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Confinement à Bruxelles
Les vignobles européens espèrent toujours la visite de la Commission

Pour débloquer les demandes de soutiens financiers, l'AREV souhaite une visite de l'administration bruxelloise permettant de montrer la détresse vécue sur le terrain après la crise covid, le gel, les taxes américaines...
Par Alexandre Abellan Le 22 juin 2021
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Les vignobles européens espèrent toujours la visite de la Commission
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ancée aux représentants de la Commission européenne lors d’une visioconférence ce 3 mai, l’invitation à venir visiter le vignoble de l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV) reste en suspens. « Nous avons reçu une invitation pour visiter certains vignobles, mais dû aux restrictions liées à la crise sanitaire nous avons dû décliner » indique la Commission européenne à Vitisphere. Il ne s’agit pas d’une fin de non-recevoir pour l’AREV, dont le président, Emiliano García-Page Sánchez, indique que « la bonne nouvelle est qu'ils n'ont pas décliné l'invitation. La Commission nous a indiqué qu'en raison des restrictions globales, ils ne peuvent faire que des voyages essentiels pour le moment, mais sont ouverts à une visite dès que cela sera légalement possible. Cette première réponse est encourageante et nous espérons que la Commission nous rendra visite prochainement. »

Alors que Bruxelles n’a pas débloqué de nouveaux fonds pour soutenir la filière vin, cette visite de terrain serait l’occasion de montrer la réalité de la filière. « Pour sensibiliser la Commission, nous pensons qu'une bonne idée serait de visiter les endroits touchés par le gel, par les effets de la pandémie et par les conséquences des barrières commerciales des droits de douane que les États-Unis ont appliqué au vin, afin qu'ils puissent voir la situation réelle de première main, sur le terrain, en dehors de leurs bureaux » résume Emiliano García-Page Sánchez.

Réalité de nos campagnes

Cette invitation est soutenue par des parlementaires européens, comme l’eurodéputée Irène Tolleret. « Je me réjouis de l’initiative de l’AREV d’inviter des responsables de la Commission européenne à visiter des régions viticoles françaises et espagnoles » souligne l’élue languedocienne, pour qui « approcher les institutions européennes de la réalité de nos campagnes contribuera, j’en suis certaine, à une connaissance plus approfondie de la situation du secteur, qui vit la pire crise de ces dernières décennies. »

Surtout qu’en matière d’aides financières, « avant que la Commission n'active des mesures de soutien sectoriel, nous avons besoin de plus d'informations sur les dommages causés par le gel cette année dans les secteurs du vin et des fruits et légumes » indiquait Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, lors du conseil européen des 26 et 27 mai derniers, qui invitait les États membres à avoir recours à des aides nationales et à adapter les programmes sectoriels en place « pour compenser les dommages causés par des événements climatiques défavorables ».

Budget extraordinaire

« Cette réponse ne répond pas aux attentes politiques et professionnelles des régions viticoles européennes concernées, non seulement en termes économiques mais aussi en termes d'empathie avec la situation vécue par les viticulteurs » réplique Emiliano García-Page Sánchez, pour qui « une fois de plus, la viticulture paie un prix très élevé et ce que nous avons demandé à la Commission européenne, c'est que les situations exceptionnelles nécessitent des mesures exceptionnelles, en l'occurrence par le biais d'un budget extraordinaire, supplémentaire à celui existant, pour atténuer partiellement les effets de ces tristes événements qui ont mis le secteur dans une situation délicate. »

 


 

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