Accueil / Gens du vin / "La digitalisation de la filière vin ne doit pas profiter à quelques-uns, mais à tous"

Pau Roca
"La digitalisation de la filière vin ne doit pas profiter à quelques-uns, mais à tous"

Le directeur de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin explique la stratégie, et les enjeux, de donner une nouvelle expertise numérique à l'organisme intergouvernemental.
Par Alexandre Abellan Le 05 janvier 2021
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Annulant les rencontres internationales, la pandémie de covid-19 accélère d'abord les investissements OIV dans des outils informatiques adaptés aux nouvelles pratiques numériques. - crédit photo : OIV/Zoom (avril 2020)
E

n matière de digitalisation de la filière vin, « il y a un chantier énorme » pose Pau Roca, le directeur général de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Si le licencié en biologie de l’université de Barcelone reconnait volontiers ne pas avoir une expertise fine des enjeux de la numérisation du vignoble, il compte aider à la création d’un groupe d’experts dédié au sein de l’organisation intergouvernementale. Créant dans un premier temps un observatoire mondial de la transformation digitale du secteur vitivinicole, l’OIV compte développer d’ici deux à trois ans un groupe de travail dédié, comme pour les sujets plus traditionnels (viticulture, œnologie…).

En attendant, l’OIV dote son observatoire de trois pôles. D’abord d’un lieu d’observation pour suivre les innovations dans le secteur. Ensuite d’un laboratoire pour développer de nouveaux outils numériques pour trouver une utilité aux quantités de données désormais disponibles dans la filière. « Le problème, c’est leur interprétation » résume Pau Roca, soulignant que les données génèrent elles-mêmes des données, les métadonnées.

Que l’ensemble de la filière en profite

L’observatoire est complété par un pôle d’essai : un « digital garage » pour tester des prototypes explique Pau Roca, qui espère permettre à la filière de se faire la main gratuitement pour tester des solutions technologiques et ne pas les laisser dans le domaine commercial de multiples applications payantes. Au-delà de l’innovation technologique, le directeur de l’OIV note un enjeu politique : « la filière vin a un modèle de production très fragmenté, ce qui la rend très adaptable face à la crise actuelle. Il faut préserver ce modèle avec la digitalisation et faire en sorte que l’ensemble de la filière en profite et pas quelques-uns (de gros groupes technologiques notamment). »

Parmi les premiers besoins numériques identifiés par l’OIV, Pau Roca note le potentiel de la blockchain. Actuellement utilisée dans les cryptomonnaies (notamment le bitcoin), cette technologie de stockage d’informations pourrait permettre la traçabilité des vins partagée par tous les maillons de la filière, de la vigne aux marchés. « Mon intuition est que les cahiers des charges peuvent devenir un smart contract » esquisse Pau Roca, bien moins novice qu’il ne le laisse entendre en termes de nouvelles technologies.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé