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Champagne

Condamnations exemplaires pour les prestataires exploitant des vendangeurs étrangers

Mardi 15 septembre 2020 par Alexandre Abellan

En 2018, l’enquête avait découvert 125 vendangeurs étrangers vivant dans des conditions inhumaines.
En 2018, l’enquête avait découvert 125 vendangeurs étrangers vivant dans des conditions inhumaines. - crédit photo : Vendanges à Arles (les misères humaines), Gauguin (1888)
Le tribunal judiciaire de Reims vient d'arrêter de lourdes peines de prison assorties d'amendes conséquentes pour des entreprises ayant imposé à leurs employés des conditions de traitement insupportables pendant les vendanges 2018.

Finissant les vendanges de son précoce millésime 2020, le vignoble de Champagne se voit rappeler les dérives de prestataires de services mises à jour pendant la récolte 2018 : « 125 vendangeurs avaient été découverts, mal logés et mal nourris, dans la Marne et l’Aube » rapporte L’Est Eclair. Ce 11 septembre, le tribunal judiciaire de Reims rend de lourdes condamnations pour le « trafic d’êtres humains » exploité par une succession d’intermédiaire précise le quotidien.

Sont condamnés le couple srilankais à la tête du prestataire Rajviti (à Montbre, Marne) à trois ans de prison, dont un avec sursis, et 100 000 euros d’amende chacun, ainsi que le gérant de l’intermédiaire Serviti (à Leuvrigny) à 6 mois de prison avec sursis et 10 000 € d’amende, et les deux gérants du donneur d’ordres Viti-Chenille (basée à Epernay), le premier à 18 mois de prison, dont 12 fermes, et 15 000 € d’amendes, le second à 5 000 € d’amende. Est relaxé le responsable des prestations viticoles et vendanges de la maison Veuve Clicquot (groupe LVMH), qui indique ne pas avoir eu connaissances de ces pratiques indignes, rapporte l’Est Eclair.

"Voie inacceptable"

Délibérément exemplaires, ces peines indiquent toute l’horreur des traitements infligés à ses saisonniers étrangers. Heureusement, « c’est un cas extrême. Ce qui a été jugé est isolé, cela a mis en lumière des entreprises qui sont allées sur une voie inacceptable, ce ne sont pas les pratiques champenoises » précise Sébastien Rigobert, le directeur du prestataire G2V services. L’expert ajoute que « toute la profession et nos clients, les maisons de Champagne, travaillent sur des pratiques vertueuses de transparence sociale et mettent en place des outils qui nous mettent, je l’espère, à l’abri » de nouvelles dérives individuelles.

Sollicité par Vitisphere, le Comité Champagne ne souhaite pas commenter « puisque ce procès concerne des entreprises privées non champenoises, uniquement des prestataires, donc pas des ressortissants du Conseil Interprofessionnel du Vin de Champagne, du Syndicat Général des Vignerons (SGV), de l’Union des Maisons de Champagne (UMC)… »


 

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