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Région Occitanie

Les vins IGP du Tarn veulent intégrer Pays d’Oc

Mercredi 21 octobre 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 23/10/2020 11:30:27

En rouge, les données de la campagne 2019-2020 indique qu’en vrac 8 500 hectolitres des Côtes-du-Tarn ont été échangés à 79 €/hl (-34 % en volume et -6 % en prix), contre 1,7 million hl en Pays d’oc à 89 €/hl (-8 % en volume, prix stable).
En rouge, les données de la campagne 2019-2020 indique qu’en vrac 8 500 hectolitres des Côtes-du-Tarn ont été échangés à 79 €/hl (-34 % en volume et -6 % en prix), contre 1,7 million hl en Pays d’oc à 89 €/hl (-8 % en volume, prix stable). - crédit photo : Village de Gaillac (IVSO)
Le vote de soutien de l’AOC permet de présenter un vignoble de Gaillac uni dans sa volonté de se rapprocher du vin de pays occitan.

Se comptant parmi les vignobles les plus languedociens du Sud-Ouest, Gaillac souhaite intégrer son Indication Géographique Protégée (IGP) dans celle voisine de Pays d’Oc. Déjà évoqué fin 2018 (lors de l'abandon de l'IGP Sud-Ouest), ce rapprochement connaît de nouveaux développement, le conseil d’administration du syndicat viticole de l’AOC Gaillac ayant adopté cet été un motion de soutien à la demande d’intégration de l’IGP Côtes-du-Tarn dans Pays d’Oc IGP. « Le sujet était sensible parce qu’il fallait du temps… Aujourd’hui, les débats ont eu lieu. La stratégie est claire pour la grande majorité du vignoble, autant en termes d’hommes que de volumes représentés » rapporte Cédric Carcenac, le président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG). « Le travail est devant nous » souligne le vigneron.

Préférant ne pas détailler ses projets, Alain Gayrel, le président de l’IGP Côtes-du-Tarn, ne cache pas sa satisfaction à voir avancer le sujet qu’il porte : « les précédents dirigeants avaient évité de procéder à un vote. Ils partaient d’un postulat : ça ne présente pas d’intérêt. L’IGP a acté ce projet d’adhésion il y a un an et demi. Il n’était pas sérieux de déclencher quoi que ce soit sans le soutien de l’AOC. Aujourd’hui, il y a une position unanime du vignoble tarnais pour, peut-être, enclencher une demande éventuelle d’adhésion à l’IGP Oc. »

"De salut qu’avec Oc et loin du Sud-Ouest…"

Si les syndicats viticoles du Tarn affichent leur unité, des dissensions se font entendre dans le vignoble. Mais seulement en off, le sujet restant particulièrement épineux. « Pourquoi apporter des volumes supplémentaires à une offre qui connaît déjà une demande stagnante ? C’est comme si les AOP rouges du Sud-Ouest demandaient une extension de l’aire d’appellation Bordeaux. Je ne pense pas que cela susciterait l’enthousiasme du bordelais… » critique un opérateur toulousain, regrettant que « pour certains, il n’y a de salut qu’avec Oc et loin du Sud-Ouest… »

Face à ces critiques, les arguments pour un rapprochement de l’IGP Côtes-du-Tarn avec Pays d’Oc reposent sur la faible dimension de la première IGP par rapport à la deuxième. D’après les estimations de l’IGP Côtes-du-Tarn, sur les 100 à 150 000 hl produits annuellement, le volume de vin en vrac supplémentaire représenterait 40 à 60 000 hl de vrac (moins d’1 % de Pays d’Oc). Les Côtes-du-Tarn mettent également en avant leur terroir océanique, permettant de produire des profils frais recherchés avec le changement climatique.

"Construire une nouvelle pyramide"

Défendant une segmentation du vignoble Gaillac, Cédric Carcenac souligne la nécessité de hiérarchiser l’offre de vin du Tarn. « En AOC, le travail a été effectué sur notre typicité et nous réfléchissons à l’obtention de la mention de cru (avec un travail sur une Dénomination Géographique Complémentaire). Il faut une solution de repli valorisée, [que n’offrent pas] actuellement les IGP Comté Tolosan et Côtes du Tarn. L’idée est de construire une nouvelle pyramide, avec l’opportunité de la nouvelle région Occitanie. » conclut le vigneron.

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