LE FIL

François Labet

"Sans les taxes Airbus, les vins de Bourgogne restaient positifs à l’export…"

Lundi 14 septembre 2020 par Alexandre Abellan

Sur le marché américain, « ce sont les vins à plus forte valeur ajoutée qui enregistrent les plus grandes baisses » rapporte François Labet.
Sur le marché américain, « ce sont les vins à plus forte valeur ajoutée qui enregistrent les plus grandes baisses » rapporte François Labet. - crédit photo : BIVB (Michel Joly)
Face aux incertitudes de la crise du coronavirus, l’interprofession bourguignonne fait le point sur un début d’année déstabilisant à l’export. Si les sanctions américaines pèsent, de bonnes performances sont enregistrés sur les marchés anglais, suédois…

Si le moral des vins de Bourgogne est plus radieux que ceux d’Alsace, de Bordeaux ou de Champagne, il n’est pas moins impacté par la crise du coronavirus. « De mars à mai 2020, les exportations de vins de Bourgogne chutent de -11,8 % en volume et -21 % en chiffre d’affaires par rapport à la même période 2019 » annonce le Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne (BIVB), qui fait état d’un premier semestre où l’export chute de 5 % en volume et 12 % en valeur. « S’il n’y avait pas eu la taxe Airbus, les vins de Bourgogne seraient positifs à l’export » affirme François Labet, le vice-président du BIVB.

Pour le vigneron en biodynamie de Vougeot, « sur les six premiers mois de l’année, le Royaume-Uni est positif (et devient notre premier marché export), la Suède arrive désormais à la cinquième place… On n’est pas mal partout… Sauf aux Etats-Unis, qui marquent le pas (anciennement notre premier marché) » avec la surtaxe de 25 % imposée depuis octobre 2019 sur toutes les bouteilles de vins tranquilles français. Sur le premier semestre, les importations américaines de vins de Bourgogne ont chuté de 19,3 % en volume et 29 % en valeur (-1,7 million de cols et -32 millions €). Rappelant que la filière vin fait face à une mesure de rétorsion du gouvernement américain suite aux subventions européennes illicites à Airbus, François Labet estime que la France est la première responsable et devrait ouvrir un fonds de compensation aux vignobles touchés.

Performances anglaises et suédoises

Si le marché américain se replie, celui britannique repart sur de belles progressions ce premier semestre : +15,3 % en volume et +2,6 % en valeur. Le cadre réglementaire et les modalités d’importation après le Brexit restent inconnus, la possibilité d’un surstock de vins avant une complication des échanges commerciaux plane. « On disait déjà l’année dernière que le Royaume Uni faisait du stock. Mais ça continue toujours depuis ! Les Anglais boivent du vin, c’est flagrant » souligne François Labet. Autre bonne nouvelle du premier semestre, l’entrée de la Suède dans le top 5 des marchés des vins de Bourgogne en volumes. Avec +20,3 % en volume et +8,4 % en valeur.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé