LE FIL

Halte au Bordeaux Bashing

Pierre Jean Larraqué : "Bordeaux tourmenté, Bordeaux repensé, mais Bordeaux mort ? JAMAIS !"

Vendredi 22 janvier 2021 par Pierre Jean Larraqué

Pierre Jean Larraqué : 'A Bordeaux tout n’est pas noir et l’amalgame que fait Mr B.Magrez me semble injuste'
Pierre Jean Larraqué : 'A Bordeaux tout n’est pas noir et l’amalgame que fait Mr B.Magrez me semble injuste' - crédit photo : Anaka
Pierre Jean Larraqué réagit à l’opinion de Bernard Magrez sur les vins de Bordeaux paru cette semaine sur Vitisphere. Tribune pour défendre les entreprises qui croient à un avenir de l’appellation.

Au début de ma carrière, j’ai eu la chance de travailler aux côtés de B.Magrez, J’ai un immense respect pour lui, mais il m’est impossible de ne pas réagir à l’article paru dans Vitisphere et relayé sur Linkedin.

Je comprends naturellement qu’un patron d’entreprise prenne des décisions stratégiques pour son groupe telles les diversifications vers le monde des spiritueux ou celui de la bière.

Cette vision purement personnelle n’est pas contestable à ce niveau d’information.

Je regrette certains passages de cet article qui tirent « gratuitement » à boulet rouge sur les vins de Bordeaux, ainsi que sur des milliers de vignerons et des centaines de négociants.

Bordeaux quoiqu’en dise B. Magrez reste et restera la plus belle marque de vins dans le monde.

Il était une fois Bordeaux….

Pour rappel, les ventes de vins de Bordeaux dans le monde représentent 553 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 3,90 Milliards d’euros.

Pour 5660 viticulteurs

110.800 hectares

65% du vignoble est certifié par une démarche environnementale.

Bordeaux est en 1ere position en volume et en valeur dans les ventes de vins biologiques.

300 maisons de négoces.

29 caves coopératives

77 courtiers

La filière vitivinicole c’est 60.000 emplois.

Un accompagnement sur mesure par le CIVB pour les entreprises pour la mise en place de stratégies RSE ET SME.

Des travaux sont en cours pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre avec le plan climat 2020.

La réduction des pesticides est également un axe fort de préoccupation.

Un budget de communication de 23,6 Millions d’euros.

Bernard Magrez parle d’un manque de dynamisme, ce qui précède, prouve en grande partie le contraire.

Il nous dit que les gens sont usés, qu’ils n’ont plus envie et qu’ils vivent sur le passé : de qui parle t’il ?

De nombreux vignerons moins connus que lui, n’ont également aucun problème pour commercialiser chaque année leur récolte et des négociants dynamiques il y en a encore.

Personnellement, j’ai lancé la marque Haussmann il y a une dizaine d’années. Je puis vous assurer que le succès rencontré sur la marque a largement était favorisé par l’identité de l’AOP Bordeaux.

A Bordeaux tout n’est pas noir et l’amalgame que fait Mr B.Magrez me semble injuste.

Certes les vins de Bordeaux traversent une période sensible

Mais qui dans son existence, n’a pas connu de moments difficiles ? (Me viennent à l’esprit, le Cognac, le Champagne avant de rebondir et d’avoir le succès que nous connaissons tous.) 

C’est dans la difficulté que l’on puise l’énergie et que l’on trouve les ressources nécessaires pour construire les victoires de demain mais aussi dans la solidarité.

 Mr Magrez est un grand patron, il ne doit pas être aussi catégorique sur ce sujet :

Bordeaux est loin d’être mort comme il le souligne.

Bordeaux, vivra longtemps après nous !

Fort de son histoire, forts de ses vignerons, forts de ses engagements Bordeaux projettera son avenir.

Mr Magrez ne peut pas ignorer tout le travail de construction qui est en cours.

 De nombreuses personnes dans notre filière mouillent la chemise et se remettent en cause et croient résolument en leur avenir.

Pour moi cela ne vaut qu’un mot : RESPECT.

Je souhaite à Mr Magrez un vif succès dans ces nouvelles orientations et j’espère très sincèrement que lui et ses équipes continueront à soutenir les vins de Bordeaux.

 

 

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FAVIER Yvan Le 23 janvier 2021 à 16:13:47
Ayant suivi la formation de S.C.C. ( Sommelier-Conseil, Caviste) à l'Université du vin de Suze-La-Rousse en 2019 et plaçant " Bordeaux " sur un piédestal depuis toujours, étant un fervent supporteur de cette grande région viticole française, j'ai été choqué par B. Magrez dans le dernier numéro de " Vitisphère ". Je crois que ce dernier crache vraiment dans la soupe car ces même vins de Bordeaux l'ont rendu immensément riche ( il faudrait tout de même que Mr Magrez se souvienne qu'il restera dans l'inconscient collectif l'homme aux 40 châteaux ), puisse-t-il ne jamais l'oublié ! Non, je m'insurge contre ce funeste éloge à l'endroit du vin le plus connu au monde; le triste constat de Mr Magrez me dérange beaucoup même si, il faut tout de même le dire, les vins de Bordeaux n'ont guère le vent en poupe depuis quelques années. Ceci étant dit, la plus grande région viticole française saura rebondir et renaître de ses cendres, je le sais avec certitude. Ainsi, si le traître girondin préfère la bière aujourd'hui, qu'il ne dégoûte pas les autres du Vin avec un grand V. Au fait Mr Magrez, comptez-vous brader vos trois superbes châteaux que sont " La Tour Carnet ", " Pape Clément " ou encore " Fombrauge " ? Laissez-moi encore vous féliciter pour votre analyse erronée et surtout pour le lynchage en place publique de ce qui a fait votre fortune naguère, une fois de plus, un grand bravo !
cquoi Le 22 janvier 2021 à 17:01:50
Vous avez raison Mr Larraqué, néanmoins avec tout le respect de je porte à l'homme, Mr Magrez n'à jamais été viticulteur, c'est un homme d'affaire qui cherche de la rentabilité; Pour preuve son revirement sur la biere, vodka et autre...qui ont des marges très importantes. Quand au discours que les vins de bordeaux n'évoluent pas me laisse dubitatif, car en effet, les vins de la gamme de Bernard Magrez se ressemblent tous, sans exception....
craoux Le 22 janvier 2021 à 16:01:09
Bien qu'on le sente estomaqué par les propos de B. Magrez, je trouve que PJ. Larraqué fait preuve d'une rare courtoisie. Chapeau "Monsieur" ! ... Quant à moi, j'ai du mal à souscrire à l'idée que c'est l’identité de l’AOP Bordeaux (laquelle d'ailleurs?) qui a assuré le succès rencontré par sa marque Haussmann Famille. La gamme est calibrée pour la GMS (créneau "standardisation qualitative") et est déclinée aussi bien en Bordeaux qu'en IGP Oc. Pour le chaland, le repère "qualité" (expérience acquise) repose volontairement sur le nom de la marque. Donc, quid du repère "identité bordeaux" ? - d'ailleurs, sur l'étiquette, le nom de l'AOP ou IGP n'est pas forcément mis en avant outrageusement !
JAGU Le 22 janvier 2021 à 14:22:02
Merci bien, excellent résumé. Bordeaux reste et restera une référence, désolé pour les esprits chagrins...
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