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Pour assainir le marché
Les filières espagnole et italienne demandent des aides supplémentaires

Chute des prix, stocks de plus en plus pesants et baisse de la demande mondiale... Ce sont autant de motivations qui poussent les secteurs vitivinicoles espagnol et italien à demander une nouvelle intervention des Etats pour tenter de réguler le marché et se montrer offensifs sur le plan promotionnel.
Par Sharon Nagel Le 22 janvier 2021
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Les filières espagnole et italienne demandent des aides supplémentaires
Les coopératives de Castilla-La Mancha estiment la vendange en vert « peu pratique et inefficace lorsqu’il s’agit de corriger des excédents déjà générés ». - crédit photo : DO La Mancha
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Une distillation de crise de 6 Mhl demandée en Espagne

ne baisse de quelque 15% du prix moyen du vin espagnol en fin d’année dernière (38,77 €/hectolitre) ainsi qu’une production de vins et moûts pour 2020 estimée à 46 millions d’hectolitres : les conditions sont désormais réunies pour que les coopératives de Castilla-La Mancha tirent la sonnette d’alarme. Mardi, la commission sectorielle des coopératives agroalimentaires de la région a décidé de demander au ministre espagnol de l’Agriculture de mettre en œuvre des mesures de régulation du marché. Elles demandent notamment qu’un volume global de 6 Mhl soit alloué à la distillation de crise, répartis entre 1 Mhl pour les vins à DO, 1 Mhl pour les IGP et 4 Mhl pour les autres vins. La mesure, qui doit intervenir plus rapidement que l’an dernier estiment-elles, serait financée à travers le Programme de soutien au secteur vitivinicole, abondé par un budget extraordinaire de l’UE et/ou de fonds nationaux, précise l’organisation dans un communiqué. Et celle-ci de demander, en outre, à ce que le prix de la distillation soit fixé en euros/degré-hectolitre et non en euros/litre comme lors de la dernière campagne, pour éviter tout désavantage compétitif entre des vins ayant des titres alcoométriques différents. Les coopératives de Castilla-La Mancha estiment que seule la distillation de crise permettrait d’alléger le poids des stocks qui, au 30 septembre 2020 avaient atteint 62,8 Mhl d’après l’Infovi (dont 55,5 Mhl de vin), soit une hausse de près de 10% par rapport à l’année précédente. Le volume des stocks est tel que l’organisation ne prône pas des mesures d’aide au stockage, tout en jugeant la vendange en vert « peu pratique et inefficace lorsqu’il s’agit de corriger des excédents déjà générés ». Pourtant, cette mesure serait actuellement envisagée par le ministère de l’Agriculture pour une superficie maximale de 25 hectares par viticulteur. Castilla-La Mancha n’est pas la seule région impactée par la crise, bien évidemment. Dans la région de Valence, l’association des jeunes agriculteurs demandent aux pouvoirs publics de « mettre en œuvre des mesures extraordinaires à la fois pour redynamiser le marché et pour garantir la survie financière des exploitations à court et moyen terme », tout en accélérant le paiement des aides qui a « plusieurs mois de retard ».

 

La promotion en ligne de mire en Italie

En Italie, c’est plutôt l’augmentation du plafond des aides de l’OCM à la promotion dans les pays tiers qui est demandée. Dans une lettre adressée la semaine dernière à la ministre de l’Agriculture, les grands organismes professionnels – dont l’Unione Italiana Vini, Federdoc, Federvini et Assoenologi – ont demandé à ce que le budget pour la campagne 2020/2021 soit rallongé : « Le fait que les projets de promotion de l'OCM présentés sur le fonds national pour la campagne 2020/2021 prévoient des investissements d'environ 70 millions d'euros est un signe tangible de la volonté des entreprises vinicoles italiennes d'investir à l'étranger », a insisté l’UIV. « Ce chiffre nécessite un engagement public de 35 millions d'euros, soit environ 10 millions de plus que les 25 millions alloués par le décret du 30 septembre 2020… Des situations similaires ont été constatées dans certaines régions pour les projets soumis au titre des fonds régionaux respectifs ». Le secteur italien, tout en étant exempté des mesures de rétorsion imposées sur certaines importations de vins aux Etats-Unis, a néanmoins dû faire face à l’impact de la fermeture du circuit CHR et de la baisse de son activité oenotouristique. A telle enseigne que selon des chiffres publiés par l’UIV, au 31 décembre 2020, les stocks s’élevaient à 60,9 millions d'hectolitres de vin, 8,3 millions d'hectolitres de moût et 2,8 millions d'hectolitres de vin nouveau encore en fermentation, soit une augmentation de 22,5 % par rapport au 30 novembre dernier (11 195 934 hl de plus) et de 4,4 % par rapport au 31 décembre 2019 (2 576 728 hl de plus). Un quart des stocks de vins italiens se trouve dans la région de la Vénétie.

 

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