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Table ronde
Pour développer le tourisme vigneron, "chassons en meute" !

Lors du dernier salon Viteff, la table ronde sur l'oenotourisme a rappelé l'énorme potentiel des vignobles français, pas encore assez exploité. Travailler en réseau et se former sont les mots d'ordre pour développer cette activité.
Par Aude Lutun Le 21 octobre 2021
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Pour développer le tourisme vigneron,
De gauche à droite : Séverine Couvreur, Maxime Toubart, Nathalie Delattre, Frédéric Nau, Philippe Harant (directeur de du comité départemental touristique de la Marne). - crédit photo : Aude Lutun
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« L’oenotourisme devrait être une grande cause du développement de nos territoires, estime Nathalie Delattre, sénatrice de Gironde et coprésidente de l’Associton Nationale des Elus du Vin (Anev). L’oenotourisme génère plus de 5 milliards de chiffre d’affaires (chiffres 2016) et accueille plus de dix millions de visiteurs. Il nous faut travailler collectivement, à l’image des concessionnaires automobiles qui se mettent au même endroit pour créer une dynamique ». Également acquis à la cause de l’oenotourisme, Maxime Toubart, le président du syndicat général des vignerons (SGV), encourage les viticulteurs à « chasser en meute » : « Il nous faut être malins, travailler en réseau avec les autres acteurs du territoire et avec les autres régions viticoles françaises. Chassons en meute ! ». Le SGV accompagne les vignerons à travers des formations proposées en lien avec la Chambre d’Agriculture et par des conseils juridiques.

Séverine Couvreur, viticultrice à Rilly la Montagne (Marne) confirme l’intérêt de travailler en groupe au sein du village. Elle préside l’association « Les secrets du petit bonhomme ». « Notre événement accueille 1 000 à 1 500 visiteurs sur deux jours avec une soirée, décrit-elle. 27 viticulteurs du village sont impliqués dans l’organisation, mais également l’association des jeunes, les personnes qui s’occupent du fleurissement ou encore le photo-club. C’est un investissement collectif, qui crée du lien au sein de notre commune. Et cela donne en vie de développer l’offre, de créer des gîtes, etc ».

Elargir l'offre

Frédéric Nau, co-fondateur de la Bulle Verte en Gironde, est également confiant dans le potentiel oenotouristique français, sous réserve de se structurer et de se former. Cet entrepreneur propose des éco-stations touristiques « clef en main » dans les vignobles et rappelle l’intérêt de parler de la viticulture au sens large et pas uniquement des vins. « Dans le cadre de mon activité à l’agence touristique Millésime Privé, j’en avais assez de voir uniquement des chais, des cuves et de déguster des vins, témoigne-t-il. J’avais envie de voir l’amont, les vignes, les paysages et d’en savoir plus sur l’histoire familiale du domaine. Avoir une vision plus large de ce qu’un domaine viticole peut offrir aux visiteurs permet de capter un public nouveau, qui finira peut-être par acheter du vin ».

Le besoin de formation a été évoqué plusieurs fois lors de cette table-ronde. « L’oenotourisme, c’est un vrai métier, estime Nathalie Delattre. Il faut être très pro, savoir parler plusieurs langues, etc. En viticulture, nous avons des maîtres de chai. Il nous faudra bientôt avoir des responsables oenotouristiques ». Frédéric Nau aimerait faire bouger les lignes pour résoudre le problème culturel du service en France et appelle à une meilleure cohésion entre les acteurs publics et privés. Enthousiaste, il ajoute : « On a tout à faire ! Nous ne sommes qu’au début de l’aventure oenotouristique en France ! »

 

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