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Bordeaux
Tensions politico-viticoles autour d'une extension d'école maternelle

Sur fond de nouvelle réglementation ZNT et de lancement de campagne municipale, une polémique locale témoigne d'un début d'année à haut risque médiatique pour la filière vin.
Par Alexandre Abellan Le 16 janvier 2020
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Tensions politico-viticoles autour d'une extension d'école maternelle
Se faisant face, une parcelle de 1,5 hectare de vignes (replanté ces dernières années) et les travaux d’extension de l’école maternelle de la commune (La Lande de Fronsac). - crédit photo : Nouveau Souffle pour La Lande (publication Facebook)
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ntre la publication fin 2019 de l’arrêté sur les Zones de Non Traitement (ZNT) et l’approche des élections municipales (15 et 22 mars prochains), les éléments d’un cocktail explosif sont réunis dans le vignoble ce début d’année 2020. Après les arrêtés antipesticides pris par des maires et les rédaction de chartes riverains, la filière vin peut raisonnablement craindre des débats moins techniques que polémiques stigmatisant ses pratiques de protection des cultures. Si les éléments semblent inexorablement posés d’avance, les situations locales sont toujours sources de surprises et de complexité supplémentaire. En témoigne la polémique rapportée par FranceBleu Gironde sur « la construction d’une école près des vignes s’invite dans la campagne municipale » de la commune de La Lande-de-Fronsac, qui oppose deux viticulteurs, également adversaires sur des listes électorale concurrentes.

En cours de construction, l’agrandissement de l’école maternelle arrive à quelques mètres à peine d’une parcelle du domaine du Rouyet (22 hectares de vignes sur la commune). Avec exactement 8 mètres qui séparent la limite de propriété des premiers piquets selon la mesure du vigneron, Stéphane Etourneaud. « Je ne suis pas contre la construction de l’école, mais contre cet emplacement. Je me trouve coincé à cause des nouvelles ZNT qui imposent 10 mètres [de distance de sécurité] » reproche l’exploitant, soulignant que le projet scolaire aurait dû être décalé et ne pas peser sur sa parcelle de 1,5 ha.

Propagande électorale

« Je n’ai pas envie de polémiquer et de monter en épingle un sujet de propagande électorale » répond d’entrée le maire Jean Galand (sans étiquette, également conseiller départemental PS). Rappelant être lui-même viticulteur (châteaux Galand et Canon), il indique que Stéphane Etourneaud « a lancé les hostilités alors qu’il est sur une liste électorale adverse ». Colistier d’un candidat à la mairie de la Lande de Fronsac, Stéphane Etourneaud balaie toute accusation d’instrumentalisation : « ça n’a rien à voir. On peut toujours extrapoler, mais le sujet est juste mal tombé, je ne veux pas en faire une histoire. »

Tensions

Si les deux viticulteurs ne veulent pas polémiquer, il apparaît que les tensions sont désormais vives, notamment sur les réseaux sociaux. Et ce malgré un passé pour le moins apaisé. « Il n’y a jamais eu de problème. Jusqu’à présent, [Stéphane Etourneaud] traitait le mercredi, quand les enfants sont absents » rapporte Jean Galand, soulignant que « l’équipe adverse a posé la première pierre [le 11 janvier], il n’avait pas de souci à l’époque ». Le maire s’appuyant sur une publication Facebook de la liste Nouveau Souffle pour La Lande, qui indique cependant que « la nouvelle école maternelle va être accolée à une exploitation viticole. […] Consulter les citoyens et le voisinage [sur le sujet de la protection des riverains] avant d’entamer un tel projet aurait été pertinent... »

Qu'il s'agisse de l'école ou des parents d'élèves, « je n’ai jamais eu de problème » confirme Stéphane Etourneaux, précisant qu’avant même que la protection des écoles soit un sujet d’actualité, il traitait le matin de bonne heure et vient d’investir dans un pulvérisateur face par face à jet porté équipés de buses à injection d'air. Ne souhaitant pas reculer ses vignes face à l’impératif de ZNT, Stéphane Etourneaud n’envisage qu’une solution à la polémique actuelle : « que l’on me signe un papier m’indiquant que je n’aurai pas de problème si je respecte des bonnes pratiques et cela me va. Je ne suis pas là pour empoisonner des enfants. »

