LE FIL

Aude

300 manifestants pour faire entendre leur mécontentement

Vendredi 25 octobre 2019 par Robert Fages

La création de zone tampon à proximité des habitations étaient l'un des motifs de grogne des manifestants ce 24 octobre à Carcassonne.
La création de zone tampon à proximité des habitations étaient l'un des motifs de grogne des manifestants ce 24 octobre à Carcassonne. - crédit photo : Robert Fage
Reportée au 24 octobre pour cause de pluie, la manifestation agricole et viticole des producteurs audois a porté haut et fort le ras le bol sur l'agribashing et le manque d'écoute du gouvernement.

Répondant à l’appel de la FDSEA des l’Aude, des Jeunes agriculteurs de l’Aude, du Syndicat des vignerons de l’Aude et de la Section départementale des anciens exploitants agricoles de l’Aude, 300 viticulteurs en colère environ, ont manifesté ce jeudi dans les rues de Carcassonne (Aude) pour dénoncer l’agribashing et l’acharnement médiatique à l’encontre de l’agriculture et de la viticulture en particulier, sans soutien des Pouvoirs publics. Ils s’étaient donné rendez-vous en milieu de matinée devant la préfecture où une délégation de manifestants conduite par Didider Jeannet, président de la FDSEA de l’Aude ; Arnaud Aribaud, président des Jeunes agriculteurs de l’Aude ; Frédéric Rouanet, président du Syndicat des Vignerons de l’Aude, a rencontré la nouvelle préfète Sophie Elizéon à qui ils ont fait part de leur mécontentement face à l’attitude du gouvernement qui fait la sourde oreille. Les manifestants, parmi lesquels plusieurs étaient venus en tracteur, ont ensuite formé un cortège pour se rendre à la direction de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Une fois arrivés sur place et comme ils l’avaient fait quelques minutes plus tôt devant la préfecture, ils ont déversé du fumier, du compost et des palettes devant le portail de la DDTM avant qu’un engin agricole ne force la grille. C’est à ce moment là que les gendarmes sont intervenus en utilisant les gaz lacrymogènes pour empêcher des agriculteurs d’entrer dans la cour du bâtiment. En fin d’après-midi, les manifestants se sont dirigés vers la zone commerciale du Pont-Rouge avant de bloquer le rond point du Xénon avec leur engins. Une forte tension était perceptible.

Une position forte contre l’agribashing et la déconsidération

Les manifestants ont dénoncé les distorsions de concurrence avec les autres pays. « On autorise des produits sur le marché en provenance d’autres pays, que nous n’aurions pas le droit de commercialiser » souligne Didier Jeannet, président de la FDSEA de l’Aude qui poursuit : « Et ce sont ceux qui critiquent nos produits qui sont les premiers à acheter des produits en provenance de l’étranger où la règlementation est plus laxiste ». Pour Arnaud Aribaud, « Il faut que les Pouvoirs publics nous entende. Il faut que les dirigeants de notre pays adoptent une position forte contre l’agribashing et la déconsidération dont nous sommes victimes. En manifestant aujourd’hui, nous voulons lancer un message fort à ceux qui nous gouvernent ».

"On a été roulé dans la farine"

Pour Frédéric Rouanet, la création de zones tampons de 150 m autour des habitations pour l’utilisation des produits phytosanitaires est « une mesure inadaptée » compte tenu de la géographie et du morcellement des parcelles et d’ajouter : « On a déjà fait beaucoup d’efforts. On nous demande de nous écarter de plus en plus des habitations. Bientôt on va nous parquer. Il faut arrêter de faire peur aux gens ». Agriculteurs et viticulteurs, ont également évoqué la loi Egalim instaurée pour assurer une meilleure rémunération des producteurs. « On a été roulé dans la farine » lance Frédéric Rouanet pour qui cette loi n’a pas eu les résultats escomptés et d’ajouter : « Nos charges ont au contraire augmenté et nos bénéficies sont en baisse. On est loin du compte ». Quant à la taxation de 25% sur les vins français exportés aux Etat-Unis, Frédéric Rouanet regrette que « L’Etat ne ce soit pas montré plus combatif pour défendre les intérêts de ses viticulteurs». A l’issue de leur entrevue avec la préfète qui a duré plus d’heure et où la représentante de l’Etat a dit qu’elle ferait « remonter » les revendications des manifestants, agriculteurs et viticulteurs ont fait savoir que si la situation ne bougeait pas, ils étaient prêts à redescendre dans la rue. Et  d’une même voix, les trois leaders syndicaux, ont affirmé haut et fort : « Si  l’Etat ne veut pas nous entendre, nous continuerons à mettre la pression »

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