LE FIL

Enquête

Radioscopie de la consommation du vin par les Français

Jeudi 04 octobre 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

La grande-distribution reste le lieu privilégié d'achat du vin en France.La grande-distribution reste le lieu privilégié d'achat du vin en France. - crédit photo : Creative Commons CC0
Opinion Way mandatée par Wine Paris a interrogé les Français sur leurs habitudes de consommation. L’enquête montre que les tendances décelées les années précédentes s’affirment, notamment le profil très différent des jeunes consommateurs.

Réalisé auprès d’un échantillon de 2121 personnes du 29 août au 6 septembre (48 % d’hommes et 52 % de femmes), le sondage d’Opinion Way pour Wine Paris (salon professionnel qui se tiendra du 11 au 13 février) vient confirmer les tendances de consommation décelées depuis quelques années.

Une majorité de buveurs occasionnels

20 % de l’échantillon consomme du vin une à deux fois par semaine et 18 % une à deux fois par mois. Les hommes de plus de 65 ans demeurent le profil type du vin mais les plus jeunes (18 – 24 ans) s’affirment comme une cible de consommateur non négligeable. Ils sont 49 % à déclarer en consommer au moins une fois par semaine, devant les tranches d’âges 25-34 ans et 35–49 ans. Le lieu de résidence influe peu sur la fréquence de consommation. A noter que c’est à Paris et en région Occitanie que la fréquence de consommation est la plus élevée. 59 % des personnes interrogées issues de ces deux régions (et consommatrices de vin) déclarent en consommer au moins une fois par semaine.

 

Le brunch, un moment à conquérir

Le dîner et les célébrations demeurent les occasions de consommation les plus prisés par les consommateurs. L’apéritif et le déjeuner arrivent en seconde position. 49 % des personnes interrogées ( et qui consomment du vin) n’intègrent pas le divin breuvage aux brunchs. Ce moment de consommation reste donc à conquérir comme Vinovision Paris l’avait déjà décelé en 2017. Les effervescents sont les vins plébiscités par les répondants pour ce moment de consommation. Ils sont donc ceux qui pourraient sans doute partir à la conquête de ce rendez-vous gourmand de plus en plus pratiqué par la population française.

 

Les vins étrangers en pleine ascension

Définitivement, les Français sont attachés à leur vin et demeurent patriotiques dans leur acte d’achat. 94 % des sondés (et qui boivent du vin) achètent français. Mais, ils sont aussi 57 % à déclarer acheter des vins étrangers (avec une fréquence faible toutefois). Les catégories sociales CSP+, les jeunes de 18 à 24 ans et les Parisiens sont des cibles montrant un intérêt plus marqué pour les vins étrangers. Un fait à souligner et à mettre dans la balance de la capacité de ces catégories à imprimer des tendances de consommation partout dans l’Hexagone.

 

L’achat digital toujours à la traîne

La grande distribution est le lieu d’achat du vin par excellence avec 88 % des personnes interrogées qui y achètent du vin. Les cavistes et magasins spécialisés sont choisis par 63 % des répondants. Le sondage montre que seul 20 % des répondants se rendent sur Internet pour acheter leurs bouteilles. Malgré une offre riche de sites marchands, le web ne fait donc toujours pas partie des réflexes de consommation et ne parvient pas à faire trembler l’hégémonie de la GMS contrairement à d’autres secteurs. A noter cependant que les jeunes sont la catégorie dominante à utiliser le digital pour faire leurs achats : 38 % des 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans. C’est en Centre Val de Loire que l’on achète le plus sur Internet (24 %) devant la région parisienne (20 %).

 

7.9 euros dépensés en moyenne

Le prix reste le deuxième critère de choix lors de l’achat de vin.

En moyenne et pour une consommation quotidienne, le prix consacré à une bouteille de vin est de 7.9 euros. Derrière ce chiffre se cache une réalité inchangée : ce sont les créneaux de prix inférieurs à 6 euros qui sont majoritairement privilégiés. 56% indiquent acheter à moins de 6 euros pour leur consommation de tous les jours.

