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Laurent Mayoux revient sur 10 ans d'enrichissement de l'encépagement

Lundi 05 août 2019 par Alexandre Abellan

« Le rôle du CTPS et de caractériser et documenter les cépages pour les inscrire au Catalogue » rappelle Laurent Mayoux.
« Le rôle du CTPS et de caractériser et documenter les cépages pour les inscrire au Catalogue » rappelle Laurent Mayoux. - crédit photo : DR
Quittant son poste de secrétaire de la section vigne du CTPS, Laurent Mayoux fait le point sur deux mandats de nouvelles inscriptions au Catalogue national. Qui ont permis d’augmenter le champ des possibles en matière de cépages oubliés et étrangers. Tout en amorçant le développement des variétés résistantes.

« La décennie a été active » reconnaît Laurent Mayoux, le secrétaire technique de la section Vigne du Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS). Achevant son deuxième mandat de cinq ans à la tête du conseil d’inscription des cépages au Catalogue officiel des variétés de vigne, le technicien a décidé de ne pas se représenter et va passer le relai cet automne*. L’occasion de tirer le bilan des récentes activités du CTPS. Entre 2008 et 2018, le Catalogue officiel des variétés de vigne a enregistré 88 nouveaux cépages, montant à 414 variétés autorisées à la plantation en France (dont 383 à fruits et 31 porte-greffes). Cette augmentation en dix ans de 30 % du nombre de la palette française de cépages est inédite : « nous avons inscrit en moyenne 9 nouvelles variétés par an, alors qu’auparavant on en inscrivait plutôt 2 à 3/an » rapporte Laurent Mayoux.

Notant que seulement quatre variétés résistantes figurent au Catalogue (« il y en aura bien plus à l’avenir »), le technicien souligne que l’essentiel des inscriptions est constitué de « vieilles variétés patrimoniales, suivant le phénomène de redécouverte des variétés locales dans tous vignobles (notamment dans le Sud-Ouest le bassin alpin, Ardèche, Isère, Jura, Savoie…) », mais également de « variétés étrangères, avec la quasi-totalité des principaux cépages méditerranéens : touriga nacional, montepulciano, alvarinho, verdelho, nero d’avola… »

"Ouvrir l’éventail des possibles"

Si ces cépages anciens et méditerranéens intéressent toujours plus dans le vignoble français, les motivations ont changé. « Désormais on évoque l’adaptation au changement climatique de ces cépages, mais avant ils répondaient plus à une recherche de différenciation et d’authenticité » rapporte Laurent Mayoux. Qui souligne que « le but du Catalogue est d’ouvrir l’éventail des possibles, mais ce n’est que la première étape. Ensuite il y l’intégration possible dans les cahiers des charges d’AOC, ce qui prend du temps mais va commencer à se voir avec la nouvelle catégorie des cépages à fin d’adaptation. Les vins IGP sont plus flexibles, et il y a possibilité en VSIG d’avoir un accès très rapide à toutes les nouveautés du Catalogue. »

 

* : La personne lui succédant sera connue après la publication d’un arrêté ministériel. Laurent Mayoux conservant son poste de chef de service adjoint au service territorial FranceAgriMer d’Occitanie.

Sélection clonale

A noter que le CTPS vigne a également planché sur les clones. En agréant 163 nouveaux en dix ans, et en écartant pour défaut sanitaire (45 enroulés de type 2 et 12 syrah dépérissantes). D’après le CTPS, 1 572 clones sont agréés depuis les origines de cette liste (en comptant ceux radiés).

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