LE FIL

Salaires des saisonniers

97 % des contrats champenois non concernés par la proposition gouvernementale

Jeudi 25 octobre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Dans quelques mois, la taille va commencer. Si le dispositif TO/DE n'est pas compensé, le coût des tailleurs saisonniers risque fort d'augmenter.Dans quelques mois, la taille va commencer. Si le dispositif TO/DE n'est pas compensé, le coût des tailleurs saisonniers risque fort d'augmenter. - crédit photo : DR
Le gouvernement a annoncé valider une exonération de 1.15 SMIC sur les salaires des travailleurs saisonniers le 23 octobre. En Champagne, la proposition n’a aucun effet.

« La fin du dispositif d’exonération TO/DE représente 15 millions d’euros pour la viticulture champenoise » pose Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de Champagne (SGV). C’est dire l’importance pour la compétitivité des exploitations du dispositif et l'intérêt que porte le vignoble à la mise en œuvre de mesures compensatoires à la fin du dispositif TO/DE et celui du CICE. L’annonce du gouvernement le 23 octobre à l’Assemblée nationale de mettre en œuvre une exonération à hauteur de 1.15 SMIC ne convainc pas le président du SGV. « 97 % des contrats champenois ne sont pas concernés » déplore Maxime Toubart. En effet, la convention collective champenoise prévoit des rémunérations supérieures, notamment pour tenir compte de la « pénibilité du travail » souligne Maxime Toubart. Les salaires sont donc trop élevés pour pouvoir faire jouer la proposition gouvernementale. Pourrait-elle conduire à baisser les salaires des saisonniers champenois ? « Ce n’est pas à l’ordre du jour » balaye Maxime Toubart.

Une abrogation injuste

Du côté du syndicalisme général, le son de cloche est à peu près identique. « Le compte n’y est pas. Nous demandons la compensation intégrale de la suppression du dispositif du TO/DE » déplore Jérôme Despey, FNSEA, tout en soulignant néanmoins l’avancée que représente la proposition d’amendement gouvernemental. Selon Jérôme Despey, il manque 44 millions d’euros qui pourraient être compensés si l’exonération était portée à 2.25 SMIC. Et d’ajouter : « nous continuons le combat pour se mobiliser auprès des sénateurs car l’abrogation du dispositif TO/DE est complètement injuste !».

 

 

 

 

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