Le prix moyen passe à 19.8 euros pour une occasion spéciale (fête, célébration…).

Sur ce critère de prix, la catégorie des 18 – 24 ans se démarque une nouvelle fois. Malgré un pouvoir d’achat que l’on peut présumer de faible, le prix moyen consacré à une bouteille dans le cadre de leur consommation journalière est de 12.9 euros. Ce qui en fait la catégorie d’âge qui dépense le plus en moyenne pour un flacon. Le prix moyen dépensé pour une bouteille qui sera consommée pour une célébration est de 22.1 euros, toujours pour cette catégorie.

Selon le lieu de résidence, le prix moyen dépensé pour une bouteille varie de façon assez marquée. C’est en Corse que les consommateurs dépensent le plus (quelque soit l’occasion de consommation), ce qui peut s'expliquer par les prix à la consommation plus élevé sur l’Ile de Beauté et le positionnement prix des vins produit sur place. Paris est la seconde zone géographique où les consommateurs dépensent le plus. Pour leur consommation de tous les jours, les Parisiens dépensent environ 10.4 euros. En Bourgogne, les sondés annoncent dépenser 7.3 euros pour une occasion de tous les jours, ce qui tranche avec la montée des prix observés ces dernières années pour les vins de la région.

 

Pour choisir, le prix et l’origine sont prépondérants

Pas de révolution en matière de critères de choix. Le sondage Opinionway pour Wine Paris confirme que la région, le prix, le pays de production, le label AOP ou IGP sont les quatre clés de choix. Ce sondage montre également l’ambivalence concernant la connaissance d’un produit pour se décider à l’acheter. Si le fait de l’avoir goûté importe à 80 % des sondés pour se déterminer, ils sont aussi 65 % par se laisser convaincre par l’idée de découvrir un nouveau produit. Les critères liés à des enjeux sociaux et environnementaux sont de plus en plus prégnants. 71 % tiennent compte de l’absence de sulfites dans le vin, 64 % du fait que le producteur soit engagé pur préserver l'environnement. A noter, que le label bio est important pour moins d’un consommateur sur deux et qu’un tier prête l’oreille à la prescription disponible sur Internet. Enfin, la teneur en alcool est scrutée par un consommateur sur deux.

 

Bordeaux et Bourgogne demeurent les régions préférées

Le sondage fait un zoom sur les régions viticoles et confirme que les Français achètent de façon préférentielle les vins issus de la région de leur résidence. Sans surprise Bordelais et Bourgogne tiennent le haut de l’affiche. Cet affect est particulièrement vrai pour les hommes. Il est plus nuancé pour les femmes qui placent par exemple la Champagne en troisième position dans la liste de leurs régions préférées et la Provence en quatrième position. Les 18 – 24 ans ont aussi des préférences qui tranchent avec la photographie traditionnelle des préférences. Si leur région préférée est la Bourgogne, le Beaujolais et le Roussillon se placent respectivement en deuxième et troisième position, le bordelais étant relégué à la quatrième place.

 

 

Des consommateurs attachés aux terroirs

Le sondage montre combien les Français estiment que les vins et les terroirs contribuent à l’image positive de la France. Près d’un sondé sur deux estime que les terroirs sont une source de fierté pour la France. Pour 58 % d’entre eux, les terroirs font partis du patrimoine français.

L’opinion de Français sur chaque grand terroir viticole (comprenez régions viticoles) est relativement tranchée. Ainsi, l’Alsace apparaît comme un terroir riche de tradition tandis que la Champagne est une terre de renommée internationale.

Enfin, le sondage s’intéresse à la promotion des terroirs. Si les sondés estiment que les cavistes et les sommeliers ainsi que les interprofessions travaillent bien pour les promouvoir, ils ont une tout autre perception des médias et des pouvoirs publics. Pour une personne sur deux, les médias ne font pas assez d’efforts pour la promotion des terroirs et presque 60 % pensent que les pouvoirs publics n’assurent pas assez intensément leur soutien. A noter que les 18 – 24 ans semblent peu sensibles aux efforts promotionnels des cavistes, des sommeliers et des interprofessions.

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