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Bordeaux

Château de Reignac ne classe pas ses condamnations et va en cassation

Jeudi 04 octobre 2018 par Alexandre Abellan

Défendant son droit à la comparaison ce 23 mai à la Cour d’Appel de Bordeaux, Yves Vatelot plaidait la relaxe.Défendant son droit à la comparaison ce 23 mai à la Cour d’Appel de Bordeaux, Yves Vatelot plaidait la relaxe. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Se pourvoyant en cassation après deux condamnations pour « publicité comparative », la propriété bordelaise revendique son droit à faire de l’humour publicitaire.

« Bordeaux est une chapelle, le tribunal a choisi la protection des idoles » tranche Yves Vatelot, le gérant du château de Reignac (77 hectares en appellation Bordeaux supérieur). Toujours combatif, le propriétaire porte en cassation sa récente condamnation pour pratique commerciale trompeuse et publicité comparative illicite par la cour d’appel de Bordeaux. Les magistrats ayant confirmé le jugement de première instance, mais l’ont assorti d’amendes avec sursis moins importantes*. Une inflexion qui a motivé ce pourvoi.

« On considère que la condamnation en appel n’était pas très motivée. Avec seulement des amendes en sursis, un concept que je ne connaissais pas » explique Yves Vatelot qui ajoute aller en cassation pour mettre fin « à l’exagération absolue pour une seule phrase. Alors qu’il suffit de savoir lire pour comprendre que l’on n’abuse pas le consommateur qui sait très bien qu’il ne peut trouver une bouteille de grand cru classé à 20 euros ! »

"Si c'était vrai"

Attaqué par la Direccte, le conseil des Grands Crus Classés en 1855, le conseil des Vins de Saint-Émilion et l’Union des Crus Classés de Graves, le château de Reignac a été condamné en première et deuxième instances sur la base d’une publicité parue dans le Figaro en 2014 (« Reignac Premier Grand Cru Classé », assorti d’un astérisque renvoyant à un démenti : « si c’était vrai peu se l’offriraient ») et de l’ensemble de sa stratégie promotionnelle de comparaison de la propriété aux grands crus classés (s’appuyant notamment sur des articles du critique Bernard Burtschy dans le Figaro).

 

* : 8 000 euros avec sursis pour la propriété et autant pour Yves Vatelot, les juges prenant « en compte les efforts, en termes d’investissement financier et donc de charges à supporter, que suppose la politique qualitative développée par le château Reignac ».
 

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