Accueil / Viticulture / Un bureau d'étude conclut que le cuivre n’est toxique qu’à partir de 40 kg/ha/an
Un bureau d'étude conclut que le cuivre n’est toxique qu’à partir de 40 kg/ha/an
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Vie des sols
Un bureau d'étude conclut que le cuivre n’est toxique qu’à partir de 40 kg/ha/an

Novasol experts a passé en revue toute la littérature scientifique liée au cuivre. Il conclut que la molécule ne nuit à la biodiversité des sols qu’à partir de 40 kg/ha/an, 10 fois la dose réglementaire, au bout de 3 ans, avec un impact variable selon les espèces. Il pointe aussi le manque d'essais sur site.
Par Marion Bazireau Le 04 février 2021
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Un bureau d'étude conclut que le cuivre n’est toxique qu’à partir de 40 kg/ha/an
La littérature scientifique montre une chute de 15% des populations de vers de terre à 200 kg/ha/ de cuivre. - crédit photo : Domaine Masson-Blondelet
«

Il est impossible de conclure objectivement à un quelconque impact du cuivre sur la vie des sols pour une dose de 4 kg de cuivre /ha/an » assure Battle Karimi, directrice scientifique de Novasol experts.

A la demande d’une vingtaine de domaines viticoles* soucieux de connaître leur impact environnemental et inquiets de voir l’utilisation du cuivre interdite par la Commission européenne en 2025, ce bureau d’étude dijonnais, spécialisé dans la qualité des sols, a passé en revue toute la littérature scientifique liée à la question du cuivre.

Sa synthèse a été validée par l’Inrae. Elle porte sur 19 essais récents, dont 4 concernent exclusivement la viticulture. « Les autres articles font état des conséquences du cuivre en grandes cultures, vergers, prairies, et jachères. 14 répondent à la question de l’effet dose sur la biodiversité des sols, 4 à celle de l’effet teneur en cuivre accumulé dans le sol sur la biodiversité, et 1 traite les deux questions » décrit Battle Karimi.

2,8 à 20 000 kg de cuivre

Les chercheurs ont mis en œuvre des doses allant de 2,8 à 20 000 kg/ha, en appliquant souvent le cuivre en une seule fois. « Ils ont mesuré les conséquences d’une exposition aigüe, alors que les viticulteurs exposent les sols de manière chronique, en utilisant de petites doses échelonnées sur l’ensemble de la saison. Une exposition chronique offre une plus de chances aux microorganismes de s’adapter » précise la directrice scientifique.

Cette dose unique n’a impacté la qualité biologique des sols qu’à partir de 200 kg/ha, « soit 50 fois la dose limite fixée par l’Europe en 2019 » rappelle Battle Karimi.

Les nématodes résistent très bien

A cette dose, les populations de vers de terre ont chuté de 15%. A 400 kg, le cuivre a impacté la respiration des microorganismes et divisé par deux les capacités de reproduction des collemboles. « En revanche, les nématodes semblent très bien résister au cuivre, jusqu’à au moins 3200 kg/ha/an » indique Battle Karimi.

Manque d'essais in situ

Cette revue de littérature a mis en évidence un manque de données sur certains organismes, tels que les arthropodes, et la rareté des expérimentations in situ, pourtant indispensables pour mesurer le risque réel. « A ce titre, l’étude menée par O. Klein (2003-2013) est la plus pertinente mais elle nécessite d’être reproduite sur d’autres types de sol et en contexte viticole. Les données disponibles suggèrent un risque pour la biodiversité du sol, avec un impact sur les vers de terre à partir de 40 kgCu/ha après 3 ans d’application (soient après 120 kg/ha) ».

 

*Domaine de Villaine, Champagne Fleury, Domaine de la Romanée Conti, Domaine des Comtes Lafon, Domaine Leflaive, Domaine Jean Louis Trapet, Domaine Thibault Liger BelAir, Château Palmer, Château La Lagune, Domaine Dujac, Domaine Michel Lafarge, Domaine de la Coulée de Serrant, Domaine Marquis d’Angerville, Champagne Ruppert Leroy, Château Pédesclaux, Association des Champagnes biologiques, Clos de Tart, Grands Vignobles en Méditerranée, et Château Latour.

