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Hommage documentaire

Aux côtés de Gérard Colin dans la construction du vignoble chinois

Dimanche 28 avril 2019 par Alexandre Abellan

Le documentaire Château Pékin a reçu le prix du film destiné aux professionnels du festival Oenovidéo 2018.
Le documentaire Château Pékin a reçu le prix du film destiné aux professionnels du festival Oenovidéo 2018. - crédit photo : La Fabrique des écritures
Disparu il y a deux ans, l’œnologue bordelais est au cœur d’un film sur les mécanismes de développement de la viticulture en Chine. Entre admiration pour les traditions et tentation d’industrialisation.

En Chine, la tradition du cul sec est bien ancrée. « On n’est pas dans un chai pour faire ganbei mes enfants » lance, avec air légèrement exaspéré, l’œnologue-conseil Gérard Colin dans le documentaire Château Pékin, réalisé par l’anthropologue Boris Pétric (63 minutes, produit par La Fabrique des écritures). Emporté par une crise cardiaque en février 2017, Gérard Colin
reste une référence dans le développement du vignoble chinois, avec plus de 17 ans passés à y créer et implanter de nouveaux domaines. Comme le dit l’un de ses clients, il était une véritable star, « notre empereur du vin ». Notamment pour avoir créé le « Lafite chinois » en 2006, en prenant en charge le projet des Domaines Barons de Rothschild (Lafite).

Tombes taoïstes

Personnage principal de Château Pékin*, Gérard Colin confie être venu en Chine par hasard, après la vente du domaine familial de Saint-Émilion. Séduit par le défi de la création ex nihilo de paysages viticoles, l’œnologue aura été une cheville ouvrière d’un vignoble chinois porté par les ambitions du gouvernement communiste (« l’objectif est de planter 800 000 hectares »). Pour lui,
tout l’enjeu est de trouver les bons terroirs. Comme il l’explique à une femme d’affaires chinoise souhaitant planter un vignoble bio dans le Li-Jiang (province du Yunnan), il faut prendre le temps prospecter. Quitte à utiliser des trucs. En Chine, « là où il y avait des tombes [de moines taoïstes], il y a des grands terroirs viticoles. Dans le fengshui, le mort doit être les pieds au sec et au soleil. Un pied de vigne, c’est pareil » confie Gérard Colin, qui glisse « penser aux moines cisterciens qui ont créé les grands vignobles en Bourgogne ».

Se souvenant avoir « sculpté la montagne » pour créer sur la roche des terrasses viticoles, Gérard Colin reste humble quant à l’assimilation de la culture viticole dans l’esprit chinois. En témoigne sa colère quand il s’aperçoit que des hormones de croissance sont pulvérisées sur un vignoble qu’il suit. Ne visant pas des rendements industriels, mais une qualité artisanale, il plaide pour la protection d’un « savoir-faire ancestral ». Une approche qui parle que peu à ses ouvriers viticoles, mais qu’il rend tangible auprès de leur direction avec la projection du film l’Aile ou la Cuisse de Claude Zidi. Car « le vin, c’est la terre », comme le clame Louis de Funès, pour le plus grand plaisir de Gérard Colin.

 

Les prochaines projections de Château Pékin auront lieu ce 7 mai à Bruxelles (au Kinograph), ce 22 mai à Paris (Espace Saint-Michel) et ce 28 mai à Nantes (Cinéma Bonne Garde).

 

* : S’intéressant depuis 2012 au développement de la production viticole et au déploiement de la culture du vin en Chine, Boris Pétric suit également le jeune étudiant en sommellerie Jack Cheung (entre sa participation aux vendanges du domaine de Bouzeurau en Bourgogne et son travail dans un club privé de Hong Kong).
 

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