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Adaptation

Comment le changement climatique change le métier de pépiniériste viticole

Jeudi 01 juillet 2021 par Marion Bazireau

La douceur des hivers, le départ de la vigne dès février et la sécheresse des étés compliquent la sélection végétale.
La douceur des hivers, le départ de la vigne dès février et la sécheresse des étés compliquent la sélection végétale. - crédit photo : Pépinières Guillaume
Tout comme les viticulteurs, les pépiniéristes doivent s’adapter à la nouvelle donne météorologique. Le conseil prend une place de plus en plus importante dans leur métier. Leur façon de produire des plants de vigne a aussi évolué.

En conclusion de la deuxième journée du salon virtuel dédié à l’adaptation du vignoble au changement climatique, le pépiniériste bourguignon François Guillaume témoigne de l’évolution de son métier.

« Il y a 40 ans, chaque village avait sa pépinière, auprès de laquelle les viticulteurs venaient récupérer leurs plants de vigne sans trop se poser de questions, ni sur le porte-greffe ni sur le clone » rappelle-t-il.

Ce temps est révolu. « Nous sommes devenus de vrais conseillers techniques ». Pour faire face au changement climatique, aller chercher de l’eau plus profond, retarder le débourrement ou perdre un degré d’alcool, les vignerons veulent tenter de nouvelles associations.

"Quels vins dans 15 ans ?"

« Nous savons les avertir des risques à planter tel ou tel porte-greffe dans tel sol. Nous faisons de nombreux essais et microvinifications pour tenter de découvrir quels profils de vins ils obtiendront » détaille François Guillaume.

Mais le pépiniériste ne peut souvent que faire des suppositions, pour l’heure. « Je me doute qu’un porte-greffe plus vigoureux a des chances de donner des vins moins alcoolisés, mais le sucre et l’acidité ne font pas tout ».

Ces dernières années ont aussi bouleversé l’organisation du métier. « Mon père faisait pousser des portes-greffes dans le Sud. Il se fournissait même Afrique du Nord ». C’est terminé. Les températures ont augmenté et l’opération est désormais directement réalisée en Bourgogne-Franche-Comté.

Plus de pression

La douceur des hivers, le départ de la vigne dès février et la sécheresse des étés compliquent la sélection végétale. « Nous testons désormais nos bois pour nous assurer qu’ils ont pu faire assez de réserves ». Malgré cela, les pépinières Guillaume produisent toujours deux fois plus de plants que le nombre commandé pour être sûr de disposer d’assez de plants de qualité après le triage final.

Les pépiniéristes subissent en outre plus de pression de la part de leurs clients. « Ils veulent souvent faire des repiquages juste après les vendanges pour profiter de la pluie. Malheureusement, nous ne pouvons pas arracher tous nos plants à l’automne » regrette François Guillaume.

Sans compter les évènements climatiques. « Les risques d'épisodes de gel et d’inondation augmentent, mettant en péril notre production ».

 

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