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (9)
Thallia Le 26 avril 2022 à 17:31:03
Ça, c'est juste le discours de la secte bio pour ses adeptes, totalement dénué ne serait-ce que d'une once de vérité scientifique. Votre étude a pour but évident de réhabiliter le cuivre, vu que la fable "c'est bio, donc c'est bien" prend de plus en plus du plomb dans l'aile... Alléluia, elle a retrouvé une toxicité du cuivre à partir de 200 kg/ha, « soit 50 fois la dose limite fixée par l?Europe en 2019 »... Sauf que, cette étude a été conduite sur "sols vierges", à savoir non traités précédemment par du cuivre. Or, et c'est bien là le problème, le cuivre s'accumule dans les sols pour des décennies. Ce qui signifie que chaque dose annuelle s'accumule à la précédente, ce qui n'a absolument pas été pris en compte dans l'étude. Donc, nous voici avec une superbe étude totalement biaisée, qui ne fait que renforcer la croyance dans la croyance de la non nocivité ducuivre, et qui va nous amener directement a la catastrophe....oui, mais bio! Alors, tout va bien... Et ceci n'est exemple!
Signaler ce contenu comme inapproprié
ocrespy Le 04 mars 2021 à 12:39:32
"Cette dose unique n’a impacté la qualité biologique des sols qu’à partir de 200 kg/ha" ou 50 ans d'un usage à 4kg/ha ou 10 ans d'un usage à 20kg/ha ou 5 ans d'un usage à 40kg/ha (comme préconisé par le titre de l'article) ça, c'est durable, écophyto, agro-écologique et HVE, bien joué les gars. Quand on pense qu'on a utilisé des doses de l'ordre de 10 à 50kg/ha par an (et parfois beaucoup plus) depuis plus de cent ans dans certains vignobles. Faites le calcul... Je viens de lire le résumé qu'ils mettent en ligne. Je ne sais pas quoi dire : ils omettent sciemment ou c'est un oubli du stagiaire ? LE CUIVRE SE STOCKE DANS LES SOLS. Il est où le pédologue ?
Signaler ce contenu comme inapproprié
Rol Le 03 mars 2021 à 09:52:33
A l'achat de ma propriété il y a plus de 25 ans, j'avais une parcelle de 2 ha avec de très faibles rendements d'où analyse des sols qui conclue avec humour qu'il y a tellement de cuivre qu'aucune vie n'est possible et qu'il serait plus rentable d'arracher et de récupérer le cuivre pour le vendre sur marché des métaux. C'est une expérience vécue à une époque où personne ne s'occupait du cuivre.
Signaler ce contenu comme inapproprié
MG Le 16 février 2021 à 14:18:12
Étrange que dans la bibliographie on ne trouve pas l'étude de Cluzeau daniel de l'universite de Rennes 1 EcoBio. Quand on lit cela "Les chercheurs ont mis en œuvre des doses allant de 2,8 à 20 000 kg/ha, en appliquant souvent le cuivre en une seule fois. « Ils ont mesuré les conséquences d’une exposition aigüe, alors que les viticulteurs exposent les sols de manière chronique, en utilisant de petites doses échelonnées sur l’ensemble de la saison. Une exposition chronique offre une plus de chances aux microorganismes de s’adapter » précise la directrice scientifique." : je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer. Quand au commentaire de Reg : vous avez une érosion annuelle de 3 à 5 cm de la couche arable dans vos parcelles. Bravo !
Signaler ce contenu comme inapproprié
julos Le 15 février 2021 à 13:11:21
une partie de la conclusion de l'étude: " En outre, cette méta-analyse met également en évidence que le cuivre accumulé dans le sol est délétère à partir de 200 kgCu/ha. De nombreux sols viticoles européens sont caractérisés par des teneurs en cuivre similaires ou plus élevés et devraient être étudiés pour évaluer le risque localement dû à l’utilisation historique du cuivre. " A la lecture de l'étude je ne fais pas du tout les mêmes conclusions que l'article, si l'on considère que cela fait 150 ans que l'on met du cuivre dans les sols viticole de façon chronique à des doses autrefois bien plus élevées que 4 kg/ha/an, que c'est un métal lourd dont les exportations se limitent aux raisins et leurs résidus de cuivre. Quand bien même à 4kg/ha/an il faut 50 ans pour atteindre une dose délétère de 200kg cumulée, au vu des milliers d'années nécessaires à la formation des sols est-ce acceptable? Cet article manipule ses lecteurs en minorant l'effet du cuivre sur les sols et cherche à déculpabiliser le bio en osant dire que 40 kg/ha/an de cuivre est inoffensif. L'accumulation du cuivre dans les sols viticoles n'est pas un sujet réservé aux guerres de clochers entre bio et conventionnels l'ensemble des sols viticoles est concerné, le minimiser est pour le moins malhonnête. Plus globalement c'est la capacité à nourrir les générations futures qui se joue dans la destruction des sols quelque soit le contaminant, sans parler du scandale de l'extraction du cuivre. Nos responsables seraient bien avisés s'ils prenaient un peu leurs responsabilités et s'ils évitaient d'éteindre la lumière en sortant.(si je parle des responsables c'est parce que cet article et cette étude à pour but "d'informer" des décideurs et des influenceurs dans leurs arbitrages futurs).
Signaler ce contenu comme inapproprié
Reg Le 04 février 2021 à 21:26:19
J'ai fait faire plusieurs fois des analyses de cuivre dans les vignes, mais je n'en ai jamais trouvé ! C'est pourtant traité au cuivre tous les ans. Cette rumeur sur les excès de cuivre est vraiment tenace et infondée !
Signaler ce contenu comme inapproprié
Lolo411 Le 04 février 2021 à 19:58:28
Encore des chercheurs qui recherchent sur du papier... Pour ma part avec des annalyses de sol contenant des doses excessives de cuivre nous ont permis de comprendre pourquoi nous n'avions plus de vers de terre dans notre parcelle...
Signaler ce contenu comme inapproprié
La r?daction Le 04 février 2021 à 14:16:57
Bonjour, Vous pouvez retrouver le rapport complet et l'article scientifique sur le site du bureau d'étude: https://novasol-experts.com/synthese-ecotoxicite-cuivre-sols-viticoles/
Signaler ce contenu comme inapproprié
Thib Le 04 février 2021 à 14:11:24
Bonjour. Où se trouve cette étude svp?
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé