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Exposition aux phytos
Pas de collaboration du vignoble à l'étude PestiRiv sans concertation préalable

S'ils indiquent être intéressés par une étude d'exposition des riverains de parcelles viticoles aux pesticides, les représentants de la filière vin posent leurs conditions : avant toute chose un dialogue poussé avec les agences sanitaires.
Par Alexandre Abellan Le 21 octobre 2021
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Pas de collaboration du vignoble à l'étude PestiRiv sans concertation préalable
Faute de retours des autorités sanitaires, les représentants vitivinicoles se mettent en retrait de l’étude PestiRiv. - crédit photo : Congrès de la Viticulture (archives 2017)
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éuni ce 20 octobre, le conseil spécialisé vin de FranceAgriMer ne peut éviter le sujet qui enflamme actuellement le vignoble : le lancement de PestiRiv, une « étude d’exposition aux pesticides des riverains de zones viticoles et non viticoles » menée en 2021-2022 par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) et l'agence nationale de santé publique (Santé Publique France) sur six bassins viticoles avec des prélèvements de cheveux et d’urine de 3 350 participants adultes et enfants (dont 2 250 à moins de 500 mètres de vignobles). Inédite, cette étude d’exposition à 50 phytos viticoles doit faire appel à la collaboration de la filière viticole pour obtenir a posteriori les plans de traitement des parcelles à proximité des foyers suivis. Une collaboration qui est loin d’être gagnée pour les instances viticoles.

Présidant le conseil spécialisé vin, Jérôme Despey rapporte que « la filière a unanimement dit qu’il est pertinent d’étudier [l’exposition aux pesticides], surtout pour nous qui sommes les premiers exposés (viticulteurs, salariés, famille…). Mais il est perturbant que la filière n’ait pas de réponse à ses questions sur le protocole et la méthodologie de l’étude, alors qu’il y a communication dans la presse. »

On a l’impression que les conclusions existent déjà

Dévoilées dans un courrier à la préfecture de Nouvelle-Aquitaine du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), ces réticences portent sur le protocole expérimental qui est marqué par la surreprésentativité du vignoble girondin dans le périmètre d’étude (la moitié de l’échantillon pour le CIVB, un tiers selon l’ANSES), sur l’accompagnement de la publication de ces résultats (notamment dans les médias grands publics), sur l’absence de résultats tirés de l’étude préliminaire réalisée en 2019 (à Bordeaux et en Champagne)… et sur l’absence de réponses à ces interrogations techniques. « Cela pose la question de la volonté de l’Anses [et de Santé Publique France] de collaborer. On a l’impression que les conclusions existent déjà et qu’il n’y a rien à dire » indique Jérôme Despey, qui précise ne pas avoir siégé aux réunions entre agences sanitaires et interprofessions.

L’Anses rassure

Indiquant échanger avec les représentants de la filière viticole et réaliser des réunions en région pour expliquer le protocole arrêté, Ohri Yamada, le responsable de la phytopharmacovigilance à l’Anses, explique à Vitisphere que « la part importante en Gironde [tient à] la méthodologie de l’étude. Cette dernière se base sur deux critères : une zone à dominante viticole (pour qu’il n’y ait pas d’autre sources de pesticides qui pourraient interférer sur les mesures) et la présence d’habitations. » L’expert ajoute que « on ne peut pas douter du sérieux et de l’intégrité d’agences scientifiques, comme Santé Publique France et l’Anses, sur l’honnêteté intellectuelle dont on va faire preuve pour restituer nos résultats. On fera tout notre possible pour rendre compte de ce que les données disent, pas plus et pas moins. »

Jouant la carte de la pédagogie et de la porte ouverte*, l’Anses et Santé Publique France doivent déployer dès octobre la première campagne de prélèvements auprès des 3 350 participants tirés au sort. Un calendrier trop rapide pour la filière vin qui conditionne son soutien à l’étude. « Aujourd’hui, tant que la filière n’aura pas de réponses à toutes ses questions posées, c’est qu’il n’y aura pas de volonté de collaboration de l’ANSES avec le secteur viticole » indique Jérôme Despey, qui précise regretter d’en arriver à cette position de retrait tant qu’il n’y aura pas de dialogue constructif.

 

* : Comme en évoquant la nécessité d’intégrer un représentant du vignoble au comité de suivi de PestiRiv.

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Tous les commentaires (4)
MG Le 21 octobre 2021 à 18:35:11
"mais de quoi avez vous peur? d'apprendre qu'il y a des produits qui sont n?fastes pour la sant?? avez vous d?j? demand? de la transparence aux producteurs de "produit phyto"?" Ces questions doivent ?tre pos?es et r?solues lors de l'autorisation de mise sur le march? ; si l'autorisation ?volue a cause dela recherche scientifique, pas de probl?mes, si des lacunes sont dues ? de l'administratif au sens large, c'est ? l'administration de s'en prendre ? elle-m?me et devant les citoyens.
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Benji Le 21 octobre 2021 à 18:18:20
Gr?goire je ne suis pas contre les exp?rimentations je m?interroge juste de leurs financements,de leurs biens fond?s ainsi que de leurs interpr?tations m?diatiques par?es pseudos scientifiques
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gregoire Le 21 octobre 2021 à 13:07:15
Cher Benji, comment est il possible d'?tre ? ce point contre les exp?rimentations, contre les discussions. il va de soit qu'il est n?cessaire de se mettre d'accord sur le protocole d'une exp?rimentation du moment qu'elle se fasse en toute transparence, mais de quoi avez vous peur? d'apprendre qu'il y a des produits qui sont n?fastes pour la sant?? avez vous d?j? demand? de la transparence aux producteurs de "produit phyto"? vous r?agissez ? de nombreux articles et toujours en tapant sur la bio, la sant?, les "parisiens", les "bobos"... cela me fait penser ? la lev?e de bouclier contre le signe femme enceinte, qui n'a jamais emp?ch? de vendre une bouteille. je vous rejoint sur le fait que tout ne roule pas rond, mais de l? ? refuser les avanc?s... car oui, dans le vin il y a de l'alcool et ca peut ?tre dangereux, oui nous avons utilis? et on utilise encore des produit qui sont de vrais merde. mais oui, c'est un produit extraordinaire si l'on prend soin d'?duquer, de partager toute l'histoire humaine qu'il y a ? l'int?rieur d'une bouteille... oui c'est pas parceque l'on fait un traitement que l'on va tuer tout le monde
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Benji Le 21 octobre 2021 à 08:00:21
Cette belle ?tude me fait penser ? deux autres ,celle de l?exp?rimentation des 80km/h et des portiques eco taxes! Beaucoup de fonctionnaires et de politiques pay?s ? proposer leurs pseudos conclusions sans aucunes concertations! Pour une marche arri?re ( retour au 90km/h arr?t des portiques) qui a d?truit des emplois et un bilan financier catastrophique ? la charges de nos imp?ts! Bizarrement on trouve toujours les m?mes ? la man?uvre sous pr?texte ?cologique
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