LE FIL

Anti-Steiner

Pascal Chatonnet cherche des fondements scientifiques à la biodynamie

Jeudi 30 juillet 2020 par Marion Bazireau

Pascal Chatonnet est oenologue, consultant en France et à l'étranger, et vigneron dans le Bordelais.
Pascal Chatonnet est oenologue, consultant en France et à l'étranger, et vigneron dans le Bordelais. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2019)
L’œnologue ne supporte plus que l’on invoque les planètes pour justifier les bienfaits de la biodynamie. Il explique par exemple que la meilleure croissance des vignes est liée à la présence de silice dans les préparations.

« Une bonne idée n’a pas besoin d’être défendue par de mauvais arguments. » L’œnologue Pascal Chatonnet est convaincu qu’il y a du bon dans les pratiques biodynamiques. Il constate qu’elles induisent souvent une meilleure résistance de la vigne aux parasites, ainsi qu'à la chaleur et à la sécheresse.

« Mais je n’ai jamais réussi à lire "Le Cours aux agriculteurs" jusqu’au bout. Rudolf Steiner se contredit sans cesse. Il faut tenter d’expliquer les bienfaits de la biodynamie de manière scientifique. »

Le rôle clé du silicium

Pascal Chatonnet a quelques idées. Parmi elles, la présence de silicium dans la préparation 501 ou les tisanes de prêle et de pissenlit. « Pour Steiner, la silice transmet l’activité des forces formatrices des étoiles fixes et des planètes supra-solaires à la plante. Il faut se débarrasser de cet occultisme. La science matérialiste montre que le silicium joue sur la croissance des plantes » illustre-t-il. Il rappelle également que le silicium augmente la robustesse des parois végétales, « permettant de maintenir un port érigé et une disposition foliaire favorable à la photosynthèse. »

La science « dure » n’explique pas encore « l’effet lumière » de la silice, « revendiqué à tous crins par les biodynamistes. » Selon l’œnologue, la physique quantique pourrait aider à comprendre le phénomène. D’un point de vue nutritionnel, la silice permet le transport de certains nutriments essentiels, tels que le calcium, le potassium ou le magnésium. En outre « l’accumulation du silicium dans les parois végétales agit contre la pénétration des pathogènes. » On le constate lors d’une application foliaire.

"La vigne est-elle en meilleure santé ou hyper-stressée ? "

Au sujet des pathogènes, plusieurs études montrent que la vigne conduite en biodynamie est moins sensible au mildiou et à l'oïdium. « On ne sait pas encore si cela vient du fait qu’elle est en meilleure santé, ou au contraire qu’elle est hyper stressée et synthétise plus de facteurs de résistance aux champignons. En tout cas, on ne doit pas invoquer Mars ou Mercure pour l’expliquer. »

Pour Pascal Chatonnet, de nouvelles investigations sont nécessaires. Il est convaincu que l’ « infâme science matérialiste » décriée par les tenants d’une biodynamie « orthodoxe » apportera de l’eau au moulin de ce mode de conduite de la vigne. Il a consacré les trois derniers billets de son blog à ce sujet. « Ce n’est pas un blog sur la biodynamie. J’expose ma vision de l’œnologie pour aujourd’hui et pour demain. Nous allons vers un courant plus « vert », mais il est nécessaire de temporiser les ardeurs de certains. »

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BAUDOUIN PATRICK Le 02 août 2020 à 23:07:11
DE QUOI LA BIODYNAMIE EST-ELLE LE NOM ? La biodynamie est une branche anthroposophique de l’occultisme, lui trouver des fondements scientifiques est un contre-sens structurel. Steiner en donne la clé dans son introduction aux « cours » : « «On ne reconnait la capacité de juger du contenu d’une telle publication privée (les cours) qu’à celui qui remplit les conditions préalables à un tel jugement. Pour la plupart de ces publications figurent au moins parmi ces conditions la connaissance de l’enseignement anthroposophique sur l’homme et le cosmos et celle de l’histoire selon l’anthroposophie, telle qu’elle découle des communications provenant du monde de l’esprit ». Etudier les effets de la silice ou d’un compost de bouse ne pourra jamais prouver l’existence de ceux qui fondent l’utilisation des préparats, base d’adhésion à la biodynamie, les « êtres élémentaux utiles », comme l’écrit N. Joly dans sa préface au livre d’Ernst Hageman, «Etres élémentaux Fondements spirituels de la biodynamie d’après Rudolf Steiner ». « Quand un bourgeon devient feuille, puis fleur, puis fruit, c’est un travail spécifique qui est à chaque fois mené par une catégorie précise de ces êtres élémentaux. L’action des préparats en biodynamie passe systématiquement par leur travail. Oubliés depuis des siècles, leur aspiration profonde est d’être à nouveau reconnus et compris. La profondeur, la subtilité d’un goût est leur œuvre, et pour cela il faut pouvoir les courtiser. » Pour ce qui est des pratiques, il reste à prouver que ce qui est revendiqué comme de la biodynamie, et qui serait validé techniquement, scientifiquement, n’est pas tout simplement des pratiques et des appropriations d’ avancées en agronomie, en agroécologie, en agroforesterie. C’est pourquoi la biodynamie n’est rien d’autre qu’une croyance, et dans nos enjeux actuels, plutôt une impasse agronomique
abeille Le 01 août 2020 à 21:29:15
Parler de biodynamie sans planète ?!?c'est comme parler des marées sans l'influence de la lune ... je croirais lire des détracteurs (journalistes) de la biodynamie dans les années 1994...tristesse... -"je n'ai pas pu lire le cours aux agriculteur jusqu'au bout" lire: je ne comprends pas donc cela n'existe pas.. on croirait lire M.ONFRAY dans son livre cosmos. celui qui cherche trouve...dans le cas contraire :le silence est d'or... BAV pm
THERON MICHEL Le 01 août 2020 à 16:26:36
Monsieur Chatonnet ne supporte plus que l'on invoque les planètes mais ne se révolte pas contre le millefeuilles d'additifs et de pesticides que les chercheurs et conseillers on contribué à faire utiliser. Au plaisir d'échanger .
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