LE FIL

Janvier à sec

Vendredi 04 janvier 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Dans les journaux ou sur les réseaux sociaux, il s’affiche partout ! Qui ? Le #DryJanuary. Les consommateurs sont invités, voire exhortés, à ne pas boire une goutte d’alcool durant le mois de janvier. Ce nouveau challenge communautaire est né en Grande-Bretagne en 2013 à l’initiative d’une association de prévention contre l’alcoolisme. Et si cette année, il est la bonne résolution santé qui fait les gros titres en France, c’est qu’une étude scientifique réalisée en 2018 par le docteur Richard de Visser de l’Université du Sussex, affirme que la pratique a des répercussions sur le reste de l’année en matière de consommation d’alcool. Les effets sur la qualité de vie sont alléchants  : l’étude conclut que les participants gagnent en énergie, en concentration, améliore la qualité de leur peau et de leur sommeil… De quoi séduire tous ceux qui souhaitent protéger leur capital santé avec un défi qui apparaît plutôt aisé à relever puisqu’il n’engage pas sur une fin définitive de la consommation. Seulement 31 petits jours.

Ce que les articles de presse ne relèvent pas, ce sont d’autres observations du Dr Richard de Visser  (publiées ici) qui étudiait déjà en 2016, les comportements de consommation des participants du #DryJanuary. Un résultat attire en effet l’attention. Les personnes qui rompent le challenge avant la fin janvier réduisent pratiquement autant leur consommation d’alcool dans les mois qui suivent le challenge que les personnes qui s'abstiennent durant tout le mois de janvier. Tenir ou pas le challenge provoque donc peu ou prou les mêmes conséquences en matière de régulation de la consommation d’alcool. Il est donc clair que ceux qui participent au challenge sont concernés, voire motivés, par baisser leur consommation. Bref : le challenge n’a aucun effet sur la prévention contre l’alcoolisme puisqu’il n’interpelle que ceux déjà concernés par la baisse de leur consommation. Son seul avantage est de distiller, une nouvelle fois, le message d’abstinence. De la pure communication, pas une vraie prévention.

En espérant que l'année 2019 puisse ouvrir de nouveaux horizons à ce débat, toute l'équipe de Vitisphere et La Vigne vous souhaite une excellente année 2019 !

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VOS RÉACTIONS
docardio Le 04 janvier 2019 à 17:30:27
Comme souvent, il n'y a pas de distinction entre le fond du problème et la communication. A qui s'adresse ces recommandations ? Aux buveurs modérés ou excessifs, aux consommateurs de vin à table ou aux binge drinkers dans les boîtes de nuit? Un jour d'abstention par semaine comme recommandé arrive probablement au même effet, même mieux puisque il s'agit d'une démarche pérenne
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