 

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Tous les commentaires (6)
shogun64 Le 20 janvier 2020 à 17:56:35
Parce que vous pensez que les produits de traitement BIO ne sont pas nocifs... le cuivre et le soufre sont 2 fongicides hautement irritants. la seule chose valable que l'on soit en Bio ou en conventionnel c'est de traiter sur des plages horaires adaptées afin d'avoir l'impact le moins important sur la population. ce que l'on appelle le vivre ensemble et qui malheureusement disparaît vu que personne ne supporte plus personne et ce n'est pas près de se solutionner
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Val?rie Murat Le 19 janvier 2020 à 17:03:40
je partage votre avis à propos des ZNT qui sont de fausses bonnes réponses à mon sens. la vraie question est la nature des produits. Avec des produits de traitements Bio non classés, l'agriculture de cohabitation est possible. c'est la seule qui garantisse à tous de rester vivre et travailler sur un même territoire. arracher un outil de travail, c'est une hérésie !
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Olivier11 Le 17 janvier 2020 à 17:28:49
Les ZNT sont un faux problème, quand un lotissement est construit, il est prévu dans les POS et autres PLU une zone de retrait. Toutes les municipalités n'en tiennent pas compte car perdre de la terre à construire c'est inconcevable. Par contre on peut faire dégager un agriculteur, et oui lui il est tout seul. Le béton aura la peau de la terre avant celle des agriculteur. Il ne restera plus qu'à manger et boire des pastilles.
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Val?rie Murat Le 17 janvier 2020 à 17:09:41
@Christophe : l'arrêté est une tartufferie du Ministère. https://alerteauxtoxiques.com/2019/09/11/pesticides-et-riverains-assez-de-tartufferies/ En revanche, jamais l'exposition des riverains n'a occupé autant d'espace dans les médias. les conflits que vous craignez existent déjà : les 128 écoles de Gironde sont autant de points de crispation. https://alerteauxtoxiques.com/2020/01/08/reunion-chartes-des-riverains-chambre-dagriculture-parodie-de-concertation/ l'anses autorise - certes- l'utilisation de produits dangereux, voir toxiques qui peuvent provoquer des pathologies lourdes et irréversibles, ça s'appelle poliment la gestion contrôlée du risque, mais le risque est bien là et les bonnes pratiques ne permettent pas une exposition zéro, ni pour les utilisateurs, ni pour les riverains, dont les enfants. Quand vous dites "il faut tout changer pour quelques illuminés", qu'entendez vous par tout ? et qui sont donc ces illuminés ?
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Val?rie Murat Le 16 janvier 2020 à 18:56:07
M. Stéphane Etourneaux demande "que l’on me signe un papier m’indiquant que je n’aurai pas de problème si je respecte des bonnes pratiques et cela me va. Je ne suis pas là pour empoisonner des enfants" M. Etourneaux demande donc une décharge lui évitant toute responsabilité dans un éventuel empoisonnement des enfants. Le respect des bonnes pratiques ne pourra empêcher l'air de circuler et ne peut pas garantir une exposition zéro des enfants. Plutôt que de se réfugier derrière des arguments construits et propagés par les firmes, utiliser des produits de traitements non classés ne serait il pas plus prudent, responsable et engagé afin de s'assurer que les enfants ne sont pas exposés à des substances actives dangereuses pour leur santé ? Une agriculture de cohabitation est possible.
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Christophe Le 16 janvier 2020 à 07:15:01
Cette polémique montre que l’arrete ZNT va créer quotidiennement des milliers de conflits , il faut rappeler que les produits phytosanitaires sont autorisés par les services de l’état et à cause de quelques illuminés, il faut tout changer, il faut juste que le gouvernement annule cet arrêté sinon la colère va être terrible
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