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Innovation

Quand Dyson inspire la pulvée confinée

Jeudi 08 novembre 2018 par Bertrand Collard

Vincent de Rudnicki, ingénieur de recherche à l'Irstea présente le pulvérisateur Bliss à DionysudVincent de Rudnicki, ingénieur de recherche à l'Irstea présente le pulvérisateur Bliss à Dionysud - crédit photo : Bertrand Collard
Un ingénieur de l’Irstea a conçu un tout nouveau principe de pulvérisation confinée dont les descentes ne sont pas sans rappeler le ventilateur sans pales de Dyson.

« Il y un peu de Dyson. Mais ce n’est pas du Dyson », explique Vincent de Rudnicki à propos du pulvérisateur révolutionnaire qu’il a mis au point sous le nom de Bliss.

En écoutant sa description des descentes sa machine, on ne peut pas s’empêcher de penser au ventilateur conçu par cette célèbre marque d’aspirateur. Dans les deux cas, un puissant souffle d’air, mince comme une lame sort, d’un anneau mince mais large. Dans le cas du ventilateur, l’anneau est circulaire. On dirait un bout de tube et le souffle qui en sort si puissant qu’il entraine une importante masse d’air autour de lui pour produire un vent agréable. Dans le cas du pulvérisateur, l’anneau est tout en hauteur et le souffle qui en sort confine la bouillie de traitement.

"Une alternatives à tous les autres systèmes"

Ingénieur de recherche à l’Irstea, Vincent de Rudnicki a présenté son innovation en avant-première lors d’une conférence au Dyonisud, à Béziers le 6 novembre. « C’est une alternative à tous les autres systèmes, y compris aux panneaux récupérateurs », a-t-il expliqué. Mais la machine n’était pas visible. « Trop tôt », soutient l’ingénieur.

Bliss est un appareil face par face. En guise de descentes, il faut imaginer deux de ces anneaux tout en hauteur placés par part à d’autre du rang. Des anneaux creux dont le côté regardant le rang est ouvert. C’est par là que sort le flux d’air. Comme les descentes se regardent, leurs flux se rejoignent formant une sorte de caisson invisible mais très efficace pour confiner la bouillie.

« Le flux d’air est laminaire à la sortie et devient turbulent au cœur de la végétation où il rencontre le flux opposé, explique Vincent de Rudnicki. Grâce à cela nous apportons autant de bouillie là qu’en surface. »

Bientôt un prototype

L’expert annonce des taux de perte dans l’air et au sol bien inférieurs à ceux des panneaux récupérateurs. Selon la vitesse de l’air à la sortie de ses descentes, il affirme que 72 à 86 % de la bouillie se retrouve sur les feuilles, quand seulement 66% s’y dépose avec les panneaux récupérateurs. Des données obtenues après passage sur le banc d’essai EvaSpraViti.

L’Irstea est en négociation avec des industriels pour en trouver un à qui confier la fabrication de son innovation. « D’ici 12 à 18 mois, on devrait voir le premier prototype sur un salon », espère Vincent de Rudnicki.

 

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