LE FIL

L'Aude inondée

"J'ai 3 à 4 ha ensevelis sous 3 m de cailloux"

Mardi 16 octobre 2018 par Michèle Trévoux

Au Domaine Cases, le pont qui donne accès à des parcelles inondées à céder. Henri Cases ne peut pas accéder à ses vignes.Au Domaine Cases, le pont qui donne accès à des parcelles inondées à céder. Henri Cases ne peut pas accéder à ses vignes. - crédit photo : Henri Cases
Les vignerons audois découvrent ce matin des dégâts considérables dans leurs vignes, après les pluies diluviennes qui ont provoqué de violentes inondations. Voici ce qu'ils rapportent ce 16 octobre.

C’est un paysage apocalyptique que les viticulteurs audois découvrent ce mardi 16 octobre au matin, au lendemain des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le département dans la nuit de dimanche à lundi. Voitures échouées dans les champs, routes effondrées, ponts éventrés, digues pulvérisées…  les dégâts  témoignent de la violence de cet épisode pluvieux. Le Cabardès a été particulièrement touché. Sur la commune de Villemoustaussou , les vignerons constatent l’étendue des dégâts. « La Trapel, qui passe à côté de mon vignoble est sortie de son lit, la digue a cédée  et ce sont des camions et des camions de cailloux qui se sont déversés dans mes  vignes. J’ai 3 à 4 ha ensevelis sous 3 m de cailloux. On ne voit plus les vignes »,  raconte François Cazaux du domaine Saint Roch. La route d’accès à sa cave s’est effondrée, il a fait 1 km à pied pour y accéder ce mardi matin.

Murs de pierre, remblais, arbres… atterrissent dans les vignes

Non loin de là, au domaine de la Mijane, Eric, un salarié, décrit lui aussi un spectacle affligeant : « La crue de la Trapel a créé une voie d’eau dans le vignoble. Nous avons des rangées qui se sont couchées sous la violence de cette soudaine arrivée d’eau. 3 ha sont fichus, il faudra les arracher. Ailleurs, les vignes sont recouvertes par les dépôts apportés par la rivière. Les pieds de vigne sont quasiment enterrés». Au Château de Brau, c’est également la consternation. Le vignoble a également été ravagé par la Trapel. « Des digues centenaires ont cédé. La rivière a tout balayé sur son passage, embarquant murs de pierre, remblais, cabanes de jardin…. Tous ces débris se retrouvent dans nos vignes. Nous avons 7 ha qui ont été submergés, dont 1 à 1,5 ha qui sont irrécupérables et 4 qui sont très abimés », témoigne Gabriel Tari.

Une mer sur 200 ha

Aux alentours de Carcassonne, les vignerons ont également été lourdement touchés. « J’ai perdu 10 à 15 ha , confie Henri Cases qui exploite un domaine de 150 ha à Leuc, aux portes de Carcassonne. L’eau qui a inondé ces parcelles a tout emporté. Et aujourd’hui, je ne peux même pas y accéder. Le pont qui donnait accès à ce vignoble a été détruit », indique-t-il. Un peu plus à l’est à Douzens, le vignoble du Château de Py a lui aussi été submergé. «Nos vignes sont en bordure de l’Aude, qui a débordé. Nous avons eu 2 m d’eau dans les vignes. Dans la plaine sur une superficie d’environ 200 ha, c’était la mer.  Nous avons entre 80 et 100 ha de vigne qui ont ainsi été inondés. Les piquets sont couchés, les espaliers arrachés et les vignes sont recouvertes de boue et de détritus Ce sera un travail de titan pour tout remettre en place », confie Jean-Pierre Py.

Succession d’aléas climatiques

Ce dramatique épisode pluvieux fait suite à plusieurs autres événements climatiques qui ont déjà fragilisé certaines exploitations. « Nous avons été grêlés en 2014, puis nous avons subi deux années consécutives de gel  et, cette année, c’est le mildiou qui a ruiné une partie de notre récolte. Même avec les reins solides, cette accumulation d’aléas climatiques va être difficile à surmonter», s’inquiète Gabriel Tari.
 

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