LE FIL

Chiffres en berne

Au premier semestre, les exportations de vins françaises baissent mais un espoir fait jour

Lundi 24 août 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Les expéditions de vins français décrochent en volume et valeur au premier semestre 2020.
Les expéditions de vins français décrochent en volume et valeur au premier semestre 2020. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Percluses par les difficultés économiques et douanières, les exportations de vins français sont à la baisse au premier semestre en volume et valeur. Le mois de juin laisse espérer de meilleurs lendemains.

Au premier semestre 2020, les exportations françaises de vins tranquilles et effervescents atteignent 6,334 millions d’hectolitres contre 7 millions sur les six premiers mois de l’année 2019 (-10.16 %) . En valeur, la chute est beaucoup plus forte : -20.74 % à 3.707 milliards d’euros. Les vins français perdent donc davantage en valeur qu’en volume. Les opérateurs français auraient-ils consenti à des efforts tarifaires pour écouler leurs stocks ? C’est une supposition que formule Adrien Boussard, de Business France. « En tout cas, les opérateurs français vendent clairement moins cher ».

Cette tendance baissière n’est une surprise pour personne. Janvier et février ont largement freiné les ventes extérieures des vins français dans un contexte de recul de la consommation chinoise et des taxes punitives américaines. La Covid-19 a noirci le tableau les mois suivants.

Reprise de la croissance en juin

Reste que le mois de juin apparaît comme un rayon de soleil avec un retour à la croissance des volumes. Cette légère hausse, bien sûr insuffisante pour effectuer un rattrapage, est de 1.2 % (croissance des volumes en juin 2020 vs 2019). Elle s’accompagne d’une perte de valeur de 14 % sur le même mois. « La reprise de l’expédition des volumes est clairement visible en Europe » précise Adrien Boussard. A titre d’exemple, le marché britannique reprend des couleurs en début d’été avec une progression de 27 % des volumes et 4 % en valeur.

Toujours en Europe, l’Irlande, quinzième pays destinataire des vins français en quantité, attire l’attention. Avec une croissance de 27 % des volumes et 11 % en valeur sur le premier trimestre, il semble que les opérateurs français y trouvent des opportunités. Serait-ce l’effet d’une préparation du post-Brexit ?

Blocage au Japon

Sur les pays tiers, le blocage du marché japonais apparaît comme une nouvelle décevante. Alors que le récent accord de libre-échange avait permis de lancer un trend très positif en 2019, l’année 2020 marque un coup d’arrêt. Confiné tardivement par rapport aux autres pays et asphyxié par l’annonce du report des jeux olympiques de Tokyo, le pays perd 30 % en volume en mai puis à nouveau en juin.

En Chine, les nouvelles ne sont pas beaucoup plus réjouissantes avec un retrait de 45 % des volumes et de 43 % en valeur au premier semestre.

Les Etats-Unis sont en retrait 16 % en volume et 30 % en valeur. Cependant, la baisse s’infléchit en juin, avec un retrait de 7 % des volumes et 34 % en valeur (après des retraits de 50 % sur le mois d’avril et de mai).

Dans ce tableau, le Canada fait figure de plutôt marché solide avec une progression de 5,8 % des volumes et une baisse de 1,23 % de la valeur.

A noter que l’on observe des hausses de volumes de vin exportés sur les marchés africains tels que le Cameroun, Togo, Burkina, Niger, Libéria, Zambie ou encore Soudan. Ces hausses portent sur des volumes limités. Mais elles pourraient être le signe d’investissements des opérateurs sur de nouveaux marchés, signant ainsi la volonté de la filière de conserver un esprit de conquête malgré les difficultés. Cette tendance devra être observée de près les prochains mois pour savoir s’il s’agit d’opérations conjoncturelles ou l’aboutissement d’une stratégie commerciale.

L’analyse par catégories de produits fait ressortir une hétérogénéité de celles-ci face à la crise. L’AOP Beaujolais rouge/rosé, l’IGP Méditerranée, l’IGP Val de Loire et les Vins sans IG des Etats-membres avec mention de cépage sont les seules catégories à progresser en volume. L’IGP Méditerranée parvient même à faire croître sa valeur.

Toutes les autres catégories de vin s’effondrent de façon plus ou moins intense. Première appellation exportée, Bordeaux perd un tiers de la valeur de ses exportations et 14 % de ses volumes. Les vins de la Vallée du Rhône sont moins secoués avec un retrait de 4,8 % en volume et 12 % en valeur. C’est aussi le cas des vins de Bourgogne.

Chute des effervescents

Les effervescents sont davantage touchés par la baisse des ventes en comparaison des vins rouges. Ils perdent 22,22 % en volume et 28,34 % en valeur. Le Champagne perd un tiers de ses volumes et de sa valeur. La baisse est moins forte pour les vins mousseux. Ces derniers bénéficient de la forte érosion des vins de champagne pour gagner des parts de marché. Sur les six premiers mois de l’année, les volumes de Champagne et de vins mousseux sont ainsi à peu près équivalents, autour de 308 00 hl expédiés.

Le Cognac n'est pas non plus épargné par la crise, perdant un tiers de ses volumes sur les six premiers mois de l’année et un peu plus d’un tiers de sa valeur. A noter que l’Armagnac qui expédie seulement 3 400 hl en 2020, augmente de 86 % ses volumes et 88 % sa valeur.

 

 

 

 

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