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De la DGC à l’AOC
La hiérarchisation du Muscadet mûrit

Une enquête publique est ouverte pour délimiter les aires d'appellation des trois premières Dénominations Géographiques Complémentaires (DGC) du vignoble nantais. Une nouvelle étape dans la structuration pyramidale de l'offre du Muscadet.
Par Alexandre Abellan Le 07 octobre 2020
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La hiérarchisation du Muscadet mûrit
Sur 400 exploitants en Muscadet, 150 revendiqueraient une DGC selon Thierry Martin. - crédit photo : Fédération des Vins de Nantes
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ancée ce 5 octobre pour les deux prochains mois, la consultation publique sur les « projets d'aires parcellaires des Dénominations Géographiques Complémentaires (DGC) de l'AOC Muscadet Sèvre-et-Maine » marque une nouvelle étape dans la hiérarchisation du vignoble nantais. Reconnues en 2011, les trois premières DGC du Muscadet (Clisson, Gorges et Le Pallet) vont être délimitées dans leurs aires d’appellation, leur permettant d’obtenir leur propre AOC (distincte de l’appellation Muscadet Sèvre-et-Maine à laquelle elles sont aujourd’hui accolées). « Il faudra ensuite attendre le décret pour les revendiquer, nous ne savons pas quand » pointe Thierry Martin, le président de la section des crus du Muscadet à la Fédération des Vins de Nantes.

Lancé dans les années 1990, le processus de hiérarchisation des appellations du Muscadet se poursuit et s’amplifie. Quatre nouvelles DGC ont été reconnues en 2019 et sont déployables cette année (Château-Thébaud, Goulaines, Monnières-Saint-Fiacre et Mouzillon-Tillières) et trois nouvelles DGC pourraient être déployées prochainement (Champtoceaux, La Haye Fouassière et Vallet) rapporte François Robin, le délégué à la communication de la Fédération des Vins de Nantes.

Cette hiérarchisation a permis de revaloriser tous nos Muscadet

Ces avancées sont « pour nous très satisfaisantes. On voit que l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) a confiance dans notre vignoble » souligne Thierry Martin, qui ajoute qu’« aujourd’hui nous voyons que cette hiérarchisation du Muscadet Sèvre-et-Maine a permis de revaloriser tous nos Muscadet. Les crus sont des locomotives qui tirent vers le haut l’image de tous nos vins. Quand on vend une bouteille de cru à 10 €, on ne peut plus commercialiser son Sèvre-et-Maine sur lies à 3 €. »

Cette hiérarchisation touche essentiellement la région du Sèvre-et-Maine (sept DGC sur huit), les Côteaux de la Loire en comptant un. « Le vignoble de Sèvre et Maine est le plus étendu et le plus demandeur, mais la démarche est amenée à se développer ailleurs » indique Thierry Martin, qui rappelle d’où part le vignoble nantais en termes de structuration de ses AOC.

Pyramide

Historiquement, le Muscadet regroupait huit AOC au même niveau : le Muscadet Appellation Contrôlée (Muscadet AC), ses trois déclinaisons sous-régionales (Coteaux de la Loire, Côtes de Grandlieu et Sèvre-et-Maine) et à chaque fois la possibilité d’ajouter la mention « sur lies » (doublant ainsi le nombre d’AOC). Le principe de hiérarchisation arrêté par la Fédération des Vins de Nantes repose désormais sur une pyramide : à sa base le Muscadet AC, au centre les 3 AOC sous régionales (avec la mention « sur lies » possible) et au sommet les 7 DGC actuelles (avec à terme leur passage en AOC à part entière).

Si les DGC sont actuellement qualifiées de crus à l’oral, leur revendication écrite pourrait constituer la suite de la hiérarchisation du Muscadet. « Le travail ne s’arrêtera pas là, les générations suivantes auront la possibilité d’aller plus loin, avec des premiers et grands crus » ouvre Thierry Martin.

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