LE FIL

Après les incendies

"Des aides sont nécessaires pour réaménager des vignes coupe-feu"

Mardi 03 août 2021 par Christelle Stef

Lors du dernier incendie qui a eu lieu dans l'Aude les vignes ont bien joué leur rôle de coupe-feu.
Lors du dernier incendie qui a eu lieu dans l'Aude les vignes ont bien joué leur rôle de coupe-feu. - crédit photo : Chateau La Baronne
Lors des derniers incendies dans l’Aude, les vignes ont clairement joué le rôle de coupe-feu. Philippe Vergnes, le président de la chambre d’agriculture insiste sur la nécessité d’avoir des aides pour installer des vignerons, soutenir ceux en place et favoriser le pastoralisme dans les zones de massifs et de piémont.

« La vigne, c’est le meilleur canadair qui existe » insiste Philippe Vergnes, le président de la Chambre d’Agriculture de l’Aude. Que ce soit lors de l’incendie dans le massif de la Clape tout début juillet qui a dévasté 300 ha de végétation ou celui des 24 et 25 juillet dans les Corbières qui a brûlé entre 850 et 900 ha, les vignes ont clairement joué leur rôle de coupe-feu. « Le feu ne traverse pas la parcelle » indique Philippe Vergnes. Mais il brûle les premiers rangs. Et les raisins des vignes touchées ne pourront pas être vendangés à cause des retardants de flamme qui ont été largués par les pompiers pour lutter contre ces incendies. Selon la chambre d’agriculture, une soixantaine d'hectares et une trentaine d'agriculteurs (la majorité sont des viticulteurs, deux sont des éleveurs) ont été impactés lors du dernier incendie dans l’Aude qui a touché les communes de Fabrezan, Fontcouverte et Moux les 24 et 25 juillet. "Une dizaine d'hectare ont été échaudés à plus de 70 %. Le reste a subi un échaudage dans une proportion moindre ou ont été aspergé par du retardant. L'impact est marqué le long des fossé et sur les bords de vigne. Les deux éleveurs concernés ont perdu leurs pâturages et leurs clôtures", précise la chambre.

Les vignes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les incendies. « Il faut reprendre et réaménager les coupures vertes et remettre de la vigne dans le Piémont et les Massifs pour cloisonner les feux lorsqu’ils se déclenchent. Il faut également favoriser le pastoralisme pour que les troupeaux entretiennent les massifs et les sous-bois » souligne Philippe Vergnes. Selon lui cela doit passer par des aides à l’hectare massives pour soutenir les vignerons en place, pour en installer de nouveaux ainsi qu’une prise en charge des dégâts lorsque les vignes sont impactées. Selon lui il faut également affecter des fonds pour aider le pastoralisme. « Il faut une volonté forte des pouvoirs publics pour lutter contre ces incendies. Je vais me rapprocher des parlementaires, des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie afin de voir ce qui pourrait être mis en place » appuie-t-il.

Il y a urgence !

Car pour lui il y a urgence. « Si l’on ne fait rien, on se dirige vers des incendies gigantesques où il y aura des morts parmi les pompiers et les habitants. Le dernier feu a mobilisé 900 pompiers et a coûté 4 à 5000 euros par hectare, soit au total 4,5 millions d’euros pour les 900 ha touchés. Derrière c’est une catastrophe écologique et économique pour les agriculteurs, pour le tourisme… Demain, si on ne fait rien, ce n’est pas 900 ha mais 9 000 voire 90 000 qui vont être impactés. Le feu va traverser nos villes, nos villages. Il suffit de voir ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Australie. Tout l’arc méditerranéen est concerné. On ne peut pas rester inactif ». A bon entendeur…

 

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