentation du stockage dans les sols. Ramené à la surface de la Champagne, cela revient à économiser 16 000 allers et retours en Paris et New-York.

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Tous les commentaires (1)
Champagne Le 30 décembre 2021 à 11:58:54
Article intéressant, mais d'où viennent les données énoncées en fin d'article concernant la réduction des émissions de CO2 ?
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