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L’œnotourisme ne se réduit pas à vendre du vin

Lundi 26 novembre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

David Martin, directeur général de TED Conseil : ' pour réussir un projet touristique, il faut être des designers du souvenir !'.David Martin, directeur général de TED Conseil : ' pour réussir un projet touristique, il faut être des designers du souvenir !'. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Intervenant lors de Vinocamp ce 23 novembre, David Martin, directeur général de Ted Conseil, a livré l'analyse de ce qui fait la réussite de l’œnotourisme. Pour lui, il y a une confusion entre tourisme et commerce du vin.

« Le tourisme consiste à créer de la valeur ajoutée lors d’une visite » martèle David Martin, directeur général de Ted Conseil, lors de Vinocamp qui s’est tenu le 23 novembre à Angers. Et l’oenotourisme s’inscrit dans cette logique. « Il ne s’agit pas de vendre du vin, mais de créer de la valeur à partir de la visite d’un lieu autour du vin » explique-t-il. De quoi bouleverser en profondeur l’approche récurrente de l’oenotourisme en France qui consiste à y voir un moyen de développer la vente directe et l’image d’un domaine. Ainsi, le simple accueil au caveau ne fait pas partie de l’oenotourisme, selon cette définition. Et toujours selon cette définition, les vignerons et maisons de vins n’ont pas le monopole de l’oenotourisme qui peut aussi être pratiquée par des restaurateurs ou des hôteliers. A l’opposé même de la vision présentée par Brigitte Bloch, du Comité régional de tourisme de Nouvelle Aquitaine, le même jour à Vinocamp. « Il y a 10 millions d’oenotouristes en France, en hausse de 33 %. Par oenotouriste, on entend quelqu’un qui, durant son séjour touristique, a une activité dans le vignoble » a-t-elle indiqué.

Construire l'expérience de visite

Mais comment créer de la valeur dans l’activité touristique ? En étant des « designers du souvenir », considère David Martin. Ce qui passe par la narration : c’est-à-dire la création d’un récit autour d’un parcours de visite. Le récit doit ensuite être soutenu par la construction d’une expérience de visite dont le succès dépend de plusieurs ingrédients. D’abord l’émerveillement. « La visite doit provoquer un effet Wow ! » souligne David Martin. L’émotion est également déterminante. « Nous sommes des êtres d’émotions avant d’être cartésiens » rappelle David Martin. Le visiteur doit être également « un spectre acteur », ce qui conduit à réfléchir le processus d’immersion. La dimension de partage et la tangibilité de la visite (c’est-à-dire donner de la matérialité à la visite, notamment à travers la prise de photo) sont enfin deux déterminants de l’expérience du visiteur.

Le digital participe également à la création de valeur. Ce n’est pas une fin en soi mais un outil. Il permet la personnalisation de la visite. Il favorise également l’interaction entre l’homme et la machine ou d’hommes à hommes et a un effet magique. « Les neurosciences ne savent pas encore très bien l’expliquer mais il y a une fascination de l’écran et de l’image qui permet de capter l’attention » souligne David Martin. Le digital est intéressant également dans la gestion de la donnée et la connaissance précise des comportements de la clientèle qui permet de mettre au point des stratégies marketing précises. Mais l’outil a aussi ses limites : la gadgétisation, l’isolement qu’il peut générer. « Le numérique c’est froid là où le vin c’est chaud. Il faut trouver comment allier les deux ».

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