LE FIL

Le vignoble en campagne

Didier Pettermann : "accompagner tout le monde en s’adaptant aux réalités du terrain"

Mercredi 26 mai 2021 par Christophe Reibel

Didier Pettermann, sur son domaine. Ses responsabilités, notamment la présidence du Civa, l’accaparent trois jours par semaine.
Didier Pettermann, sur son domaine. Ses responsabilités, notamment la présidence du Civa, l’accaparent trois jours par semaine. - crédit photo : Christophe Rebeil
La filière vin s’implique dans la campagne des prochaines élections régionales (20 et 27 juin 2021). Exemple avec Didier Pettermann, président de l’interprofession viticole alsacienne, qui figure en deuxième position sur la liste LREM dans le Grand Est (soit Alsace, Ardenne, Champagne et Lorraine).

Didier Pettermann aime les feuilles de route. Les concevoir et encore plus les faire aboutir. Cette manière de procéder est sa marque de fabrique depuis le début de sa carrière. Il la mène en acceptant des défis de plus en plus ambitieux. Il relève le premier en 2004 en reprenant l’exploitation familiale de 8 hectares pour 50 000 bouteilles vendues. Il la développe, y adjoint un négoce acheteur de raisins et de vrac. Les deux structures pèsent aujourd’hui 500 000 bouteilles. Il enchaîne avec la présidence du syndicat viticole de Dambach-la-Ville, sa commune, en 2007, puis en en 2011 celle de la sous-région de Barr à l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava).

Il s’investit en 2012comme administrateur de la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin AOC (CNAOC), et dans la foulée à l’Assemblée Européenne des Régions Viticoles (AREV) et au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. En 2015, il intègre le Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace (Civa). Il le préside sans interruption depuis 2016, une première. A 40 ans, l’homme en avoue déjà vingt de « travail collectif ». Il fait consensus. Toutes ces responsabilités lui procurent une « ouverture d’esprit ». « A force d’aborder tous les sujets, je suis devenu un couteau suisse ! » s’amuse-t-il avant de reprendre plus sérieusement : « un système doit s’adapter à tout le monde en proposant des solutions à chaque situation et ne pas juste être un cadre ».

Pas d’interdits

Le projet que lui présente Brigitte Klinkert, ministre déléguée chargée de l’insertion et tête de liste La République En Marche (LREM) dans le Grand Est, reprend la même méthode. « La Région ne doit pas fonctionner de façon descendante, mais ascendante. Elle doit s’inspirer de la demande des territoires. Chacun doit y trouver son compte, que l’on parle d’emploi, de gestion, de formation, de ruralité, de handicap… Cette manière de voir les choses est plus importante pour moi que l’étiquette politique » glisse Didier Pettermann. Si elle est élue, la nouvelle équipe ne s’interdit rien. Elle est prête « à financer des plateformes ou l’e-commerce », à accepter « toute bonne idée quel que soit le camp d’où elle vient », donner plus de pouvoirs au département. Sa première priorité sera économique. Elle veut ficeler dès l’automne un plan de relance. Un guichet unique permettra aux entreprises y compris celles qui ont perdu moins de 50 % de chiffre d’affaires, de solliciter des « aides mensuelles directes ».

En rythme de croisière, l’action de la Région « doit s’adapter à la taille et aux besoins de chaque entreprise » répète Didier Pettermann. Le développement durable sera un autre fil rouge. La transition écologique notamment agricole et viticole, continuera d’être soutenue, les énergies renouvelables encouragées et la question du recyclage sera posée. « Le Grand Est doit devenir leader de l’économie verte » insiste Didier Pettermann. Il se penchera également sur la reprise des exploitations agricoles et viticoles alors que la pyramide des âges pose avec acuité la question de la succession. En matière de tourisme, « la destination Grand Est ne parle pas au grand public ». Il s’agira donc de « recapitaliser sur les noms des territoires que sont la Champagne, la Lorraine et l’Alsace ».

Un nouveau président au Civa

S’il est élu, Didier Pettermann entend se consacrer pleinement à son mandat, qu’il soit dans la majorité ou dans l’opposition. « Je n’ai jamais agi autrement. Une fois en responsabilité, il faut se consacrer à ce pour quoi l’on s’est engagé et rendre des comptes » dit-il. Par ricochet, l’assemblée générale du Civa prévue le 9 juillet prochain aura à élire un nouveau président. Il ne partira pas de rien. Didier Pettermann lui laisse la feuille de route qu’il a dressée à l’interprofession pour la période 2021-2024 !

 

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