LE FIL

Dossiers difficiles

Didier Guillaume veut travailler en transparence et en confiance avec la viticulture

Mercredi 23 octobre 2019 par Bertrand Collard

Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer à la sortie du ministère de l'Agriculture (archive)
Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer à la sortie du ministère de l'Agriculture (archive) - crédit photo : B. Collard
Le ministre de l'Agriculture reçu une délégation de responsables professionnels le 22 octobre en fin de journée. Le point sur les échanges avec certains responsables professionnels présents lors de la rencontre.

« Il nous a dit : transparence et confiance ». Didier Guillaume a reçu les principaux responsables de la filière vin le 22 octobre en fin d’après-midi dans ses bureaux à Paris. Le ministre de l’Agriculture leur a dit qu’il voulait travailler avec eux en transparence et en confiance sur les sujets difficiles du moment : les aides OCM, la taxe de 25 % à l’entrée aux USA et l’agribashing.

"Gestion déshumanisée"

S’agissant des aides OCM, « le ministre ne veut plus entendre parler des difficultés de ces derniers mois. Il demande à ses services et à FranceAgriMer de régler tous les dossiers en retard de demande d’aide à la promotion dans les pays tiers avant le 15 octobre 2020 », rapporte Jérôme Despey président du conseil des vins de FranceAgriMer.

Selon la filière, ces dossiers s’élèvent à 30 millions d’euros. Or cette année, FranceAgriMer n’a versé que 265,3 millions d’euros sur les 280,5 millions disponibles pour la viticulture. « Nous avons dit au ministre que cette non-consommation de l’enveloppe n’est aucunement due au manque de dossiers », indique Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs de France. En cause : les lourdeurs administratives et une « gestion déshumanisée » à force de tout miser sur les télédéclarations. FranceAgriMer devrait remettre des moyens humains pour aider les demandeurs à bien remplir leurs dossiers.

Deuxième sujet : les 25 % de taxe à l’entrée aux USA. La filière demande deux choses pour amortir ce choc : des aides compensatoires pour les entreprises touchées et, lorsque la surtaxe sera supprimée, une aide exceptionnelle à la promotion aux USA pour reconquérir le terrain perdu. Dans les deux cas, ce sont des fonds européens qu’il faut mobiliser. Le ministre a promis de plaider la cause de la filière auprès de l’Union européenne.

"0 dérive,
0 m de ZNT"

Troisième sujet : l’agribashing. Une bonne part des discussions a porté sur les ZNT (zone non traitée) riverains. « Nous demandons que l’on remette de la rationalité et de la science dans ce sujet, rapporte Boris Calmette exploitant la veine de propos tenus par le ministre sur LCI le matin même. Nous avons dit au ministre que s’il y a 0 dérive, il faut 0 m de ZNT. Avec les buses antidérive et avec les panneaux récupérateurs on a 0 dérive. »

« Nous demandons aussi un texte qui mette à la charge des futurs lotisseurs la création d’espaces de transition entre les espaces agricoles et les habitations », ajoute Jérôme Despey.

Sur ce sujet comme sur celui des compensations à la taxe américaine, Didier Guillaume n’a pu que promettre à la filière qu’il porterait ses demandes devant ses homologues européens dans le cas de la taxe et français dans celui des ZNT riverains.

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