LE FIL

Fiche de paie

+32 % le salaire d’un maître de chai avec l’expérience grand cru

Lundi 28 octobre 2019 par Alexandre Abellan

En moyenne, les écarts entre salaires moyens sont de +14 % entre un œnologue et un maître de chai, de +43 % entre un directeur technique et un œnologue.
En moyenne, les écarts entre salaires moyens sont de +14 % entre un œnologue et un maître de chai, de +43 % entre un directeur technique et un œnologue. - crédit photo : Raphaël Michel (archives)
Dans le chai, la rémunération des encadrants techniques dépendrait moins des critères d’ancienneté et d’études que du passage par une propriété classée.

Dans la production de vin, « les écarts de rémunération sont forts pour une même fonction. Avec un rapport de 1 à 3 pour les œnologues (de 22 à 65 000 euros brut/an) et de 1 à 4 pour les directeurs techniques (de 30 à 110 k€) et les maîtres de chai (de 18 à 70 k€) » révèle la dernière étude du cabinet de recrutement Elzéar Wine Executive (basé à Paris et Bordeaux).

Estimant que la gestion des ressours humaines de la filière vin pâtit « d’une faible normativité des critères de recrutement et de rémunération dans la filière vin », ces recruteurs ont téléphoné il y a un an à 277 professionnels de la production de vins (80 directeurs techniques, 98 maîtres de chai et 99 œnologues en production ou conseil). « L’ampleur de l’échantillon offre une grande diversité de profils en termes d’expériences et de qualifications, ce qui permet de dégager des grandes tendances significatives » souligne le deuxième rapport du cabinet (le premier traitant des métiers commerciaux de la filière).

L’ancienneté et le niveau d’étude des salariés ne sont les éléments permettant d’expliquer statistiquement les écarts de rémunération concluent les recruteurs. « Si l’ancienneté dans la fonction joue un rôle naturel dans la rémunération, elle n’en constitue pas le facteur le plus déterminant » explique le cabinet Elzéar Wine (l’ancienneté moyenne étant de 10 ans). Pour qui il est de même avec le niveau d’études, car « les métiers de production sont marqués par l’apprentissage sur le terrain d’une expertise, par transmission. »

Expérience grand cru

Revendiquer une expérience dans un grand cru classé fait en revanche la différence dans le salaire final. D’après les relevés du cabinet Elzéar Wine, la large majorité des plus hauts salaires dans chaque métier étudié affichent cette ligne dans leur CV. Ce qui entraîne une hausse de 32 % du salaire pour un maître de chai (affichant une rémunération moyenne de 35 000 euros brut/an), + 16 % pour un œnologue (40 k €) et + 27 % pour un directeur technique (57 k €).

Si elle apporte un plus, cette expérience dans un grand cru classé est cependant revendiquée par une majorité des sondés : 59 % pour les maîtres de chai, 67 % pour les œnologues et directeurs techniques. Pouvant aller du stage à la direction dans un grand cru classé (en 1855, de Saint-Emilion, de Graves, de Provence...), la nature de l’expérience grand cru mériterait sans doute d’être affinée pour mieux en saisir l’impact. Pourraient également être discrimants dans le salaire de ces métiers la taille de l’entreprise, sa valorisation moyenne des bouteilles commercialisées ou la nature du propriétaire de l’entreprise (familiale, institutionnelle…).

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