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Changement climatique

La récolte dans l’Hémisphère sud impactée par la sécheresse et d’autres aléas climatiques

Jeudi 12 mars 2020 par Sharon Nagel

La Nouvelle-Zélande a bénéficié d’une météorologie clémente cette année.
La Nouvelle-Zélande a bénéficié d’une météorologie clémente cette année. - crédit photo : Sharon Nagel
Les vendanges battent leur plein dans les différents pays producteurs de l’Hémisphère sud. Si les perspectives qualitatives sont plutôt de bon augure, les volumes semblent avoir été impactés par les conditions climatiques, et notamment par le manque de précipitations.

Seule exception notable : l’Afrique du Sud. En effet, après plusieurs années de sécheresse, les conditions climatiques se sont rééquilibrées en 2019-2020 pour permettre aux producteurs d’espérer, sinon une récolte importante, du moins un retour à des volumes plus classiques. Selon les premières orientations émises par l’organisme professionnel Vinpro, la production 2020 devrait être plus importante que celle de 2019 (9,7 millions d’hectolitres), tout en restant inférieure à la moyenne constatée sur le long terme. « La floraison et la nouaison ont été bonnes et se sont améliorées par rapport à ce que nous avons constaté lors de la saison précédente. L'eau et la chaleur en quantité suffisante ont accéléré la croissance des vignes et le couvert végétal est en mesure d’assurer l’arrivée à maturité d’une bonne récolte. La veraíson s’est déroulée de manière précoce, rapide et régulière », a expliqué le responsable du service de conseil viticole auprès de Vinpro, Conrad Schutte. KWV, l’un des tout premiers producteurs de vins sud-africains, a même battu son record pour le volume de raisins entrés en cave lors d’une seule journée – 800 tonnes de raisins rouges – ce qui lui fait dire que « les cépages rouges comme le shiraz, le tannat, le cabernet-sauvignon et le mourvèdre produisent visiblement des volumes bien supérieurs aux attentes cette année ».

 

Des baisses prévues en Amérique du Sud

Ce n’est pas le cas au Chili, où des pics de température pendant l’été austral et la sécheresse pendant l’hiver ont conduit, non seulement à une récolte précoce, mais aussi à des volumes vraisemblablement en baisse. Le stress hydrique s’est fait sentir et certains producteurs évoquent des baisses de récolte relativement significatives. L’orientation à la hausse des prix des raisins qui ne sont pas sous contrat d’achat, semble confirmer cette tendance. De l’autre côté des Andes, l’Argentine subit le même phénomène. D’après les prévisions publiées à la mi-février par l’Institut national de la vitiviniculture (INV), la production 2020 sera inférieure à celle de 2019. La fourchette établie par l’INV situe la récolte entre 21,4 et 23,7 millions de quintaux, contre 25,2 millions l’an dernier (18,54 Mhl, dont 5,5 Mhl de moûts). Une baisse des volumes n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour la filière car, d’après la société de courtage Ciatti, il reste des stocks importants de vins rouges issus des millésimes 2018 et 2019, entraînant des problèmes de capacité de stockage. Pour tenter de lisser les fluctuations de volumes et donc de prix, le gouvernement de la province de Mendoza a annoncé la mise en place d’une « banque du vin », une réserve qui permettra d’éviter que des volumes excédentaires viennent inonder le marché. La mesure se déclenche si le seuil de 1,2 Mhl de vins mis en réserve est atteint. Les producteurs ayant retiré ainsi des volumes seront rémunérés et les quantités stockées permettront de faire face à d’éventuelles chutes de production ultérieures liées à des aléas climatiques. Une mesure accueillie avec un certain scepticisme par des représentants de producteurs qui pointent des incohérences de politique : « La reconversion vers les cépages rouges est encore encouragée et on autorise toujours de nouvelles plantations », a déploré Gabriela Lizana de l’APOEM.

Enfin, en Océanie, les prévisions officielles n’ont pas encore été publiées. Les vendanges ont débuté fin janvier en Nouvelle-Zélande et se poursuivront jusqu’en avril. Une météorologie clémente avec une absence de précipitations a réduit l’incidence de maladies, tout en entrainant un certain stress hydrique. En Australie, après les incendies puis les fortes pluies, les vignerons doivent désormais gérer des problèmes de goûts de fumée. L’impact de ces derniers n’est pas connu à l’heure actuelle et déterminera, avec les facteurs climatologiques, le volume final de la récolte.

 

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