LE FIL

Pulvérisateur

Le fameux « LabelPulvé » est officiellement sur les rails

Mercredi 19 juin 2019 par Vincent Gobert

Un pulvérisateur sur le banc d'essai Evaspray Viti.Un pulvérisateur sur le banc d'essai Evaspray Viti. - crédit photo : Vincent Gobert
Il labellise la qualité de traitement d’une machine. Le LabelPulvé est lancé ce mardi 18 juin par l’IFV et l’IRSTEA.

A+, A, B, C : on connaît ces notes pour les appareils d’électro-ménager. Elles épingleront très bientôt les pulvérisateurs de tous les constructeurs français et de plusieurs constructeurs étrangers. Ces notes qualifieront la qualité de pulvérisation des pulvérisateurs sur plusieurs critères. Il s’agit bien d’une classification des pulvérisateurs agricoles selon leurs performances en terme de réduction des intants. Ces notations ont été présentées ce mardi 18 juin à l’Agropôle de Montpellier par l’IFV et l’IRSTEA réunis au sein de l’Unité Mixte Technologique « Ecotech ».Cette UMT s’est aussi assurée le partenariat des chambres d’agriculture et du CIVC. Les notes sont obtenues à partir d’un banc d’essai innovant appelé « EvasprayViti ». Cette vigne artificielle modulable permet des mesures objectives et répétables de la qualité de pulvérisation sur vignes larges ou étroites. L’installation a déjà permis aux appareils de 5 constructeurs d’être passés au crible. Dix nouveaux modèles devraient suivre d’ici la fin de l’année. Pour l’heure, ce sont 35 pulvérisateurs qui ont été testés en partenariat avec les constructeurs, soit 520 essais de matériels ! La labellisation reposera sur une démarche volontaire du constructeur. Ce sera lors du Sitevi que les premiers résultats seront dévoilés. Un site web dédié sera lancé.

Parc matériel français vieillissant

Les objectifs affichés sont multiples. Lancé grâce à un appel à projet Ecophyto, ce LabelPulvé devra permettre de réduire les doses d’intrants et de rendre plus performante la pulvérisation. Le vieillissement du parc français de pulvérisateurs est notamment en ligne de mire. Les instituts estiment en effet à 55 000 à 65 000 le nombre de pulvérisateurs en viticulture avec un âge moyen se situant autour de 13,5 ans. Il s’agit donc d’aider le viticulteur dans son choix de pulvérisateur, dans sa pratique et ses réglages. Cette labellisation pourrait d’ailleurs venir en appui de la mise en oeuvre de politiques publiques d’aide à l’investissement, du type PCAE. A ce propos, la DGAL et Régions de France font partie intégrante du comité de pilotage de LabelPulvé. Enfin cela devrait inciter les constructeurs à développer de nouveaux modèles et valoriser leurs matériels les plus performants.

A+, A, B, C

Dans le détail, les notes affectées à un appareil pourront provenir soit d’une démarche du constructeur de faire labelliser ses outils par grands types techniques de machines, soit de sa démarche de faire noter ses différents appareils indépendemment les uns des autres, chacun avec leurs propres caractéristiques techniques. Les différentes notes A+, A, B et C qui seront visibles sur le sticker apposé sur l’outil testé qualifieront la qualité de pulvérisation pour 3 stades différents de végétation et pour 3 types de buse testées. Ces notes A+, A, B et C signifient respectivement un maintien du niveau de dépôt du produit de référence avec une réduction de dose possible de 50 %, un maintien du niveau de dépôt de référence avec une réduction de dose possible de 30 %, pas de réduction de dose systématique possible pour le maintien du niveau de dépôt de référence et enfin pas de réduction de dose possible et un niveau de dépôt de référence non atteint.

Mesurer la dérive

En parallèle à la démarche LabelPulvé, l’UMT Ecotech a entamé le développement d’EoleDrift. Il s’agit cette fois d’un dispositif permettant d’évaluer de manière répétable la dérive de pulvérisation produite par les pulvérisateurs viticoles. L’originalité de ce banc d’essai repose sur la création artificielle des conditions de vents grâce à un « mur de ventilateurs » occupant une surface de 25 m2 soufflant perpendiculairement eux rangs de vigne artificielle EvasprayViti. ce dispositif pourra permettre d’identifier, sur la base de données fiables, les techniques de pulvérisation représentant un progrès significatif par rapport à celles majoritairement utilisées aujourd’hui. L’objectif est de déboucher, à partir de 2021, sur la création d’un autre type de labellisation des pulvérisateurs qui permettra d’identifier la performance dans la limitation de la dérive. La maîtrise de la qualité de la pulvérisation ne fait que commencer !

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