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2020 dans le rétroviseur
Plus de mancozèbe dans le vignoble

[Article paru ce 26 octobre] N'ayant pas réussi à se mettre d'accord en juillet, les Etat-membres de l'Union européenne ont finalement voté ce 23 octobre le non-renouvellement de l'anti-mildiou, troisième substance active la plus utilisée sur le continent.
Par Marion Bazireau Le 01 janvier 2021
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Plus de mancozèbe dans le vignoble
Le mancozèbe est utilisé dans une trentraine de produits anti-mildiou. Il permet aussi de lutter contre le black-rot. - crédit photo : Marion Bazireau
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a "Task Force Mancozèbe", qui réunit UPL Europe et Indofil Industrie, avait prévenu Vitisphere. Un nouveau vote était prévu au Scopaff (comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux) ces 22 et 23 octobre. Et cette fois, les Etats-membres de l’Union Européenne ont réussi à dégager une majorité qualifiée. Ils ont voté le non-renouvellement du mancozèbe, troisième pesticide le plus utilisé sur le continent après le glyphosate et le prosulfocarbe.

La substance active, qui fait partie des ingrédients de plus de 30 anti-mildiou et permet également de lutter contre le black-rot, sera donc interdite à compter du 31 janvier 2021. Un délai de grâce de 6 mois est toutefois accordé aux vendeurs. Les agriculteurs auront ensuite également six mois pour écouler leurs stocks.

Une victoire

Pour l’eurodéputé socialiste Éric Andrieu, c’est une victoire. « Ce fongicide peut provoquer de graves troubles reproductifs, pour la thyroïde, le système nerveux, les yeux ou la peau des êtres vivants, ce produit aurait déjà dû être hors circuit depuis longtemps » explique-t-il.

Ce vote va aussi dans le sens de l’avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en début d’année. Elle indiquait alors que « le mancozèbe a été considéré comme toxique pour la reproduction de catégorie 1B par l’Agence européenne des produits chimiques, ce qui constitue un critère d’exclusion. »

Pression de la Commission

La "Task Force Mancozèbe" dénonce quant à elle un vote prématuré. « La Commission européenne a fait pression pour que le vote ait lieu. Elle n'a pas attendu que les conclusions de la Grèce, nouvel Etat rapporteur en remplacement du Royaume-Uni, soient évaluées par l'EFSA et ne nous a pas non plus laissé le temps de formuler des commentaires. »

Risque d'impasse

Lors du précédent vote, Éric Chantelot, directeur du pôle Rhône-Méditerranée de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), expliquait que l’interdiction du mancozèbe ne poserait pas de difficultés, « tant que les viticulteurs pourraient se procurer des produits à base de folpel ou de métirame, qui ont aussi un mode d’action multisite et ne génèrent pas de résistance au mildiou ou au black-rot. »

Or, le folpel et le métirame sont tous deux en cours de réévaluation par l’Anses. « Le premier pourrait être classé CMR (Cancérigène, Mutagène et Reprotoxique) et le second perturbateur endocrinien » rappelait Eric Chantelot. « Si ces trois molécules étaient interdites, et sans nouveau produit, nous serions dans une impasse du point de vue de la gestion des résistances » déclarait-il.

 

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