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Les opérateurs suédois s’attaquent au packaging et au transport
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Dans le prolongement du bio
Les opérateurs suédois s’attaquent au packaging et au transport

Même si l’édition 2021 de Millésime Bio sera 100% digital, le salon restera l’occasion de faire le point sur l’orientation du marché mondial des vins biologiques. A ce titre, la Suède est un modèle, mais elle illustre également à quel point les exigences environnementales vont au-delà de la seule culture biologique.
Par Sharon Nagel Le 15 janvier 2021
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Les opérateurs suédois s’attaquent au packaging et au transport
Le monopole d’Etat suédois Systembolaget joue un rôle moteur dans l’orientation du marché et il met l’accent désormais sur les enjeux climatiques à travers le transport et le packaging - crédit photo : Systembolaget
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auline Wærn dirige le Sigva Beverage Group, l’un des importateurs suédois les plus anciens et les plus importants. Si elle estime que le marché des vins biologiques dans ce pays pionnier va continuer à progresser – et dépasser son seuil actuel d’environ 20% du marché global – son regard porte déjà sur les enjeux de « l’après-bio ». « La clé réside dans les appels d’offre du monopole », explique-t-elle. « Systembolaget s’est fortement focalisé sur les références bio au cours des dernières années, et il a déjà atteint ses objectifs. La croissance future ne devrait donc pas connaître la même dynamique, même si les Suédois restent très attachés aux produits bios ». Désormais, l’accent au sein du monopole est clairement mis sur le packaging et le transport. De concert avec Systembolaget, le secteur des boissons alcooliques s’est rallié autour de la Climate Initiative pour mesurer son impact sur le climat et planifier les actions futures pour le réduire à néant. Quarante-trois entreprises représentant 80% de la gamme permanente chez Systembolaget ont rejoint cette initiative qui se traduit, entre autres, par des bouteilles allégées et des packagings alternatifs. « Les formats novateurs de bag-in-box, comme les un litre et demi et les deux litres, ainsi que les Tetrapak, les cannettes et les poches apparaissent très clairement dans les demandes du monopole actuellement », explique l’importatrice. « Pouvoir y répondre est un véritable défi, mais il existe des producteurs en Europe qui s’adaptent à ce type de produit ».

 

Comme l’explique Pauline Wærn, les Suédois ont déjà une forte sensibilité écologique. L’une des filiales du groupe propose déjà près de 85% de produits biologiques.     

 

Packagings novateurs et labels éthiques

Le défi est d’autant plus grand, que les consommateurs ne sont pas forcément à l’origine de cette demande. « Inciter les consommateurs habitués au bruit d’une bouteille d’effervescent à privilégier des bulles en cannettes va prendre du temps », reconnaît Pauline Wærn, qui estime qu’il faudra deux ou trois phases de lancement pour implanter ces packagings novateurs sur le marché. Dans le même temps, les importateurs devront se plier aux exigences d’un monopole qui souhaite pérenniser la croissance des bag-in-box non plus en volume mais en valeur, le palier volumique ayant a priori été atteint. « Au moment de leur lancement, les BIB étaient présentés comme des alternatives bon marché, proposant un volume intéressant à un certain type de clientèle. Désormais, on assiste à une premiumisation de la catégorie et Systembolaget demande des vins plus qualitatifs en bag-in-box. La gamme évolue en permanence et les références proposées à l’heure actuelle ne l’étaient pas il y a ne serait-ce que cinq ans en arrière. Le créneau reste donc porteur, mais en valeur ». Enfin, Sigva Beverage Group travaille également sur les labels éthiques, comme Fair for Life, mais aussi avec les vins vegans, des catégories en croissance, mais qui sont encore loin de détrôner les vins biologiques.

 

Plus globalement…

La politique prônée par l’Etat suédois face au Covid-19 a certes épargné davantage le secteur CHR que dans d’autres pays, mais les Suédois ont néanmoins passé plus de temps à la maison en 2020. « Les gens ont cuisiné davantage et se sont fait plaisir avec le vin », note Pauline Wærn. « Ils se montrent plus disposés à améliorer leurs connaissances œnologiques et veulent échanger davantage sur le sujet. Les cours en ligne sont très à la mode. Les consommateurs se déplacent moins et ont plus de temps pour lire des informations sur le vin. C’est ce que nous voyons avec nos newsletters ». La premiumisation a sans doute tiré profit de cette situation, mais elle représente aussi une tendance de fond. « Le positionnement prix 9,9 euros reste très attractif en rouge comme en blanc et génère beaucoup de volumes, mais de plus en plus, on franchit le seuil des 10 euros ». Enfin, en termes d’origines, le retour à des valeurs authentiques favorise largement des pays producteurs comme la France. « Les consommateurs recherchent moins des vins artificiels comme de faux Ripasso avec beaucoup de sucre à des prix très concurrentiels. De notre côté, nous avons toujours privilégié les vins secs avec beaucoup de typicité et de longues traditions et fort heureusement, le marché s’oriente dans ce sens. Dans les magasins du monopole, la France, l’Espagne et la Nouvelle-Zélande se vendent très bien. Il en est de même dans le circuit CHR, avec l’Italie en plus ».

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