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Production bio

« L’Anses est contre le lissage du cuivre »

Vendredi 04 décembre 2020 par Christelle Stef

De moins en moins de produits cupriques permettent de faire du lissage
De moins en moins de produits cupriques permettent de faire du lissage - crédit photo : Christelle Stef
Lors d’un point sur les évolutions de la réglementation en bio, Stéphane Becquet, du SVBA a expliqué que la France était contre le lissage du cuivre.

La possibilité de lisser les quantités de cuivre semble de plus en plus compromise. Mais les organisations professionnelles, (qu’elles représentent les bios ou l’ensemble des producteurs) ne baissent pas pour autant les bras. « L’Anses est contre le lissage sur 7 ans. Elle attend des preuves de l’innocuité du cuivre de la part des firmes déposant les AMM. Elle considère qu’il y a un risque d’accumulation du cuivre dans les sols à moyen et long terme et qu’il faut réduire les quantités apportées sans lissage. Le ministère de l’Agriculture ne s’y oppose pas », a expliqué Stéphane Becquet, du syndicat des vignerons bio d’Aquitaine, le 1er décembre lors de la conférence « Actualité vin bio : réglementation et point sur la recherche » qui a eu lieu lors du salon Vinitech virtual. Des échanges sont donc toujours en cours avec le ministère sur ce sujet. L’enjeu est de taille car comme l’a expliqué Stéphane Becquet, l’Italie accepte le lissage, ce qui créé des distorsions de concurrence. La « bonne nouvelle », en revanche, c’est que pour la prochaine ré-homologation du cuivre au niveau européen, c’est l’Italie et la Pologne qui seront les Etats rapporteurs. Or, « L’Italie étant favorable au cuivre et ayant mis en place des outils d’évaluation du cuivre plus pertinents », les producteurs sont donc plutôt confiants.

Les contrôles sur le cuivre sont du ressort de la DGAL

Lors de la conférence Stéphane Becquet a également précisé que le cuivre ne devait plus être un point de contrôle spécifique en bio et que l’INAO avait délivré un message en ce sens aux organismes de contrôle. En effet, la limitation des doses de cuivre n’est plus exclusivement réservée aux producteurs bio et s’applique aussi aux conventionnels. Le contrôle est donc du ressort des DRAAF et de la DGAL. Les exploitations bios n’ont donc pas à être davantage contrôlées sur ce point que celles en conventionnelles. Toutefois si un OC constate une non-confirmé, il aura l’obligation d’en informer les autorités de contrôle compétentes.

A partir de 2022, vérifiez la disponibilité en plants bio

Stéphane Becquet a aussi expliqué que plusieurs points réglementaires allaient changer à partir de 2022. Le premier concerne les plants bios (voir article )

A partir du 1er janvier 2022, les dérogations ne seront plus systématiques. Les viticulteurs devront se rendre sur le site semences-biologiques.org afin de vérifier la disponibilité et de réserver les plants qu’ils souhaitent se procurer. Si le couple greffon/porte-greffe que le viticulteur souhaite est disponible sur cette base de données, il devra l’utiliser. A noter que cette base est européenne : des pépiniéristes d’autres Etats-Membres (Italie, Espagne…) pourront l’alimenter. En cas d’indisponibilité, le viticulteur devra demander une dérogation.

Autre évolution : à partir de 2022, les exploitations n’auront plus que deux ans (au lieu de cinq) pour passer tout leur parcellaire en conversion.

Des évolutions à venir pour les additifs autorisés en vinification bio

L’alignement du nouveau règlement vin européen avec le nouveau règlement bio européen (application au 1er janvier 2022) va avoir plusieurs conséquences sur les pratiques et les additifs autorisés pour la vinification en bio.  Les levures sèches inactivées (LSI) à teneurs garantie en glutathion resteraient interdites en bio car la France n’a pas fait de demande spécifique à ce sujet. « Attention aux choix des produits. Une dizaine sont concernés », a expliqué Valérie Pladeau, de Sudvinbio. Pour la cellulose microcristalline (qui rentre dans la composition de certains traitements chitosan et de certains autolysats), elle est pour le moment interdite mais une demande d’autorisation émanant de la France est en préparation. « Attention s’il y a eu un usage en 2020, il n’y aura pas de déclassement, seulement un avertissement et un rappel de la réglementation », a précisé Valérie Pladeau.

En revanche, les LSI, autolysats et écorces seraient aussi autorisées pour la FML à partir de 2022. « Cela reste à confirmer », a précisé Valérie Pladeau. Les professionnels français ont également fait une demande pour que l’usage des enzymes pectolytiques déjà autorisées pour la clarification des moûts, le soit aussi pour la macération des raisins. A suivre.

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